mardi 23 mars 2010

Morceaux choisis - Marcel Proust


 
Marcel Proust
 
On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner.
A la recherche du temps perdu (1918)

 
"Il n'y a pas d'homme si sage qu'il soit, me dit-il, qui n'ait à telle époque de sa jeunesse prononcé des paroles ou même mené une vie, dont le souvenir lui soit désagréable et qu'il souhaiterait être aboli. Mais il ne doit pas absolument le regretter, parce qu'il ne peut être assuré d'être devenu un sage, dans la mesure où cela est possible, que s'il a passé par toutes incarnations ridicules ou odieuses qui doivent précéder cette dernière incarnation-là. Je sais qu'il y a des jeunes gens, fils et petits-fils d'hommes distingués, à qui leurs précepteurs ont enseigné la noblesse de l'esprit et l'élégance morale dès le collège. Ils n'ont peut-être rien à retrancher de leur vie, ils pourraient publier et signer tout ce qu'ils ont dit, mais ce sont de pauvres esprits, descendants sans force de doctrinaires, et de qui la sagesse est négative et stérile. On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses. Les vies que vous admirez, les attitudes que vous trouvez nobles, n'ont pas été disposées par le père de famille ou le précepteur, elles ont été précédées de débuts bien différents, ayant été influencées par ce qui régnait autour d'elles de mal ou de banalité. Elles représentent un combat et une victoire. Je comprends que l'image de ce que nous avons été dans une période première ne soit plus reconnaissable et soit en tout cas déplaisante. Elle ne doit pas être reniée pourtant, car elle est un témoignage que nous avons vraiment vécu, que c'est selon les lois de la vie, de la vie des ateliers, des coteries artistiques s'il s'agit d'un peintre, extrait quelque chose qui les dépasse.

Quelquefois l'avenir habite en nous sans que nous le sachions, et nos paroles qui croient monter dessinent une réalité prochaine.
Quand on travaille pour plaire aux autres on peut ne pas réussir, mais les choses qu'on a faites pour se contenter soi-même ont toujours chance d'intéresser quelqu'un.

L'espérance est un acte de foi."

Marcel Proust

"La vie secrète" de R. Magritte

lundi 22 mars 2010

Retrouver une âme jumelle



Retrouver une âme jumelle




Le temps n’a de prise que dans votre dimension. L’au-delà invite aux rencontres et aux fusions.

Retrouver une âme jumelle, c’est comme retrouver sa propre identité, quelqu’un d’identique à vous en tous points, mais qui a un vécu différent du votre.

L’autre, ce vous même qui vous montre ce que vous êtes en réalité, loin de toute contingence, de toute appréciation, il vous fait voir en grand ce vous êtes, il dépose dans votre cœur des louanges et s’y contemple.

Cet autre vous-même, vous le retrouvez dans votre réalité 3 D maintenant puisque vous êtes élevé au dessus de la conscience qui éveille tout ce qui en vous sommeille depuis longtemps.

Ces retrouvailles se feront très souvent dans l’identification à quelque chose de commun, qui vous attire dans cette vie terrestre.
Soit il s’agira d’un goût commun, soit votre évolution sera identique, bien qu’elle ait été séparée jusqu’alors, soit vos âmes ont décidé de se rejoindre, à un moment donné, en un lieu que tous deux vous visitez ou avez visité.

Cette conscience éveillée vous permet désormais d’accéder à cette opportunité, car opportunité il y a puisque, lorsque cette rencontre a lieu, il se passe en vous un chamboulement complet, c'est-à-dire que vous retrouvez la partie de vous-même occultée, cachée par des circonstances souvent douloureuses de vos vécus.

Voyez-vous, cette purification que vous menez à grand train permet des possibilités qui, jusque alors, étaient cachées. Cela est une des faveurs que votre être divin peut désormais vivre en toute conscience puisqu’il atteint des sommets insoupçonnés d’élévation.

Ces systèmes de vision ne peuvent généralement se vivre que dans la conscience d’une évolution commune; auparavant, certains d’entre vous avaient accès à de telles retrouvailles mais, en même temps, il se trouvait des difficultés particulières liées à ce lien puisque chacun de vous avait de multiples références divergentes en matière de vécu, d’antériorité, de conditionnements et de blocages.

Cette étape franchie, vous voilà donc affranchis des peurs, des doutes et des barrières liées à ces états polyvalents.
La beauté de cette vie est liée essentiellement à votre élévation, puisque vous permettant de croire en des possibilités d’union qui jusqu'à alors demandaient à chacune des personnes de purifier dans sa totalité d’être tout ce qui empêchait cette réalisation.

« L’union fait la force » dites-vous, et bien celle là, pour ceux qui retrouveront en conscience leur âme jumelle, cette conscience-là permet et permettra, pour peu que vous y accédiez,  une vision bien plus vaste de vos capacités à devenir ce que vous êtes en réalité des êtres d’Amour inconditionnel.
,
Cette manifestation d’amour vous pourrez déjà la vivre en présence de votre autre jumellité qui vous reflètera l’image sublimée de vous-même.  "L’union faisant la force", elle croitra en sagesse et en beauté décuplées.
Ames jumelles vous avez là entre vous mains l’unité qui rayonnera et déploiera ses ailes d’ange et vous réunira dans d’autres multidimentionnalités pour vous élever et ouvrir ce qui unira et fera vibrer vos merveilleuses duplications.
Isatiel, enseignant en ce jour.
La liberté vous appartient de diffuser cet écrit reçu en canalisation par Adèle, à condition de le garder intact et d’en donner la Source.

Ainsi parlait Denis de Rougemont



Denis de Rougemont

Denis de Rougemont est un écrivain suisse. Il est né le 8 septembre 1906, à Couvet, canton de Neuchâtel, en Suisse. Il est mort le 6 décembre 1985, à Genève.Son père est pasteur. Il poursuit des études de lettres à l’Université de Neuchâtel entre 1925 et 1930. Parallèlement, il entame ses premiers voyages et séjourne notamment à Vienne, en Hongrie et en Souabe.

En 1930, il s’installe à Paris et devient, au sein des mouvements Esprit et L’Ordre Nouveau l’un des fondateurs du Personnalisme, aux côtés d’Emmanuel Mounier, Arnaud Dandieu, Robert Aron, Henri Daniel-Rops et Alexandre Marc. On les a appelés « les non-conformistes des années trente ». Rejetant aussi bien Hitler que Staline, de même que le nationalisme et l’individualisme, ils prônent l’idée d’une organisation politique, économique et sociale qui soit au service de la Personne conçue comme une unité à la fois distincte (l’individu) et reliée à la Communauté (le citoyen), à la fois libre (en tant qu’individu) et responsable (en tant que citoyen).

 
Si un homme pouvait penser complètement la mort, il mourrait à cet instant-là.
 
Nous avons besoin d'un mythe pour exprimer le fait obscur et inavouable que la passion est liée à la mort.

La liberté est pouvoir sur soi-même, et les richesses ne sont que pouvoir sur les autres.
L'amour passion fut réellement au douzième siècle, date de son apparition, une religion dans toute la force de ce terme, et spécialement une hérésie chrétienne.
La passion est cette forme de l'amour qui refuse l'immédiat, fuit le prochain, veut la distance et l'invente au besoin, pour mieux se ressentir et s'exalter.

Toute politique est autorisation de l'avenir.

L'invention technique procède de l'homme seul et non de ses besoins vitaux, mais de ses rêves, c'est-à-dire de ses vrais désirs.

C'est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c'est pourquoi l'on aime souffrir, et faire souffrir.

Toute œuvre humaine, tout acte humain, et même parfois les plus élémentaires, exigent et supposent un avenir.
La décadence d'une société commence quand l'homme se demande :
"Que va-t-il arriver ?"
au lieu de se demander :
"Que puis-je faire ?".

Le caractère le plus profond du mythe, c'est le pouvoir qu'il prend sur nous, généralement à notre insu.

Ce qui nous trompe, quant à la nature même de l'avenir... c'est tout simplement l'ignorance où vivent la plupart d'entre nous quant à leurs véritables désirs, rêves ou besoins.

Le marxisme: une réduction de l'Apocalypse aux dimensions de l'Europe du XIXème siècle, industrielle, embourgeoisée, rationaliste, matérialiste, naïve et dure.
La guerre n'exprime plus l'instinct sexuel normal, ni même la passion qui l'utilise et le transcende, mais seulement cette perversion de la passion qu'est le complexe de castration.

"La voix des airs" de R. Magritte

Belles roses, ciel en lambeaux

La voix du sang une

vendredi 19 mars 2010

La Tradition Primordiale



Tradition Primordiale

La tradition primordiale, appelée aussi sophia perennis, est la connaissance universelle d'origine non-humaine d'où sont issues toutes les traditions spirituelles de l'humanité. La notion de tradition primordiale a été particulièrement développée à notre époque et en Occident par l'œuvre de René Guénon.

 Son essence est supra-humaine et rien de ce qui est issu d’elle ne peut être qualifié de traditionnel sans la présence de cet axe fondamental et authentique.
Au sens étymologique, le mot Tradition est formé de « trans » (à travers) et de « dare » (donner). Il signifie donc littéralement : « Ce qui est donné par transfert ».

« Nous parlerons de conceptions métaphysiques, faute d’avoir un autre terme à notre disposition pour nous faire comprendre ; mais qu’on n’aille pas croire pour cela qu’il y ait là rien d’assimilable à des conceptions scientifiques ou philosophiques ; il ne s’agit pas d’opérer des “abstractions” quelconques, mais de prendre une connaissance directe de la vérité telle qu’elle est. La science est la connaissance rationnelle, discursive, toujours indirecte, une connaissance par reflet ; l métaphysique est la connaissance supra-rationnelle, intuitive et immédiate. Cette intuition intellectuelle pure, sans laquelle il n’y a pas de métaphysique vraie, ne doit d’ailleurs aucunement être assimilée à l’intuition dont parlent certains philosophes contemporains, car celle-ci est, au contraire, infra-rationnelle. Il y a une intuition intellectuelle et une intuition sensible ; l’une est au-delà de la raison, mais l’autre est en deçà ; cette dernière ne peut saisir que le monde du changement et du devenir, c’est-à-dire la nature, ou plutôt une infime partie de la nature. Le domaine de l’intuition intellectuelle, au contraire, c’est le domaine des principes éternels et immuables, c’est le domaine métaphysique. »

« L’intellect transcendant, pour saisir directement les principes universels, doit être lui-même d’ordre universel ; ce n’est plus une faculté individuelle, et le considérer comme tel serait contradictoire, car il ne peut être dans les possibilités de l’individu de dépasser ses propres limites, de sortir des conditions qui le définissent en tant qu’individu. La raison est une faculté proprement et spécifiquement humaine ; mais ce qui est au-delà de la raison est véritablement “non-humain” ; c’est ce qui rend possible la connaissance métaphysique, et celle-ci, il faut le redire encore, n’est pas une connaissance humaine. En d’autres termes, ce n’est pas en tant qu’homme que l’homme peut y parvenir ; mais c’est en tant que cet être, qui est humain dans un de ses états, est en même temps autre chose et plus qu’un être humain ; et c’est la prise de conscience effective des états supra-individuels qui est l’objet réel de la métaphysique, ou, mieux encore, qui est la connaissance métaphysique elle-même. »

« La doctrine hindoue enseigne que la durée d’un cycle humain, auquel elle donne le nom de Manvantara, se divise en quatre âges, qui marquent autant de phases d’un obscurcissement graduel de la spiritualité primordiale ; ce sont ces mêmes périodes que les Traditions de l’antiquité occidentale, de leur côté, désignaient comme les âges d’or, d’argent, d’airain et de fer. Nous sommes présentement dans le quatrième âge, le Kali-Yuga ou “âge sombre” et nous y sommes, dit-on, depuis déjà plus de six mille ans, c’est-à-dire depuis une époque bien antérieure à toutes celles qui sont connues de l’histoire “classique’’. Depuis lors, les vérités qui étaient autrefois accessibles à tous les hommes sont devenues de plus en plus cachées et difficiles à atteindre ; ceux qui les possèdent sont de moins en moins nombreux, et, si le trésor de la sagesse “non-humaine’’ antérieure à tous les âges, ne peut jamais se perdre, il s’enveloppe de voiles de plus en plus impénétrables, qui le dissimulent aux regards et sous lesquels il est extrêmement difficile de le découvrir. »

René Guénon

Morceaux choisis - Osho



Cette nuit-là,
je devins vide et je devins plein.
Osho

Qui êtes-vous ?
 
A la question « Qui êtes-vous ? », il répondait qu’il n’était qu’un être ordinaire comme nous, mais pas tout à fait ; la différence étant qu’il n’était plus endormi. Dans une longue suite de pages, il décrit son illumination qu’il rechercha ardemment depuis l’enfance.
 
Et, un jour cela survint :
 
« Je ne faisais rien ! Désormais, cela me dépassait ; cela arrivait. J’avais fait quelque chose ; sans le savoir j’avais frappé à la porte, et la porte s’était ouverte. J’avais médité pendant des années, assis en silence, sans rien faire, et peu à peu j’arrivais dans cet espace où vous êtes, et vous ne faites rien ; vous êtes simplement là, une présence, un observateur. Vous n’êtes même pas un observateur parce que vous n’observez pas – vous êtes juste une présence. Les mots sont inadéquats, car quel que soit le mot employé, il semble que l’on fasse quelque chose. […] C’est arrivé dans un état de totale relaxation – c’est toujours ainsi que cela arrive. J’avais tout essayé.
Puis voyant la futilité de tout effort, j’ai abandonné ce projet. Je l’ai complètement oublié. […] Juste avant le 21 mars 1953, j’ai arrêté de travailler sur moi. Il arrive un moment où vous voyez toute la futilité de l’effort. Vous avez fait tout ce que vous pouviez faire et rien ne s’est passé. Vous avez fait tout ce qui est humainement possible.
 
Que pouvez-vous faire d’autre ?
 
Par pure impuissance, on laisse tomber toute recherche. Et le jour où la recherche s’arrêta, le jour où je n’ai plus rien cherché, où je ne me suis attendu à rien, cela commença à se produire. Une nouvelle énergie se manifesta – venant de nulle part. Elle ne venait d’aucune source. Elle venait de nulle part et de partout. […]
 
Cette nuit-là, je devins vide et je devins plein.
 
Je devins non-existentiel et je devins l’existence. Cette nuit-là, je mourus et naquis à nouveau. Mais celui qui vécut cette nouvelle naissance n’a rien à voir avec celui qui mourut, c’est quelque chose de discontinu. En surface cela a l’air continu, mais c’est discontinu. Celui qui mourut, mourut totalement ; il ne resta rien de lui. J’ai connu bien d’autres morts, mais elles n’étaient rien comparées à celle-ci, elles étaient des morts partielles.
Parfois le corps meurt, parfois une partie du mental meurt, parfois une partie de l’ego meurt, mais en ce qui concerne la personne, elle subsiste. Plusieurs fois rénovée, redécorée, un peu modifiée ici et là, mais elle subsiste, la continuité demeure. Cette nuit-là, la mort fut totale. Ce fut un rendez-vous avec la mort et avec Dieu simultanément. » Son ouvrage est un magnifique témoignage d’éveil. Vous pouvez retrouver beaucoup d’autres témoins d’éveil sur notre site internet, dans la rubrique « lire ».
 
Troisième Millénaire