mardi 26 juillet 2016

L’intuition, faculté du corps causal

L’intuition, faculté du corps causal

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Chaque matin, quand le soleil se lève, dans l’espace limité qu’il éclaire, tout devient visible et précis; nous pouvons nous diriger, observer, faire des recherches. Et quand il se couche, tout s’estompe, nous ne voyons plus ni formes ni couleurs, nous entrons dans l’indifférencié, dans l’illimité de la nuit; face à cet espace infini, un vertige s’empare parfois de nous et notre âme s’envole, elle est attirée par cette immensité sans bornes et tend à se fusionner avec d’autres existences.
Nous faisons quotidiennement cette expérience; le jour et la nuit, la lumière et l’obscurité… pendant le jour, la lumière du soleil, qui nous rend visibles les objets terrestres, éclipse le reste de la création ; pourtant, cet espace où nous ne distinguons rien est peuplé de planètes et de bien d’autres soleils plus grands et plus puissants que celui qui nous éclaire.
Alors, l’important pour nous est de comprendre comment cette alternance du jour et de la nuit se retrouve dans notre monde intérieur.
Le soleil nous donne sa lumière afin que nous puissions étudier, agir et travailler. Il est donc absolument nécessaire à notre évolution. Sans la lumière du soleil, nous n’aurions pas de conscience individuelle, nous nous perdrions dans l’immensité, l’illimité. Le soleil est absolument indispensable pour l’individualisation et pour le développement de la conscience. Et notre intellect est cette faculté qui, comme le soleil, est capable d’éclairer l’espace autour de nous afin que nous puissions voir, étudier et comprendre. L’intellect est notre soleil. Mais ce soleil a ses limites; en nous individualisant, en nous permettant de prendre conscience de notre propre moi, il nous isole, il nous sépare de la véritable réalité qui est l’immensité. C’est pourquoi les hindous disent que l’intellect est l’assassin de la réalité. Il détruit la réalité parce qu’il nous la cache; exactement comme le soleil qui, nous empêchant d’embrasser l’espace infini peuplé de milliers d’autres soleils, nous laisse voir seulement une petite portion de terre.
Le soleil est un symbole extrêmement vaste; en disant qu’il nous cache les immenses richesses de l’univers, je ne considère évidemment qu’une partie de son symbolisme, je veux seulement attirer votre attention sur un aspect de la vie psychique ; par sa lumière le soleil délimite un espace autour de nous, et cette délimitation est nécessaire, indispensable : elle fixe l’espace dans lequel l’intellect doit exercer son activité. Mais l’intellect ne doit pas maintenant prendre la prépondérance sur toutes les autres facultés, comme cela se produit de plus en plus à l’époque actuelle, car tel qu’il est en train de se manifester chez la plupart de nos contemporains, on peut dire qu’il devient un instrument de destruction. Plus il se fie à lui, à la manière dont il aborde les questions et tire des conclusions, plus ils se coupent des créatures visibles et invisibles, plus ils se coupent de la réalité, c’est à dire de la vie.
L’homme doit travailler avec l’intellect, il doit développer son corps mental afin de se manifester en tant qu’individu autonome et maîtriser le monde matériel.
S’il se laisse seulement aller aux impulsions de sa sensibilité, au besoin de vivre en osmose avec les humains et avec l’univers, là aussi, il lui manquera quelque chose. Et c’est d’ailleurs le cas de certains tempéraments mystiques quand ils s’abandonnent seulement au monde nébuleux des sensations et développent uniquement leur corps astral. Evidemment, ils ressentent quelque joies, mais non seulement ils deviennent incapables d’assumer les charges de la vie quotidienne, mais ils sont menacés de grave déséquilibres psychique; lorsque le monde astral n’est pas maîtrisé par le monde mental, c’est la voie ouverte à tous les désordres.
Qu’est-ce qui rend l’intellect tellement précieux ?
C’est sa capacité d’analyser tout ce qui vient de la région inférieure des instincts, des désirs, des convoitises, et de faire un triage afin de ne garder que ce qui est utile et bénéfique pour soi-même et pour les autres. Evidemment, ce n’est pas ainsi que les humains considèrent le rôle de l’intellect. Ils ont surtout compris que cette faculté leur permet d’explorer et d’exploiter la matière, de satisfaire leurs ambitions et leur besoin de domination. C’est pourquoi, jusqu’à maintenant, l’intellect n’a pas beaucoup contribué au véritable progrès de l’humanité. Les machines, les outils, les appareils se perfectionnent, les produits de toutes sortes se multiplient, mais ils ne contribuent pas vraiment à résoudre des problèmes essentiels. Il n’est pas nécessaire d’insister sur ce point, tout le monde est en train de le constater. Et pourquoi cette situation ? Parce que cet intellect, sur lequel on a tellement mis l’accent pour le développer, ne se préoccupe pas tellement du bien des autres; il essaie de se donner l’apparence de l’honnêteté, de la justice, de l’altruisme, et il y arrive car il est très doué pour trouver des arguments, mais ce n’est que l’apparence.
On a longtemps cru que le progrès de l’instruction amènerait le bonheur sur la terre. Eh bien, on voit maintenant de quelle nature est ce bonheur et combien en bénéficient. Il est très utile de faire travailler l’intellect, mais comment et à quoi ?
Voilà la question qu’il faut se poser. L’intellect est surtout devenu une arme redoutable chez certains, parce qu’en même temps que l’instruction, on ne leur a pas inculqué le besoin de développer leurs qualités morales. Or, l’intellect par lui-même n’est pas moral, il est naturellement porté à chercher les moyens de se satisfaire en l’homme que les intérêts les plus égoïstes.
En réalité, l’intellect pourrait jouer un rôle très bénéfique dans la vie morale des humains s’ils savaient mieux comment l’utiliser. Si on étudie les statistiques, on voit que c’est dans les milieux intellectuels qu’on rencontre le plus de personnes fragiles et même déséquilibrées, malades. Car l’usage qu’elles sont habituées à faire de l’intellect ne les protège pas des troubles psychiques; au contraire il contribue à les amplifier. L’intellect est capable d’observer et de réfléchir sur les événements qui se déroulent en nous et autour de nous, mais il n’est pas capable de trouver de véritables solutions. Car l’intellect, ce n’est pas encore l’intelligence, il est trop limité; son champ de vision est trop étroit, trop superficiel.
La véritable intelligence commence au moment où l’homme, ayant appris à lier le corps mental au corps causal devient capable de maîtriser ses pensées et ses sentiments afin de tout utiliser pour son bien et celui du monde entier.
Sinon, il ne peut que se nuire à lui-même et nuire aux autres. Ce n’est qu’après avoir jugulé les forces anarchises des plans astral et mental que l’homme accède à la véritable intelligence. Il ne faut pas s’étonner si certains que l’on considère comme de grands savants, de grands philosophes commettent de grossières erreur ; quand on ne cherche pas à s’élever au-dessus des plans astral et mental pour atteindre le plan causal, on en peut que se tromper.
L’intuition est une vision, une réception instantanée, une saisie immédiate et totale de la réalité. On peut la définir comme une faculté du corps causal.
Dans le plan causal, qui se situe au-delà des plans astral et mental, le sentiment et la pensée sont confondus; il est donc possible, en même temps, de sentir et de comprendre; parce que les humains ne connaissent d’eux-mêmes que les manifestations du corps astral et du corps mental, cette possibilité supérieure de penser et de sentir à la fois leur est fermée. La majorité d’entre eux se débattent, tiraillés entre leur cœur et leur intellect, sans comprendre que la seule façon d’harmoniser ces deux principes psychiques est de développer l’intuition.
L’intuition est en même temps une sensibilité et une intelligence, une sensibilité et une intelligence à un niveau supérieur. Pour arriver jusque-là, le chemin est difficile; celui qui veut développer cette faculté doit non seulement être animé par un haut idéal, mais recevoir d’un maître des notions justes afin de ne pas s’égare ; et il doit aussi avoir une volonté inébranlable, car c’est chaque jour qu’il y a des exercices à faire pour conserver, quoi qu’il arrive, la direction vers le haut.
L’intuition ne peut se manifester chez celui qui accepte de vivre dans la turbulence des émotions et des passions du cœur, ou dans les intrigues, les manigances, les calculs intéressés de l’intellect. Pour y voir clair, il doit mettre de l’ordre dans tout son être, afin de ressembler à la surface d’un lac limpide où le ciel vient se refléter.
Grâce à ses capacités d’observation, de raisonnement, l’intellect nous permet de faire déjà une partie du chemin. Oui, mais arrivé à une certaine limite, il nous abandonne, il est incapable de nous mener plus loin, il nous dit : « c’est une région où je ne peux pas te guider, il est impossible d’aller plus loin ; je t’ai amené jusqu’ici et maintenant c’est à d’autres forces, d’autres facultés, d’autres entités de te conduire ».
L’intellect est l’instrument le plus formidablement utile pour préparer les conditions, déblayer la voie, mettre les choses en place en attendant que l’intuition puisse se manifester.
Il vous aide à surveiller, à contrôler ce qui se passe dans votre tête et dans votre cœur, à éliminer les pensées et les sentiments négatifs, à conserver au contraire les pensées et les sentiments constructifs, bénéfiques, et à décider de les amplifier. Quand vous avez ainsi introduit en vous l’ordre, la clarté, la paix qui sont les conditions indispensable pour entrer en contact avec le ciel, ce sont d’autres courants qui viennent vous prendre pour vous amener jusqu’à la région divine de la lumière infinie et du savoir absolu. Là, d’un seul coup, vous avez des révélations.
Car c’est cela, l’intuition: une étincelle, une lumière projetée, un savoir que l’on capte de l’intérieur, sans pouvoir discerner d’où et comment c’est venu; mais on ressent avec une certitude absolue que c’est ainsi et pas autrement. Les vérités, les connaissances que nous recevons par l’intuition sont sans défaut. C’est comme s’il existait en nous un être dont le regard est capable de pénétrer la réalité des choses et de nous communiquer ce qu’il perçoit, en prenant en considération non seulement les éléments du plan physique, mais tous les éléments invisibles et subtils qui échappent à la compréhension ordinaire. Ainsi, l’intuition est une révélation d’un ordre supérieur à l’intellect; c’est tout le ciel qui vient se refléter sur la surface limpide de notre conscience. Il est bon d’avoir une pratique quotidienne de ce monde de l’intuition.
C’est pourquoi, lorsque vous avez un problème important à résoudre, trouvez un lieu et un moment propices pour vous concentrer. Faites taire les voix discordantes du cœur et de l’intellect, et quand vous avez obtenu le silence, essayez de vous élever très haut par la pensée.
Lorsque vous sentez que vous avez réussi à atteindre un certain point, posez la question qui vous préoccupe et attendez paisiblement; il y aura toujours une réponse. Au début, ce ne sera peut-être qu’une sensation vague, difficile à interpréter, mais ce sera déjà un indice. Alors, n’abandonnez pas, recommencez à vous fier au monde de la lumière, reposez la question… plus vous aurez appris à maîtriser les mouvements des plans astral et mental, plus la réponse que vous recevrez sera claire et précise.
L’intuition est une forme de vision, mais une vision dans laquelle l’intelligence s’allie à la sensibilité pour nous donner la connaissance complète.
C’est en ce sens qu’elle est supérieure à la clairvoyance, car la clairvoyance n’est que la vision du côté objectif, matériel des plans astral et mental. On voit et on est terrifié ou émerveillé, mais ces sensations n’apportent ni la connaissance, ni la compréhension. Tandis qu’avec l’intuition, on ne « voit » peut-être rien, maison comprend les choses beaucoup mieux que si on les voyait, car on les vit, on les sent.
L’intuition est donc supérieure à la clairvoyance, c’est elle qui donne la véritable compréhension de la vie.
Un véritable spiritualiste ne se préoccupe donc pas de ce qu’il peut voir dans les plans astral et mental. Il ne travaille pas pour ça, il passe au-delà, il veut des réponses supérieures.
Quand il aura appris à recevoir des réponses de l’intuition, il pourra essayer de développer la clairvoyance et la clairaudiance. Mais d’abord, il doit viser le but le plus élevé, sinon ces visions, ces images flottantes s’accrocheront à lui et l’empêcheront d’aller plus loin. Oui, il faut le savoir, les mondes astral et mental sont des lieux de troubles, de confusion. Celui qui s’y aventure est harcelé, agrippé par toutes sortes d’existences malsaines dont il n’arrive pas à se dépêtrer pour aller plus haut; il est obligé de s’arrêter en chemin, et c’est une entrave à son évolution.
Donc, tant que vous ne possédez pas les connaissances et les pouvoirs qui permettent d’explorer sans risque ces régions, il est préférable de les traverser rapidement, les yeux fermés, et de concentrer tous vos efforts sur l’intuition.
Il existe de nombreuses méthodes pour développer l’intuition. La plus sûre est de travailler sur la pureté, c’est à dire d’éviter d’avoir des partis pris et d’agir par intérêt.
Plus vous serrez capable de vous montrer ouvert, compréhensif, désintéressé, soucieux de l’épanouissement des autres plus ce qui vous empêche d’y voir clair disparaîtra et vous pourrez connaître enfin les choses et les êtres dans leur réalité.
« Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. »
Victor Hugo

lundi 27 juin 2016

Ainsi parlait François Coppée

François Édouard Joachim Coppée, né le 26 janvier 1842 à Paris où il est mort le 23 mai 1908, est un poète, dramaturge et romancier français.
Coppée fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs, des tableaux de rue intimistes du monde des humbles. Poète de la tristesse à la vue des oiseaux qui meurent en hiver (La mort des oiseaux), du souvenir d'une première rencontre amoureuse (« Septembre, au ciel léger »), de la nostalgie d'une autre existence (« Je suis un pâle enfant du vieux Paris ») ou de la beauté du crépuscule (« Le crépuscule est triste et doux »), il rencontra un grand succès populaire.

Vie antérieure


S'il est vrai que ce monde est pour l'homme un exil 
Où, ployant sous le faix du labeur dur et vil, 
Il expie en pleurant sa vie antérieure ; 
S'il est vrai que, dans une existence meilleure, 
Parmi les astres d'or qui roulent dans l'azur, 
Il a vécu, formé d'un élément plus pur, 
Et qu'il garde un regret de sa splendeur première ; 
Tu dois venir, enfant, de ce lieu de lumière 
Auquel mon âme a dû naguère appartenir ; 
Car tu m'en as rendu le vague souvenir, 
Car en t'apercevant, blonde vierge ingénue, 
J'ai frémi, comme si je t'avais reconnue, 
Et, lorsque mon regard au fond du tien plongea, 
J'ai senti que nous étions aimés déjà 
Et depuis ce jour-là, saisi de nostalgie, 
Mon rêve au firmament toujours se réfugie, 
Voulant y découvrir notre pays natal, 
Et dès que la nuit monte au ciel oriental, 
Je cherche du regard dans la voûte lactée 
L'étoile qui par nous fut jadis habitée.



François Coppée




vendredi 24 juin 2016

Pourquoi et comment libérer notre conscience

Pourquoi et comment libérer notre conscience





L'un des implants psychiques les plus virulents du parc de la pensée de notre société, que l'on pourrait appeler l'implant roi, est sans aucun doute celui qui veut nous interdire de répandre l'idée que nous pourrions configurer notre futur, dans le présent même, par notre conscience, c'est à dire par le simple effet de nos pensées ou de nos émotions.
A cette idée, la pseudoscience médiatique - ou science matérialiste - oppose l'idée fausse selon laquelle nos pensées et nos émotions seraient exclusivement produites par notre cerveau et que l'activité de ce dernier serait déterministe car purement mécanique. Il s'ensuit qu'il n'y aurait plus aucune place pour une action responsable de notre conscience.
Car le libre arbitre serait totalement illusoire, sauf lorsqu'il s'agit de nous culpabiliser, c'est à dire de responsabiliser négativement notre conscience. Il y aurait donc une exception à la règle du libre arbitre illusoire, mais qui serait valable seulement à l'intérieur du parc de la pensée, là où il est nécessaire que nous croyions pleinement en notre libre arbitre afin d'être responsabilisés. Alors qu'à l'extérieur du parc, notre libre arbitre redeviendrait illusoire, car nous ne serions plus que des déviants ayant un problème mental. Si, si, c'est la pseudoscience médiatique qui nous le dit. En toute logique on appelle ça « Le monde à l'envers » où les prisonniers sont libérés grâce à leurs implants et les échappés du parc sont prisonniers de la maladie qu'on attrape sans implant.
Rectification: les prisonniers se rendent malades et on leur donne des médicaments; les échappés sont en bien meilleure santé sans aucun médicament car ces derniers entretiennent la maladie.
Entre pseudo-scientifiques plus sérieux, on sait bien que cette histoire de libre arbitre à l'intérieur du parc ne tient évidemment pas la route et c'est alors l'idée même que nous puissions avoir une once de libre arbitre où que ce soit qui est purement et simplement niée. Mais faute d'arguments, elle n'est plus combattue que par son coté émotionnel ou implant psychique roi, celui dont nous sommes tous plus ou moins équipés, sauf les déviants comme moi qui ont réussi à s'en débarrasser ou à le désactiver. Les autres sont bien mal en point avec leurs illusions entretenues, mais heureusement pour ces prisonniers la règle de l'implant roi dit que c'est l'inverse. Ouf, le parc est rassuré.
Comme vous le savez, j'ai moi-même appris à désactiver cet implant pour franchir le fil électrique invisible qui barre l'accès vers le chemin qui mène au col de l'Ange.
Je n'ai pas voulu m'en débarrasser pour pouvoir continuer à me mettre à la place de ceux qui le subissent afin de trouver plus facilement le code de désactivation général. Cela dit, j'ai de plus en plus de mal à faire semblant de l'endurer et c'est dommage, car ça m'éloigne des chiens de berger qu'il faudrait désimplanter en priorité.
Ayant réfléchi ma vie durant, depuis mon enfance, sur cette question, je suis assez bien placé pour comprendre d'où vient cette croyance dans l'inexistence de notre libre arbitre, c'est à dire dans l'inexistence de l'action directe de nos pensées sur notre futur à vivre (directe = indépendamment de la causalité déterministe). J'en suis arrivé à la conclusion que les scientifiques sont victimes de l'illusion du temps qui les conduit à penser que le déterminisme cher à la science est forcément un déterminisme temporel: voilà l'erreur de la pseudoscience.
Pourtant, les arguments scientifiques forts à l'encontre de cette erreur, en particulier de la causalité déterministe, sont légion et je n'en parlerai pas ici sachant que j'en parle partout ailleurs.
 Ceux qui ne les connaissent pas encore n'ont qu'à simplement écouter ma dernière conférence: « L'âme et la science » (en bas de cette page).

Ce qui m'intéresse ici, c'est d'expliquer pourquoi, malgré tous ces arguments, cette croyance se perpétue, alors même qu'elle est à la source de tous les maux de notre société, de par l'irresponsabilité de la conscience qu'elle répand. Une religion est alors obligée de s'imposer pour chasser les démons produits par cette irresponsabilité inhérente au parc de la pensée et en fin de compte, religion ou pseudoscience, même combat. Les deux veulent nous apprendre que nous devons nous conformer à des interdits afin d'éviter leurs démons ou les foudres de leurs Dieux, sachant qu'en ce qui concerne la pseudoscience il s'agit principalement des foudres du Dieu Hasard et des démons de Laplace et de Maxwell (1): c'est pour éviter que nos élites aient affaire à eux que vous devez rester dans le parc. En réalité il n'existent pas mais sont simplement les sous-produits de leur incompréhension due au cloisonnement des sciences, au formatage par les équations et au divorce de la physique et de la philosophie, cette véritable reine qui est pourtant la locomotive de la connaissance.
Voilà tout. Nous sommes donc comme des enfants en bas âge livrés à eux-mêmes et qui n'ont pas encore compris que pour faire d'autres enfants, il ne faut pas faire appel à des cigognes mais à cet appendice qui nous sert aussi à faire pipi. Mais il est difficile pour eux de le comprendre parce que lorsqu'ils voient des adultes se cacher pour s'amuser, ils ne savent pas encore faire le rapport entre ce divertissement et le fait que neuf mois plus tard, un nouvel enfant parait. Nous, enfants de l'humanité, avons le même souci avec notre conscience dont nous pensons qu'elle est un appendice du cerveau, bien qu'elle nous serve à beaucoup plus de choses qu'à faire pipi. Mais nous mettons ça sur le compte du cerveau seul, parce que nous n'avons pas encore compris que notre conscience nous sert surtout à enfanter notre futur, et ceci toujours pour la même raison: nous ne voyons pas le lien entre cette conscience du présent et ce qui nous arrive dans le futur. Et lorsque nous voyons des gens s'isoler pour aller prier, loin de nous l'idée qu'ils se servent de leur appendice pour contribuer à enfanter notre futur collectif.
Devant une telle ignorance maintenue sur tant de millénaires, malgré qu'on nous ait enseigné la vraie fonction de la conscience depuis les temps très anciens et que les philosophes idéalistes nous l'aient sans cesse rappelée en différents termes plus ou moins clairs, on pourrait se demander s'il n'y a pas une réelle volonté de nous maintenir dans l'ignorance et certains le dénoncent, mais en faisant à nouveau dangereusement appel à des démons ou à des Dieux (2).
Je ne suis pas un adepte des théories du complot, mais tout se passe effectivement comme s'il y avait bien un complot, sauf qu'il ne faut pas se tromper en le dissociant de nous-mêmes. Il s'agit simplement à mon sens d'un complot de nous-mêmes dans le futur, créés dans le présent, contre nous-mêmes dans le présent. Il est en effet orchestré par la partie la plus puissante de notre conscience collective qui nous a d'ores et déjà construit un futur matérialiste (certains diraient un "égrégore" matérialiste). Car c'est l'influence même de ce futur (ou de cet égrégore) sur notre présent qui tend à désamorcer toutes nos tentatives de désactivation. Les responsables de ce complot apparent ne feraient donc pas partie de notre monde physique. Ils feraient partie de notre surréalité psychique et nous les aurions engendrés. Ils seraient en quelque sorte notre "part d'ombre" déjà imprimée dans le futur.

Vous l'aurez donc compris: votre implant liberticide ne sert pas seulement à vous ranger à l'intérieur du parc avec l'illusion du libre arbitre. Il sert également à vous faire entretenir vous-mêmes cette part d'ombre en vous faisant émettre des pensées et des émotions qui garantissent la durabilité même du parc de la pensée, de cette illusion. Mais attention à ne pas la diaboliser (2), car ce carcan dans lequel elle vous plonge n'est rien d'autre qu'une influence du futur sur le présent. Cela veut dire que mis à part une constante de temps, c'est vous-mêmes qui êtes responsables de votre enfermement à l'intérieur du parc. C'est vous-mêmes qui créez votre implant.
Car lorsque vous dites: mais je suis bien obligé d'aller travailler, de payer pour faire mes courses, de respecter telle ou telle règle, etc., vous ne faites pas seulement que vous conformer. Vous demandez surtout à notre futur collectif qu'il fasse en sorte que tout cela continue ad vitam aeternam. Car cette sensation d'obligation que vous ressentez en vous-mêmes agit comme une demande d'enfermement, puisque tout y est: la pensée que vous êtes prisonniers et l'émotion de vous sentir enfermés par des obligations. En vivant ces pensées et ces émotions, vous ne faites qu'en redemander pour notre futur commun.

La difficulté que vous avez à imaginer que ce que vous subissez puisse être le fruit de vos pensées ou émotions est exactement la même difficulté que peut avoir un esclave à ne pas désigner son maître comme le responsable de son esclavage. Car il existe toujours un maître qui profite de la réalité que vous avez demandé à vivre pour incarner le rôle correspondant (patron exploiteur, conjoint violent, etc.), mais ce maître n'est pas le responsable. Il est simplement le profiteur ou mieux encore, celui à travers lequel vous incarnez vous-même le rôle qu'il a demandé à jouer.
Nous ne finissons ainsi que par fabriquer des profiteurs qui ne font que jouer le rôle que nous leur avons demandé de jouer et nous leur offrons en échange les coups de batons dont ils ont besoin pour évoluer. Mais ce n'est pas très grave pour eux, car nous faisons en sorte que leur condition soit toujours plus agréable que la notre sans quoi nous ne pourrions pas vraiment leur reprocher de nous faire subir le sort que nous avons programmé.

Attention, je n'ai pas dit que tout ce qui nous arrive dans le quotidien est forcément le fruit de nos pensées ou de nos émotions individuelles. Il ne faut pas oublier que notre réalité est la création d'un collectif. Cela veut dire que ce qui nous arrive peut aussi être le fruit des pensées ou des émotions plus particulières d'autrui, mais dans ce cas il se produit quelque chose d'inhabituel: alors que nous avons un mal fou à nous détacher de certaines situations conflictuelles, d'autres situations du même genre, qui devraient pourtant nous affecter, semblent bizarrement ne pas nous concerner, parfois même lorsqu'il s'agit d'un conflit dirigé contre nous. Est-ce parce que nous avons acquis une conscience évoluée, comme par enchantement ? Désolé, mais pour que tel soit le cas, il faudrait pouvoir se sentir à jamais détaché de toute situation conflictuelle... ce qui veut dire toujours aimer tout le monde, indifféremment de la question de savoir s'il s'agit d'un ami ou d'un ennemi. Avouons que nous n'en sommes pas encore tout à fait là. Donc nous avons encore besoin d'apprendre à grandir.
Pour éviter les gros dégâts collatéraux que nous faisons ainsi dans le futur de notre parc collectif afin que nos consciences prisonnières puissent toujours s'en plaindre (c'est-à-dire crier maman), enfin bref pour arrêter de tomber sans arrêt dans les mêmes pièges, il y a des attitudes très simples à avoir, ne serait-ce que de penser: je vais travailler non pas parce que j'y suis obligé mais parce que j'ai choisi, consciemment ou non, de vivre la contrainte de ce travail afin d'apprendre quelque chose que je n'ai pas encore intégré. Je choisis de payer telle ou telle denrée non pas parce qu'elle m'est indispensable mais parce que cet achat qui me plait est surtout un acte de soutien à tout ce qui a permis à ce bien d'exister, que je comprend et que j'aime. Je choisis de respecter telle ou telle règle non pas parce que j'y suis obligé, mais parce que le respect de cette règle là est un acte profitable à la communauté et qu'il ne s'agit d'une règle que pour ceux qui ne la comprennent pas, mais pas pour moi qui ne fait que montrer le bon exemple.
Soit dit en passant, cet éveil devrait vous donner aussi l'envie d'outrepasser pas mal de règles, mais n'oubliez pas dans ce cas de toujours le faire avec l'amour du collectif, sinon cela vous retombera dessus comme à quelqu'un qui a informé son futur du fait qu'il n'aime pas faire partie du collectif. Dans ce cas son futur fera en sorte qu'il ne fasse plus partie du collectif. Comprende ?

Enfin bref, votre conscience dispose de multiples moyens de retrouver la liberté, avec ou sans conformisme, alors que votre corps/mental/émotionnel a toujours tendance à se plaindre d'être prisonnier. En réalité vous n'êtes en aucun cas prisonniers car vous avez choisi votre vie et il vous suffit de vous relier au plus profond de vous-même pour le comprendre.
Il vous est donc relativement facile d'inverser les dégâts collatéraux que vous faites dans notre futur collectif en suivant les sirènes déclenchées par tous les implants du parc, à condition de comprendre le sens positif de chacun de vos actes. N'ayez pas la naïveté de penser que ce sens n'existe pas, tout comme un mouton inconscient de l'implant qu'on lui a installé derrière les oreilles. C'est d'ailleurs en faisant l'effort de prendre conscience du sens de chacun de vos actes que vous vous rendrez compte, de temps en temps, qu'il n'est pas positif et que vous vous abstiendrez donc de certains actes.

En conclusion, le premier des combats à mener pour lutter contre la dégradation de notre société qui opère de haut en bas, depuis les centres de pouvoir et d'argent encore plus esclaves du parc que vous-mêmes, n'est pas un combat extérieur contre ces centres-là, car il risque d'être perdu d'avance. C'est au contraire un combat intérieur qui consiste à retrouver la part de vous-mêmes qui se trouve déjà libre, à vous y relier pour faire en sorte que ce soit elle qui détermine vos actes et vos pensées à l'intérieur même du parc, car après tout c'est cet être intérieur qui a choisi de vous y installer avant même votre naissance.
La révélation en vous-mêmes de cet être intérieur (ou soi) se caractérise par une sensation d'élévation de votre niveau de conscience qui vous apporte automatiquement du bonheur, et si vous entretenez simplement ainsi cette source de bonheur, en vous y reliant, vous participerez directement à la création de notre futur alternatif positif. Il n'est pas nécessaire que vous alliez manifester, sauf si cette manifestation est une occasion de crier en groupe votre liberté et votre détermination, et non pas de vous plaindre de votre enfermement, importante nuance.

Ne craignez donc pas d'agir en conformité pourvu que vous le fassiez dans un état d'esprit qui vous rend confiant dans le fait que ce système dans lequel vous agissez pour l'expérimenter, malgré qu'il vous fasse suer ou vous casse simplement les pieds, est d'ores et déjà terminé dans le futur (déjà cuit, liquidé, kaput: je me répète ces mots avec la joie de celui qui se fait déjà la fête), parce qu'il suffit qu'une seule personne n'en veuille pas pour que la promesse d'un univers alternatif (bien meilleur que le transhumanisme qui nous pend au nez) se crée déjà rien que pour lui.

***
(1) On remarquera l'étonnante analogie entre les démons de la religion, Satan et Lucifer, et ceux de la science, soit respectivement Laplace et Maxwell. Le démon de Laplace est un véritable diable au sens où il nous prive définitivement de notre libre arbitre, alors que le démon de Maxwell est potentiellement libérateur - porteur de lumière - dans le sens où il serait capable d'une action néguentropique (productrice d'ordre en renversant le cours du temps). Mais il reste un mauvais génie tant que son pouvoir n'est pas compris. Il incarne alors cette incompréhension, en liaison étroite avec l'incompréhension du rôle de l'information en physique.

(2) Ces soi-disant démons ou Dieux qui nous manipuleraient essentiellement par l'entretien de la peur (un très bon engrais) afin de nous empêcher de découvrir que nous ne sommes pas des machines et avons en nous-mêmes le pouvoir de nous libérer (le soi ou l'esprit) sont souvent dénoncés comme étant d'origine exogène, leur but étant de pouvoir continuer à exploiter l'énergie émotionnelle d'une humanité ainsi réduite à l'état de bétail humain: inutile d'entretenir une telle frayeur avec la double causalité qui explique bien plus économiquement notre carcan.

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Site de Philippe Guillemant :


Conférence : L’Ame et la Science :



dimanche 15 mai 2016

Le soir, tombée du jour




Le soir, tombée du jour


Peinture de William Rimmer
 (1869)

Né le 20 février 1816 à Liverpool (Royaume-Uni)
Décédé le 20 août 1879, Massachusetts (États-Unis)
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« Borné dans sa nature, infini dans ses vœux,
L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux;
Soit que déshérité de son antique gloire,
De ses destins perdus il garde la mémoire;
Soit que de ses désirs l’immense profondeur
Lui présage de loin sa future grandeur :
Imparfait ou déchu, l’homme est le grand mystère.
Dans la prison des sens enchaîné sur la terre,
Esclave, il sent un cœur né pour la liberté;
Malheureux, il aspire à la félicité;
Il veut sonder le monde, et son œil est débile ;
Il veut aimer toujours : ce qu’il aime est fragile !
Tout mortel est semblable à l’exilé d’Eden :
Lorsque Dieu l’eut banni du céleste jardin,
Mesurant d’un regard les fatales limites,
Il s’assit en pleurant aux portes interdites. »

Alphonse de Lamartine

samedi 23 avril 2016

Le but de la méditation



Le but de la méditation

Le but de la méditation sera toujours la transparence de l'être humain pour la transcendance qui est présente dans le tréfonds de son être.
Cette idée est basée sur la bipolarité de l'homme : un pôle conditionné et un pôle inconditionné.
Nous pouvons nous poser la question : d'où savons-nous quelque chose de ce noyau inconditionné ? Est-ce là le fruit d'une pieuse imagination ? Est-ce le résultat d'une métaphysique spéculative ? Est-ce l'acceptation d'un dogme ?
Tout notre travail repose sur la reconnaissance d'une expérience qui mérite d'être qualifiée d'expérience de la transcendance. Cette expérience est à la base du chemin initiatique tel que l'Orient le connaît. Dès le moment où nous envisageons la chance d'une telle expérience, nous nous trouvons également sur le chemin initiatique.
Qu'est-ce que la voie initiatique ?
 C'est toujours l'effort de l'homme pour se débarrasser d'un voile qui l'empêche de voir et de sentir sa vérité authentique, sa vérité essentielle. Toujours ce chemin commence avec une expérience dans laquelle l'homme se sent touché par quelque chose de l'au-delà. Il se sent touché par quelque chose qui fait partie de lui-même, mais qu'il a apparemment perdu et qu'il lui faut retrouver. Et le chemin initiatique est cet effort systématique pour se débarrasser de ce qui cache ce tréfonds qui s'est révélé dans cette expérience. Et enfin, c'est le chemin qui engage l'homme dans un mouvement de transformation existentiel ayant pour base cette expérience.

Le travail que l'homme peut faire sur lui-même, je l'appelle le chemin initiatique. Il commence avec une expérience. Cette expérience nous fait connaître notre Être essentiel. Une telle expérience efface une fois pour toutes le doute qu'il s'agirait du résultat d'une recherche métaphysique, d'une pieuse spéculation ou d'une projection psychologique. L'Être essentiel est une réalité dont on peut vraiment faire l'expérience.
Imaginez pour un instant qu'étant dans une forêt vous n'ayez plus de noms pour ce que vos yeux rencontrent, pour ce que vos oreilles entendent, pour ce que sent votre peau. Qu'est-ce que vous rencontrez? Ce n'est pas un ça puisque vous n'avez pas de concept à votre disposition, mais vous rencontrez une vie extraordinaire qui vous fait frissonner. Et dans ce frisson, c'est vous-même que vous rencontrez d'une façon extraordinaire. Étant ainsi en vous-même dans un sens très profond et en deçà ou au-delà de tout concept, c'est le divin que vous rencontrez....chaque méditation est l'effort d'entrer dans cette solitude, ce silence.

Graf Durkheim

« Le Centre de l'être »

mardi 5 avril 2016

Le chemin de la Vie

Le chemin de la Vie

 

Christiane Singer




De notre conception à notre mort, la vie est conçue comme un chemin d’initiation, un cycle d’expériences successives. La roue qui va tourner son grand tour est à chaque point où son cercle ferré touche le sol à son point de départ. Chaque instant est le début, chaque nouveau jour, chaque nouveau livre, chaque nouvelle rencontre. A chaque moment nous commençons de neuf. […] La vie ne commence de faire mal, très mal, que lorsque nous ne nous laissons pas porter par son courant […]. Retenir le flux de l’existence, c’est oublier que la vie est l’art de la métamorphose. La femme que vous avez devant vous a déjà enterré un enfant, l’enfant qu’elle a été ; joyeux, il chantait et dansait ; puis une adolescente embarrassée de ses jambes. J’ai enterré aussi une jeune femme, une jeune mère. J’ai enterré une femme mûre. Je viens même d’enterrer la femme féconde que j’étais ; c’est-à-dire que je suis entrée dans ma seconde fécondité. Et j’enterrerai cette femme mûrissante que je suis en devenant la femme vieille qui est en moi ; puis la très vieille femme ; puis, la morte et celle qui fera le passage vers l’autre rive. 

Ainsi, chaque fois que j’ai quitté un espace, je suis entrée dans un autre. Ce n’est pas facile. C’est dur de quitter le pays de l’enfance ; c’est dur de quitter le pays de la jeunesse ; c’est dur de quitter l’épanouissement féminin, de quitter la fécondité. D’un pays à l’autre, d’un espace à l’autre, il y a le passage par la mort. Je quitte ce que je connaissais et je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas où j’entre. Traiter ce passage comme s’il allait de soi ? Bien sûr que non : ce serait légèreté. Mais, puisque plusieurs fois déjà j’ai fait l’expérience qu’en quittant un " pays " j’entrais dans un autre d’une égale richesse sinon d’une plus grande richesse, pourquoi donc hésiterais-je devant la vieillesse ? […]

(Psychologies - 1996)

« Il est essentiel de prendre soin de ce ciel en nous, invisible aux autres, de ce sanctuaire que la vie nous a édifié et que peuplent les messagers, ceux qui, de façon multiple, nous ont inspirés, conduits vers le meilleur de nous-mêmes.
Dans tous les lieux habités par la souffrance se trouvent aussi les gués, les seuils de passage, les intenses nœuds de mystère. Ces zones tant redoutées recèlent pourtant le secret de notre être au monde, ou comme l'exprime la pensée mythologique : là où se tiennent tapis les dragons sont dissimulés les trésors.
L'espoir ne doit plus être tourné vers l'avenir mais vers l'invisible. Seul celui qui se penche vers son cœur comme vers un puits profond retrouve la trace perdue. »


Extrait de la conférence « Choisis la vie et tu vivras ! » donnée à Montréal le 22 octobre 2004.

samedi 19 mars 2016

Rien n’est le fruit du hasard




Rien n’est le fruit du hasard

« Rien n'est le fruit du hasard.
 Il y a un dessein et un plan parfaits sous-jacents à toute vie, et tu fais partie de cette globalité ;  tu fais donc partie de ce dessein et de ce plan parfaits.
 Lorsque tu vois d'étranges choses se passer et que tu te demandes pourquoi elles t'arrivent, prends du temps pour voir comment tout cela s'articule,
 et tu verras qu'il y a une raison à toute chose.
Les raisons peuvent te surprendre, mais sois prêt néanmoins à les accepter et à apprendre au travers elles, et ne lutte pas contre elles.
La vie devrait se dérouler sans effort.
Une fleur ne lutte pas pour s'épanouir au soleil, alors pourquoi devrais-tu lutter pour t'épanouir par la grâce de l’amour infini du Très Haut ?
 Si c'est le cas, cela vient de toi, et cela ne fait pas partie de Son dessein et de Son plan parfaits pour toi.
 La simplicité est Son sceau, alors garde la vie simple.
 Reste sans cesse en contact avec Lui, et regarde-toi te déployer dans Son amour. »

« La petite voix » - Eileen Caddy - Le Souffle d'or (1994)


Il n’y a pas de place pour le hasard sur un échiquier, pas plus que sur celui de notre vie qui n’est qu’un équilibre entre ce que nous avons voulu et fait, et ce que nous n’avons ni voulu, ni fait. En fait le hasard n’existe pas et ce que l’on dénomme ainsi nous permet de nous exonérer de toute responsabilité vis-à-vis de nos actes en invoquant le hasard, ou encore la chance et la malchance.

Pourtant il faut prendre du recul dans le déroulement de sa vie pour en prendre conscience et saisir la véritable signification de tous les évènements qui nous ont concernés. Cette distanciation est nécessaire pour comprendre, en toute objectivité, ce que nous n’avons pas été capables de faire dans le feu de l’action.
Autrement dit, il ne fait jamais réagir à chaud, comme l’on dit communément, parce que l’on est sous le coup de l’émotion ou de la pulsion, qui dénature toujours le sens réel et authentique de l’action. En pratiquant de la sorte, on s’aperçoit rapidement que rien de ce qui nous arrive n’est le résultat du hasard ou de toute autre force arbitraire qui nous dépasse et ferait de nous son jouet.

Tout ce qui nous touche a été provoqué par nous-mêmes, soit directement, soit indirectement, soit autrement. Mais nous en sommes toujours le seul et unique dénominateur commun.
Directement, comme une maladresse, ou une imprudence, qui provoque une chute physique, un incident dans la gestion des affaires courantes ou encore une perte financière.
Indirectement, parce que notre comportement a pu provoquer, même à notre insu,  une réaction négative d’autrui, ou parce que notre attitude, froide ou indifférente, a déclenché une réaction de rancœur ou d’hostilité.
Autrement enfin, quand nous ne connaissons ni la cause ni l’origine des évènements qui nous marquent, sur lesquels nous n’avons pas de prise et pour lesquels nous n’avons, semble-t-il, aucune responsabilité. Sans doute la faute à notre karma, à nos vécus antérieurs, et à la loi de cause à effet qui en découle, mais jamais, en tout cas, à cause du hasard, le la chance ou de la malchance.

Le hasard renvoie à une absence de sens logique, au caractère totalement fortuit d’une réalité, en apparence accidentelle, et à laquelle on ne peut attribuer de raison d’être. Etymologiquement, c’est la conséquence d’un jet de dés, dont on ne peut maîtriser le résultat.
C’est un choix par défaut qui nous fait invoquer une force qui nous dépasse quand nous sommes confrontés à l’inconnu par la méconnaissance de la nature de l’évènement et par une totale incapacité à connaitre et comprendre les causes de cette manifestation. Par manque de compréhension, on sombre dans la superstition.

Selon Socrate, « La chute n'est pas un échec. L’échec c'est de rester là où on est tombé. », et il est évident que chuter et se relever relèvent de la même responsabilité, quelle que soit la cause de la chute.

Il n’y a ni hasard, ni destin, ni punition divine ; nous ne récoltons en fait que ce que nous avons semé, ici ou ailleurs.
Mais au-delà de cette responsabilité personnelle, acquise ou innée, nous restons dépendants d’un déterminisme, général et naturel, qui nous dépasse et que nous méconnaissons.

C’est Albert Einstein qui précise :
« Tout est déterminé par des forces que nous ne contrôlons pas. Tout est déterminé, pour l’insecte comme pour l’étoile. Etres humains, légumes ou poussière d’étoile, nous dansons tous au rythme d’un air mystérieux joué au loin par un joueur de flûte invisible. » Mais une fois de plus, cette porte entrouverte débouche sur une nouvelle énigme, peut-être encore plus opaque : qui est donc ce « joueur de flûte invisible » ?

« Ce que nous appelons hasard n’est et ne peut être que la cause ignorée d’un effet connu. »
Voltaire

« Le hasard, c'est peut-être le pseudonyme de Dieu quand il ne veut pas signer. »
 Théophile Gauthier

« Le hasard, c'est le déguisement que prend Dieu pour voyager incognito. »
Albert Einstein

« Ce que nous appelons le hasard n’est que notre incapacité à comprendre un degré d’ordre supérieur. »
Jean Guitton