jeudi 30 avril 2026

Attendre quoi ?

 



« Une transformation intérieure radicale et l'élévation à un nouveau niveau de conscience pourraient être le seul espoir réel que nous avons dans la crise mondiale actuelle provoquée par la domination du paradigme mécaniste occidental. »

Stanislav Grof 

Attendre quoi ?

Nous passons notre temps à attendre quelque chose de notre vie qui ne vient jamais. Que signifie cette attente et est-elle fondée ?

La singularité de cette attitude vient du fait que nous ne savons pas ce que nous attendons même si cette attente se légitime par sa certitude. Cette démarche s’effectue en dehors de toute logique puisqu’aucun but ne la justifie.

Nous avons parfois l’impression d’être incomplet, comme s’il nous manquait quelque chose sans parvenir à définir quoi. Ce sentiment peut provenir d’un vide intérieur qui nous inquiète, et la nature ayant horreur du vide nous incite à le combler.

L'éveil spirituel est un voyage fascinant et transformateur qui nous invite à explorer notre véritable essence. Voici quelques points clés pour mieux comprendre ce concept :

Transformation de la conscience :

Vivre un éveil spirituel signifie entrer dans un état de conscience où notre perception de la vie, de l'univers et de nous-mêmes se transforme. Cela peut entraîner une profonde compréhension de notre place dans le monde.

Retour à l'authenticité :

L'éveil spirituel est souvent décrit comme un chemin vers l'émancipation, permettant de revenir à notre authenticité et de découvrir notre "ultime soi".

Découverte de soi :

Ce processus est un voyage de découverte de soi, souvent accompagné d'une transformation intérieure et d'un changement de perception. Cela peut inclure des pratiques comme la méditation, le yoga, ou d'autres formes de développement personnel.

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La spiritualité ne nous épargne pas.

Elle nous apprend à choisir.

 

« Il y a une attente sourde chez beaucoup de cheminants spirituels : que comprendre suffise à alléger. Que voir les choses clairement permette de ne plus les subir. Que l'éveil soit une sorte de sortie de secours.

Mais ce qui se passe est plus étrange et plus exigeant.

La pratique ne désamorce pas les obstacles.

Elle modifie le terrain sur lequel on les rencontre. Et progressivement, elle rend visible quelque chose qu'on préférait ne pas voir : une grande partie de nos souffrances ne nous tombent pas dessus. Nous les reconduisons.

Pas par masochisme. Par habitude. Par familiarité avec ce qui nous épuise.

Il y a des difficultés qui ne mènent nulle part. Les disputes qu'on rejoue pour ne pas affronter quelque chose de plus profond.

Les liens qu'on maintient parce que les rompre engendrerait des conséquences, souvent supposées, que nous ne sommes pas prêts à assumer.

Les résistances qu'on appelle des principes. On s'y abîme, mais elles ont la forme rassurante du connu.

Et les autres difficultés. Celles qui demandent quelque chose de réel : un renoncement, un positionnement, une rupture avec une image de nous-mêmes. Elles ne sont pas douces. Souvent, elles sont bien plus déstabilisantes que les premières. Mais elles ont une orientation. Quelque chose se transforme pour de bon dans celui ou celle qui les traverse.

La tradition taoïste parlerait ici de (biàn) — le discernement, la capacité à distinguer. Non pas le bien du mal, mais le fécond du stérile. Ce qui nourrit le mouvement, le vivant en nous, de ce qui l'entrave sous des apparences de profondeur.

Ce déplacement-là ne se fait pas une fois pour toutes. Il se refait, à chaque carrefour.

Choisir l'inconfort qui structure plutôt que celui qui disperse.

Tenir une direction même quand elle coûte.

Cesser de spiritualiser ou de rationaliser ce qui demande simplement du... courage.

Le critère change. Ce n'est plus "est-ce difficile ?", parce que de toute façon, tout finit par l'être.

C'est "est-ce que cette difficulté nous engage dans quelque chose de vivant ?". Ou à minima, fait à nouveau renaître une étincelle?

La spiritualité ne simplifie pas la vie, au contraire.

Elle nous rend simplement moins disponibles pour ce qui nous consume sans nous nourrir.

Et après de nombreuses années de pratiques, souvent plusieurs dizaines, plus disponibles du tout pour autre chose que ce qui nous nourrit, tout en servant l'ensemble, et l'indicible. »

Fabrice Jordan

 

 

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