vendredi 24 octobre 2014

Communication avec Ophoemon (13)



Et l’enseignement vous sera donné

Le temps qui passe modifie chaque jour votre façon d’être et cette modification, progressive et continue, doit correspondre, en fait, à une véritable mutation, c’est-à-dire un changement profond de votre nature. Entre l’enfant que vous étiez et l’homme que vous êtes devenu, il ne reste plus grand-chose de commun, si ce n’est l’essence propre de l’être. Quelle différence entre le gland et le chêne ; même s’il est toujours le même, son évolution l’a conduit de croissance en transformation à devenir un arbre majestueux à partir d’une cupule ridicule.

Il en va de même pour vous tous, à cette différence prés que le chêne réalise son évolution en fonction d’un patrimoine génétique qui ne lui laisse guère de prise d’initiative personnelle et de liberté de s’autodéterminer. Alors que votre évolution individuelle peut se transformer en mutation spirituelle par l’exercice de votre seule volonté qui est le moteur essentiel de votre incarnation. A défaut d’avoir recours à  votre volonté en ce sens, vous réduirez votre existence à un développement passif, à l’identique du règne végétal, ou, à celui d’un degré légèrement supérieur du règne animal, se limitant à des rapports de confrontation aux jeux de force de notre société, où la prédation reste la règle effective sous des apparences policées.

Mais alors, vous demeurerez dans un développement horizontal sans jamais pouvoir décoller de la matière qui vous entoure et vous englue, comme la toile de l’araignée fixe les insectes ; votre seul échappatoire consiste à vous arracher à ce piège en vous propulsant dans la dimension verticale que seule vous permettra d’atteindre une recherche sérieuse, sincère et continue, sur vous-même, sur le sens de votre vie et sur la connaissance des lois de l’éveil spirituel.

Il vous appartient donc de faire cette démarche vous-même et de lancer cette recherche vitale sur vous-même, en votre for intérieur.

Pour cela, il est nécessaire de prendre du recul vis-à-vis de toutes les priorités actuelles, choisies ou imposées et de remettre chaque chose à la place qu’elle mérite réellement, en fonction d’une échelle de valeurs plus spiritualiste. Le dire est facile, le faire beaucoup plus difficile.

Cette distanciation du quotidien va vous permettre d’apprendre à gérer vos émotions, à les réguler de façon à ne plus vous laisser emporter par leur flux impétueux et déstabilisant. Si vous arrivez à neutraliser toutes ces pulsions ou impulsions qui vous parasitent, vous commencerez à accéder à un calme régulier qui débouchera sur une véritable sérénité, en passant par le lâcher-prise. Ne pas se laisser emporter par la vague vous permet de maintenir un équilibre constant, nécessaire et préparatoire à la prochaine étape.

Ce nouveau palier, capital, consiste à faire le vide en soi, c’est-à-dire à se rendre disponible à soi-même pour s’ouvrir au souffle de l’esprit, pour accéder aux dimensions supérieures de votre être, toujours occultées tant qu’on n’a pas nivelé le terrain pour réaliser son auto-construction.

Et c’est ainsi que vous pourrez apprendre à vous connaître vous-même, en vous révélant cette identité, secrète et intime, qui repose au fond de chacun de vous et qui n’attend que vous la découvriez pour se rendre accessible.

 A partir de là, vous atteignez la phase opérative de votre recherche qui vous mettra en contact avec votre Soi supérieur, l’atome-étincelle d’esprit qui constitue votre singularité et votre exclusivité, qui perdure de toute éternité à travers toutes vos expériences vécues, ici ou là, au cours de nombreuses incarnations diverses et variées. Et l’enseignement vous sera donné pour que le disciple rejoigne le maître qu’il porte en lui, à son insu.




Ainsi parlait Christiane Singer



Le sens de la vie

"Pour de nombreuses cultures, la vie déborde à tout moment de sens. Le rite relie l’homme en permanence au sens originel. Ce monde visible est la réplique mystérieuse du monde invisible. Les corrélations sont tissées dans chaque geste, dans chaque acte : manger, boire, se laver, se coucher, laver un enfant, célébrer l’union amoureuse, faire un feu, etc.… Tout est imbibé. Pas un pan d’étoffe ne reste sec. Ces cultures suintent de sens comme on dit d’un mur qu’il suinte d’humidité. L’image est juste. Il y a certes un mur dressé entre le monde visible et le monde invisible, mais ce mur laisse passer l’humidité. C’est-à-dire qu’il ne sépare pas vraiment ; il relie par la sécrétion d’un côté à l’autre."
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"La vie, appelons ainsi approximativement cette force dérangeante qui se charge, à brève ou longue échéance, de délabrer tout système, n’a cure des bonnes intentions. Non que ces intentions précitées n’aient pas été sincères, mais la vie ne les respecte pas. Dans toute croyance, dans tout principe, dans toute idéologie, elle flaire le "système", la réponse toute faite. La vie ne tolère à la longue que l’impromptu, la réactualisation permanente, le renouvellement quotidien des alliances. Elle élimine tout ce qui tend à mettre en conserve, à sauvegarder, à maintenir intact, à visser au mur".

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"Ce qui importe, c’est de remettre cet idéal chaque jour à l’épreuve de la vie, d’oser une réponse unique (surgie du riche humus de l’expérience amoncelée) à une situation unique. C’est la haute discipline à laquelle nous sommes invités chaque jour de neuf."
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"La vie n’a pas de sens, ni sens interdit, ni sens obligatoire.

Et si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle va dans tous les sens, et déborde de sens, inonde tout. Elle fait mal aussi longtemps qu’on veut lui imposer un sens, la tordre dans une direction ou dans une autre. Si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens".
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"Chaque geste que tu fais peut t’ouvrir ou te fermer une porte. Chaque mot que bredouille un inconnu peut être un message à toi adressé. A chaque instant, la porte peut s’ouvrir sur ton destin et, par les yeux de n’importe quel mendiant, il peut se faire que le ciel te regarde. L’instant où tu t’es détourné, lassé, aurait pu être celui de ton salut. Tu ne sais jamais. Chaque geste peut déplacer une étoile".
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"Nos sens, maîtres du sens, nous rendent la richesse originelle et nous délivrent du désir féroce d’avoir raison".

Christiane Singer
« Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? »

Verseau de Johfra Bosschart


jeudi 16 octobre 2014

Fissures dans la Grande Muraille et illusion d'une vie ordinaire



Fissures dans la Grande Muraille et illusion d'une vie ordinaire


Susan Ferguson, Waking Times

Une auteure américaine, Susan Ferguson, s'intéresse à l’œuvre de René Guénon, qui a remarquablement pointé le doigt sur la faiblesse de notre société actuelle, dans le livre "Le règne de la quantité et les signes des temps" paru en 1945.


Nous avons tous accepté à notre époque moderne une réalité limitée, basée uniquement sur les cinq sens. Durant les derniers 6000 ans, période connue comme le Kali Yuga, nos capacités innées à percevoir les royaumes invisibles se sont atrophiées au point que la plupart des humains sont incapables de prendre conscience de ce que nous ne pouvons voir, entendre, toucher, etc, et encore moins de connaître la joie d'interagir avec.

Il est donc compréhensible que beaucoup nient simplement l'existence-même de ces réalités qu'ils ne peuvent percevoir. Le résultat de ce désastreux défaut de compréhension a engendré le concept absurde de vie ordinaire ou vie réelle, qui, par son déni absolu de tout ce qui se trouve au-delà des 5 sens, nous engloutit tous dans une totale illusion, ou 'moha' en sanscrit.

Le tragique, c'est que tout ce qui est perçu en dehors de la norme est considéré comme étrange et bizarre et par suite ramené à une sorte de phénomène de foire, de journalisme à sensation, qui tourne en dérision leurs adeptes comme s'adonnant à des distractions infantiles excitantes.

Ce type d'illusion est non seulement un comportement d'adolescent mais c'est aussi la plus dense des illusions car elle ignore la métaphysique sous-jacente qui est la vraie source de la matrice holographique extérieure, nous abandonnant dans une situation erronée de limitation de conscience du réel.

Cette persistance perturbante et limitante de la vie ordinaire s'est accentuée alors que l'époque nous emmène dans les étapes finales de ce cycle de temps. Avec les voiles de l'illusion qui se sont épaissis autour de nous, la conscience de cette planète a réussi à dégénérer vers une société de consommation agressivement vide, sans cœur, dans laquelle nous vivons actuellement presque à demi-mort.


Multiples états d'être

Nous sommes empêtrés dans une structure perceptuelle intégrée, une forme, une invisible mer d'illusions qui imprègne si totalement notre pensée et notre conscience que nous ne commençons même pas à réaliser combien nous sommes coupés de notre réelle nature et de la multitude des innombrables mondes. L'auteur français René Guénon utilise le terme de 'multiples états d'être'.

Nous sommes devenus prisonniers de la 'quantité', du dénombrement. Nous sommes voués à mesurer sans fin les surfaces de ce que nous imaginons être de la matière solide. Nous avons perdu toute connexion à une quelconque Vérité au-delà de ce que nous sommes venus à accepter comme la condition humaine. Effrayés par ce que nous cataloguons de non-humain ou au-dessus de l'humain, surhumain, nous appelons ces expériences irréelles et, pour notre plus grand préjudice, n'autorisons dans notre hologramme que ce que nous jugeons réel et raisonnable.

Nous avons donc chuté dans la densité et permis à notre conscience d'être programmée et de subir un lavage de cerveau. La conscience humaine est devenue limitée au point de disparaître. La dégénérescence progressive de la science et de la philosophie nous a fait tomber dans un niveau banal, pour ne pas dire médiocre de compréhension de ce monde.

Nous ne sommes presque plus humains

Nous sommes les précieux fragments du Un projeté dans le Temps et l'Espace par un véhicule collecteur de données qui peut être décrit comme humain, mais qui ne se limite pas à cela. Cette forme d'ignorance de notre être réel a, comme le dit brillamment Guénon, pénétré et imprégné l'entière nature de l'individu. Nous sommes complètement submergés par notre ignorance.

Nous avons emprisonné notre conscience dans un tout petit recoin moisi et sombre – une prison fréquentielle créée par nous. Cette acceptation de la quantification des surfaces comme l'alpha et l’oméga de la connaissance nous a amené au Mécanisme et au Matérialisme, et a donné aux prêtres de cette soi-disant science absurdement limitée un contrôle exorbitant et totalement immérité sur nos vies.

René Guénon nous dit que dans ces temps 'modernes', la Vérité métaphysique primordiale a été perdue et remplacée par l'utilité et la convenance. La science n'est plus une pure recherche de vérité mais l'esclave du commerce et de l'industrie. Elle est devenue la servante de nos désirs de consommation et elle dépend pour sa survie des résultats de rentabilité.

Atrophiés

Au lieu de tenir ces larbins à la solde de l'industrie en haute estime et leur laisser le champ libre pour dicter l'atmosphère de notre existence, ces malheureux aveuglés par la science devraient être vus pour ce qu'ils sont – des êtres dont la capacité accordée par Dieu de percevoir ce qui réside au-delà des cinq sens s'est atrophiée, s'est progressivement éteinte, et est aujourd'hui morte et enterrée !


Comme des enfants obstinés qui se disputent pour attirer l'attention des parents, ces prêtres de la science sont devenus si aveugles qu'ils sont incapables d'envisager toute idée en dehors de leur territoire égotique. Ils semblent avoir perdu l'aptitude à penser autrement.

Mesurer ce qui peut être enregistré par les cinq sens, au nom de la science moderne, peut en fait continuer ad nauseam ; mais le faire nous entraîne sur le terrain glissant de l'amnésie – et ne reflète en aucune manière la totalité de l'existence.

La quantification du monde matériel sans compréhension des Royaumes Invisibles qui le soutiennent, la réelle source en fait de cette apparente solidité, est la voie de dégénérescence vers la conclusion catastrophique de ce cycle de temps, le Kali Yuga, notre ère actuelle de conflit et de confusion.

C'est un univers de polarité et en tant qu'hologramme temporel illusoire, notre univers n'existe que grâce aux forces positives et négatives qui le maintiennent dans le temps et l'espace. Ce qui veut dire qu'avec la Lumière, il y a aussi son corollaire – l'Ombre ou le démoniaque. Dans les premiers cycles du temps la Lumière est manifestée et pleinement visible, alors que l'Ombre est dissimulée, cachée, en dessous, toujours présente à accomplir son travail, mais non apparente.

En traversant les quatre cycles du temps, l'Ombre commence à émerger et à se révéler – alors que la Lumière se retire. En arrivant au Kali Yuga (notre cycle ou ère actuelle), la Lumière s'est voilée, et l'Ombre commence à dominer. Au moment le plus sombre du Kali Yuga – qui a démarré en 1939 avec la fission atomique – l'Ombre gouverne et le Bien, bien que toujours parmi nous, est difficile à trouver.


Interférences inattendues

Un élément de la domination des tyrans de l'Ombre dans le Kali Yuga est l'entrée d'entités dans le plan en trois dimensions de notre monde.

Dans le chapitre "Fissures de la Grande Muraille" du livre de René Guénon, "Le règne de la quantité et les signes des temps", l'auteur avertissait que notre monde était sous la menace de ce qu'il nommait des interférences inattendues. Comme nous sommes venus à accepter la matière comme seule réalité, indiquant que la solidification du monde a progressé, nous nous sommes rapprochés des limites de cette solidification. Et comme le monde ne peut jamais devenir un système complètement fermé, ce que Guénon appelle fissures s'est produit dans la barrière protectrice qui entoure notre monde. Cette barrière protectrice est connue en métaphysique comme la "Grande Muraille" et elle est là pour nous protéger.


Quand j'ai lu pour la première fois l'idée de fissures qui se forment dans la Grande Muraille, ce qui m'est venu immédiatement à l'esprit, ce fut la tristement célèbre expérience de Montauk. Ceux parmi vous qui sont familiers de cette histoire se souviendront que lorsqu'une déformation du temps a été réalisée avec des émissions de fréquence de type Tesla, il y a eu une déchirure dans l'espace temps et ce qui protège la planète en 3 dimensions d'envahisseurs étrangers, ceux que j'appelle des "poux de l'astral", a été ouvert. On a rapporté qu'à travers cette déchirure de nombreux envahisseurs – amicaux ou non – se sont glissés dans cette dimension. L'augmentation des observations et des enlèvements pourrait être envisagée comme preuve.

Guénon souligne que la Grande Muraille est, selon ses propres termes, une coquille et en tant que telle non seulement refoule les énergies afin de nous protéger, elle sert aussi de limitation, de contenant. Ce qui peut expliquer pourquoi certains ont dit que la planète terre tridimensionnelle est sous une sorte de quarantaine.
 A-t-il existé une époque durant laquelle les envahisseurs étaient supposés ne pas interférer avec la planète et notre conscience – peut-être conformément à la loi de non-interférence ?
Cet accord a-t-il été récemment rompu ?
Cette limitation formelle et prétendument 'légale' touche-t-elle à sa fin ?

Comme le dit Guénon, la Grande Muraille existe pour faire en sorte que nous soyons protégés des attaques ennemies par en dessous. Je suppose que cela implique que bon nombre de ces entités ne sont pas particulièrement évoluées et peuvent posséder une conscience maléfique.

Il semble que dans les précédents cycles de temps avant l'actuelle solidification du monde existaient des ouvertures au sommet de cette coquille protectrice qui nous permettaient de communiquer avec les royaumes supérieurs. Cette communication était voulue par les anciens centres spirituels groupés partout autour de la planète qui fonctionnaient comme des portails temporels. La plupart sont aujourd'hui abandonnés et ont été intentionnellement repris par l'Ombre, ce qui lui permet de se nourrir des fréquences résiduelles créées autrefois. Réfléchissez au fait que de nombreux sites autrefois sacrés sont au centre de guerres en cours et de la détresse humaine.

Une acceptation actuelle des doctrines du matérialisme et du consumérisme nous autorise à ne croire qu'à ce qui nous parvient par l'intermédiaire des cinq sens. Notre manière de penser limitée nous a coupé de la communication avec les domaines supérieurs plus évolués et de l'accès aux royaumes supérieurs maintenant que ces centres sacrés sont fermés. Plus que jamais auparavant, nous sommes livrés à nous-mêmes ! Notre refuge est intérieur.

Si nous pouvons par nos efforts personnels accéder et nous unir au Dieu qui demeure au cœur de chacun, nous serons alors capables d'agir de manière à améliorer le bien-être du monde que nous avons créé, avant d'oublier notre Source réelle. Nous deviendrons unité, intégrés dans la Sagesse-Connaissance des principes métaphysiques primordiaux qui ont toujours été le seul support de toutes les particules manifestées et 'non-manifestées' (invisibles à notre dispositif actuel des cinq sens) et de toutes les structures de l'univers.

Traduit par Hélios


Ainsi parlait Jean-François de Saint-Lambert



« Les vieillards vivent dans le passé ; les jeunes dans l'avenir ; l'homme mûr et sage dans le présent. »
Françoise d'Aubigné
(Mémoires et lettres de Madame de Maintenon - 1719)


Jean-François, marquis de Saint-Lambert, né à Nancy le 26 décembre 1716 et mort à Paris le 9 février 1803, est un militaire, philosophe, conteur et poète lorrain puis, après 1766, français.



Le présent s'embellit du passé


Quand je me dis le soir sous mon toit solitaire,
J'ai fait ce jour encor le bien que j'ai pu faire ;
Mon cœur s'épanouit ; j'éprouve en un tel instant
Une céleste joie, un saint ravissement ;

Et ce plaisir divin souvent se renouvelle ;
Le temps n'en détruit pas le souvenir fidèle,
On en jouit toujours ; et dans l'âge avancé,
Le présent s'embellit des vertus du passé.

Du temps, vous le voyez, j'ai senti les outrages ;
Déjà mes yeux éteints sont chargés de nuages ;
Mon corps est affaissé sous le fardeau des ans :
Mais, sans glacer mon cœur, l'âge affaiblit mes sens ;

J'embrasse avec ardeur les plaisirs qu'il me laisse.
De cœurs contents de moi j'entoure ma vieillesse ;
Je m'occupe, je pense, et j'ai pour volupté
Ce charme que le ciel attache à la bonté.


Jean-François de Saint-Lambert
Les saisons
(1769)

Capricorne de Johfra Bosschart