samedi 16 mars 2013

dimanche 10 mars 2013

Communication avec Ophoemon (9)



L’éveil, une authentique veille salvatrice


As-tu remarqué des changements en toi ? Non, et pourtant ils ont eu lieu et ont modifié beaucoup de choses, mais n’ont en rien compromis ton équilibre interne. Ton organisme est en cours d’adaptation à la nouvelle situation de la terre et en mode préparation à des situations nouvelles qui vont se présenter ; c’est notre rôle de veiller à ce que tout se passe pour le mieux quelles que soient les circonstances extérieures que tu ne peux pas maîtriser et auxquelles tu seras confronté. Sache que cela fait de toi un privilégié par rapport à tous ceux qui vont se sentir emportés par une vague qui les dépasse totalement et qu’ils ne verront même pas venir.

Le réseau est actif et vous allez devenir conscients de son existence, de son rôle et de son efficacité. Vous allez, dans un premier temps, avoir la possibilité de vous connaitre, ou plutôt de vous reconnaître car, de l’autre côté, vous ne vous êtes jamais quittés, et cela aura pour effet de vous rassurer, de vous réconforter.

Dans un deuxième temps, des pouvoirs spécifiques vous seront dévoilés et octroyés pour vous permettre d’être acteurs dans l’époque que vous allez traverser, ainsi que le contenu de votre mission précise face aux évènements imminents.

Chacun sera prévenu et contacté par télépathie spirituelle, ce qui implique que vous bénéficierez des facultés de clairvoyance afin d’optimiser les communications entre vous, et entre vous et nous.

Tout commencera par des visions comme les images d’un film du cinéma muet, puis le son vous sera donné et, à partir de là, vous serez totalement et définitivement opérationnels.

Vous devez apprendre à observer les évènements avec détachement, prendre du recul par rapport à la situation présente et juguler vos émotions pour ne pas vous laisser emporter par l’emballement des sens.

Plus vous vous connaîtrez et mieux vous connaîtrez les autres ; il ne s’agit pas d’un paradoxe mais de la prise de conscience qu’il est nécessaire de s’aimer pour pouvoir aimer les autres ; il ne s’agit pas d’égoïsme, mais de connaissance de soi, et vous ne pouvez découvrir autrui qu’après vous être découvert vous-même, sinon vous êtes sourds et aveugles, engourdis dans un sommeil profond qui vous paralyse et que vous ignorez.

Vous devez vous éveiller à vous-même pour pouvoir connaître le monde spirituel et ses règles, faute de quoi le dormeur restera endormi, enfermé, claquemuré tel un mort vivant. Et vous êtes le seul à pouvoir le faire ; n’attendez rien de l’extérieur, ce serait vain et illusoire. Seul l’éveil personnel vous autorisera une authentique veille salvatrice garante de la réussite de votre évolution spirituelle et de la libération définitive de toutes vos entraves.

Ainsi parlait Bertolt Brecht




Bertolt Brecht (né Eugen Berthold Friedrich Brecht le 10 février 1898 à Augsbourg, en Bavière - 14 août 1956 à Berlin-Est) est un dramaturge, metteur en scène, critique théâtral et poète allemand du XXème siècle (naturalisé autrichien en 1950).

Un poème écrit lors de son exil durant la seconde guerre mondiale.

A ceux qui viendront après nous

I

Vraiment, je vis en de sombre temps !
Un langage sans malice est signe
De sottise, un front lisse
D’insensibilité. Celui qui rit
N’a pas encore reçu la terrible nouvelle.

Que sont donc ces temps, où
Parler des arbres est presque un crime
Puisque c’est faire silence sur temps de forfaits !
Celui qui là-bas traverse tranquillement la rue
N’est-il donc plus accessible à ses amis
Qui sont dans la détresse ?

C’est vrai : je gagne encore de quoi vivre.
Mais croyez-moi : c’est pur hasard. Manger à ma faim,
Rien de ce que je fais ne m’en donne le droit.
Par hasard je suis épargné. (Que ma chance me quitte et je suis perdu.)

On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d’avoir ce que tu as !
Mais comment puis-je manger et boire, alors
Que j’enlève ce que je mange à l’affamé,
Que mon verre d’eau manque à celui qui meurt de soif ?
Et pourtant je mange et je bois.

J’aimerais aussi être un sage.
Dans les livres anciens il est dit ce qu’est la sagesse :
Se tenir à l’écart des querelles du monde
Et sans crainte passer son peu de temps sur terre.
Aller son chemin son violence
Rendre le bien pour le mal
Ne pas satisfaire ses désirs mais les oublier
Est aussi tenu pour sage.
Tout cela m’est impossible :
Vraiment, je vis en de sombre temps !

II

Je vins dans les villes au temps du désordre
Quand la famine y régnait.
Je vins parmi les hommes au temps de l’émeute
Et je m’insurgeai avec eux.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Mon pain, je le mangeais entre les batailles,
Pour dormir je m’étendais parmi les assassins.
L’amour, je m’y adonnais sans plus d’égards
Et devant la nature j’étais sans indulgence.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

De mon temps, les rues menaient au marécage.
Le langage me dénonçait au bourreau.
Je n’avais que peu de pouvoir. Mais celui des maîtres
Etait sans moi plus assuré, du moins je l’espérais.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Les forces étaient limitées. Le but
Restait dans le lointain.
Nettement visible, bien que pour moi
Presque hors d’atteinte.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

III

Vous, qui émergerez du flot
Où nous avons sombré
Pensez
Quand vous parlez de nos faiblesses
Au sombre temps aussi
Dont vous êtes saufs.

Nous allions, changeant de pays plus souvent que de souliers,
A travers les guerres de classes, désespérés
Là où il n’y avait qu’injustice et pas de révolte.

Nous le savons :
La haine contre la bassesse, elle aussi
Tord les traits.
La colère contre l’injustice
Rend rauque la voix. Hélas, nous
Qui voulions préparer le terrain à l’amitié
Nous ne pouvions être nous-mêmes amicaux.

Mais vous, quand le temps sera venu
Où l’homme aide l’homme,
Pensez à nous
Avec indulgence.

"Mémoires" de Andreas Zielenkiewicz


samedi 2 mars 2013

Le temps, une illusion ?




 « Einstein a fait du temps la quatrième dimension de l'espace. Erreur. Au-delà du temps et de l'espace, au-delà du monde matériel, rayonne la quatrième dimension qui est un surmonde. Il faut, pour atteindre ce surmonde, une véritable discipline intérieure : rejet de toute pensée de haine, culture de l'enthousiasme et du sens esthétique, recherche dans les rêves, pensée métaphysique. »

François Brousse


Le temps, une illusion ?


Le temps est une dimension énigmatique pour l’Homme. Pourquoi certains moments nous paraissent-ils plus longs que d'autres ? Le temps suit-il vraiment une flèche linéaire comme semble nous l’indiquer la physique? Ou bien est-ce une valeur subjective, qui parcourt un territoire et des évènements déjà là, présents dans l’éternité ?

Le temps semble nous filer entre les doigts. Plus on vieillit, plus les jours, les mois, les années paraissent s’accélérer. Pourtant, une nouvelle hypothèse avancée par des chercheurs espagnols de l’Université du Pays Basque à Bilbao et de Salamanque, en Espagne, suggère que l’accélération de l’expansion de l'Univers serait une illusion induite par le temps qui ralentit. En observant les supernovae, et en se basant sur la théorie des cordes, ces chercheurs ont conclu à une décélération graduelle du temps qui, dans quelques millions d’années, pourrait complètement s’arrêter, laissant l’Univers comme figé. Si cette théorie crée le buzz dans les journaux, la communauté scientifique demeure silencieuse à cette annonce. L’astrophysicien Morvan Salez reste dubitatif : « Pour moi, parler d’accélération ou de ralentissement du temps n’a pas de sens car le temps est une dimension, un espace. Ce n’est pas quelque chose en mouvement, avec une vitesse et un déplacement. On peut seulement mesurer les choses qui vivent dans cette dimension.  »

Mais qu’est-ce que le temps ?

A cette question, Saint Augustin répondait : « Si personne ne me le demande, je le sais, mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, alors je ne le sais plus. » En fait, le temps reste une énigme. Chaque fois que l'on s'applique à mieux cerner sa nature, on se heurte à tout un tas de paradoxes et d’apories. Car ce n’est ni de la matière que l’on peut toucher, ni de l’espace que l’on peut parcourir, ni des ondes, ni de l’énergie ou de la chaleur que l’on peut ressentir. Même s’il a une réalité, il n’est pas directement perceptible par nos sens, et demeure, encore aujourd’hui, une notion évanescente, comme le sable qui nous échappe de la main lorsqu’on en serre une poignée pour mieux le sentir.

Depuis toujours, le temps est une notion que l'Homme a cherché à comprendre, à mesurer, en imaginant de nombreux systèmes et appareils : la clepsydre, le cadran solaire, les calendriers, le sablier, la bougie, l'horloge ou encore les montres sont autant de moyens qui utilisent l’espace pour se repérer dans un cadre temporel.
Le temps possède diverses acceptions, selon les philosophies, les cultures, les religions et les sciences. Il peut être perçu comme cyclique - le renouvellement des saisons - ou comme vectoriel - la flèche du temps qui passe (passé, présent, futur). Il peut également être abordé comme un temps social, un temps psychologique, un temps de la conscience. Il représente une valeur objective, puisqu’il se mesure. Pourtant, il nous arrive de l’interpréter comme une grandeur subjective. Ce temps humain, bien que mécanisé, reste vécu de manière personnelle par chaque individu. Car comme l’énonçait Arletty dans le célèbre film Hôtel du Nord, « il y a des moments qui durent longtemps ! »

Notre perception du temps

La plupart des recherches sur la perception du temps suggèrent, en effet, que les émotions négatives - comme l’anxiété, la dépression ou la peur -, et les stimuli inédits créent l'illusion d'un temps qui ralentit, rendant souvent l’attente pesante. L’an dernier, par exemple, le Président des Etats-Unis, Barack Obama, confiait à la presse américaine que le raid contre Oussama Ben Laden avait représenté « les 40 minutes les plus longues de sa vie ». « Exception faite du jour où ma fille Sasha, âgée de trois mois, a eu une méningite et que j'attendais que le médecin me donne de ses nouvelles. » Autre exemple : les nombreux témoignages de personnes victimes d’un accident qui souvent, racontent avoir revu toute leur vie défiler au ralenti, et avoir l’impression que l’accident lui-même a duré une éternité. A l’inverse, les émotions positives comme la joie, l’excitation, la réjouissance vont avoir tendance à accélérer le temps.
Ne dit-on pas que « le temps passe trop vite quand on s'amuse » ?

« Le temps est extrêmement subjectif, concède Morvan Salez. On est culturellement prisonnier de l’idée qu’on vit le temps physique et qu’on le perçoit avec notre conscience mais je pense qu’en fait, le temps que perçoit notre conscience est quelque chose qui – comme le Canada Dry – ressemble au temps physique, en a la saveur, a l’air de prendre la même direction, d’aller au même rythme mais que ce n’est pas le temps physique. Cette notion du temps linéaire est une illusion qu’on fabrique soi-même et qui ressemble au temps physique. Il nous permet de suivre les évènements  De les vivre, de les expérimenter de manière vivable en sachant que notre présence sur terre n’est pas éternelle, ce qui nous permet d’apprécier la manière dont les choses se déroulent en suivant inexorablement la flèche du temps. Mais lorsqu’on accède à un état modifié de conscience, le temps n’a plus la même échelle de valeur.

Les mystiques qui atteignent l’expansion de conscience affirment que, pendant leur expérience, le temps s’arrête ou ne s’écoule plus du tout au même rythme. Même chose lors d’une Expérience de Mort Imminente, d’une session d’ayahuasca, d’une séance de méditation ou durant un rêve... Ces expériences d’états modifiés de conscience soulignent que le temps physique, celui de nos horloges, celui dans lequel se déploient les phénomènes, n’est pas le même que celui perçu dans d’autres réalités. Pour moi, cela montre que notre notion de temps est intimement liée à notre état de conscience car, à partir du moment où il est modifié, le temps sera évalué de manière totalement différente. »

Parfois, les états modifiés de conscience donnent accès à des informations passées ou futures qui, par la suite, se confirment. Comment savoir ce qui a déjà ou n’a pas encore eu lieu ? Est-ce que le monde et la vie de chacun sont créées au fur et à mesure que le temps passe, instant après instant ? Ou bien le temps ne fait-il que parcourir un territoire et des évènements déjà là, présents dans l’éternité ?

« En méditation, explique l’astrophysicien, également méditant, plus on se concentre sur l’instant présent, plus on lui donne de la densité, plus le champ de conscience s’élargit, l’accès au passé et au futur s’ouvre alors, et nous offre la possibilité de capter des informations. C’est comme si le temps était un disque avec plusieurs microsillons et une vitesse de rotation, que l’on avait pour habitude d’explorer qu’une seule piste et que d’un coup, on posait la tête de lecture sur le microsillon d’à coté. » Ces phénomènes de clairvoyance suggèrent-il que le passé, le présent et l'avenir sont en fait reliés indistinctement en une espèce de réalité intemporelle ? «  On a projeté sur le monde la vision d’un temps linéaire car c’est notre propre tête de lecture, c’est comme cela que nous fonctionnons mais en physique, rien ne nous dit que le temps existe ! Peut-être que finalement ce temps linéaire n’est qu’une illusion.»

Ainsi parle Philippe Mac Leod





Né en 1954, Philippe Mac Leod réside dans les Pyrénées, où il mène une vie contemplative depuis plusieurs années. Née de la rencontre du ciel et de la terre, sa poésie traduit la quête de transparence qui est au cœur de son expérience spirituelle. Il a publié deux recueils de poèmes aux éditions Le Castor astral : La Liturgie des saisons (Prix Max-Pol Fouchet 2001) et Le Pacte de lumière (2007). Aux éditions Ad Solem, vient de paraître L’Infini en toute vie (2008), une suite de méditations sur les chemins de montagne, pour faire descendre en nous le murmure des hauteurs.

Le ciel intérieur
par

Philippe Mac Leod

« Nous sommes si raides, notre enveloppe est devenue si dure, que nous ne parvenons plus à rejoindre ce fond de bonté première qui dort en chacun de nous. »

 Tu partiras de plus loin

Vois-tu, ce qu’on appelle le moi n’est peut-être qu’une excroissance, la cristallisation de tout ce qui nous préoccupe dans une pauvre journée. Ce à quoi nous nous identifions : nos soucis, nos insatisfactions, nos réponses aux circonstances, aux évènements  dans un rapport purement réactif au monde, en fonction, bien sûr, de la loi quasi immuable du principe de plaisir et déplaisir. En ce sens, et contrairement à l’évidence commune, le moi (ce que nous appelons le moi) n’est pas au-dedans de nous, mais totalement au-dehors, dans l’image exposée, blessée ou caressée, amoindrie ou exaltée ; une sorte de pur fantasme, une représentation de soi dans une représentation du monde.

Tu dis que j’exagère. Sans doute, mais si peu. Regarde de plus près, et vois combien, en prenant appui sur le monde extérieur plus qu’en toi-même, tu te compares, tu te focalises sur tant de détails insignifiants, tu surinvestis tes activités, tu te distrais, tu te disperses, tout cela parce que ton centre de gravité se trouve là où est ton cœur, c’est-à-dire dans un attachement excessif aux autres ou aux choses, qui te rassurent sur ton existence. Mais celle-ci n’est rien, ne recouvre en réalité qu’une infime partie de toi-même. Tu te consumes pour un vernis qui avec le temps s’épaissit et se durcit. Il nous protège tout autant qu’il nous expose. Parce que nous y sommes tout entiers, l’apparence surinvestie devient notre substance.

Bien sûr, il y a tout ce qu’on ne peut pas montrer, notre part obscure, nos petites laideurs, mais tout cela, c’est encore le paraître. Nous sommes si raides, notre enveloppe est devenue si dure, que nous ne parvenons plus à rejoindre ce fond de bonté première qui dort en chacun de nous. Et chaque fois que j’en reprends conscience, je ne puis retenir mes larmes, un flot de larmes brûlantes, de joie tout autant que de contrition, comme un mur qui fond, comme si elles seules pouvaient me guérir.


Que nous faut-il donc faire ? Rompre avec le monde, résolument, courageusement, dans une sorte de basculement qui nous oblige à reprendre appui en nous, là où nous n’existons pour rien d’autre, personne d’autre que Dieu, sans comparaison, sans référence aucune. Et alors, mais alors seulement, comme un faisceau s’élargissant à partir d’une source lumineuse, retourner vers le monde, retourner vers les autres, les choses, qui ne sont pas là pour notre propre satisfaction mais pour être illuminés du regard de Dieu capable de nous traverser.

La libération, la délivrance ressemblent toujours à une grande respiration. Le bonheur vient d’une dilatation, de cette sensation de souffle libéré, comme un grand recul au fond de soi, un immense reflux du moi naturel, qui faisait écran à la réalité invisible, à la présence de Dieu comme à la grandeur du monde. Il suffit parfois d’une toute petite baisse de tension dans nos gestes pour sentir l’infini nous envahir, nous déborder. Nous le tenons serré, comprimé comme un gaz volatil dans une boîte verrouillée. Nous ne vivons que pour et par notre image, il n’est pas étonnant que notre existence soit si étroite, que le visible ne dépasse pas l’immédiateté, sans échappée, sans réelle perspective.



Pour en finir avec notre moi illusoire, il nous faut apprendre à être plus présents intérieurement. Toujours tournés vers l’extérieur, mais en partant de plus loin. Agir, voir, à partir de ce lieu caché où je ne suis plus seulement moi, c’est-à-dire l’ensemble de mes préoccupations, la pression de mon histoire, de mes souffrances, mais l’être de tous les êtres, le souffle où je peux entendre tous les souffles, le cœur battant et captivant de ce mystère inépuisable d’être au monde.

"Cathédrale mystique" de Andreas Zielenkiewicz