jeudi 16 décembre 2010

Morceaux choisis - Eileen Caddy


Eileen Caddy

"Cherche au fond de toi et trouve cette paix qui dépasse tout entendement; conserve-la, ce qui se passe au dehors importe peu."

« Quelles sont tes valeurs dans la vie ? Si elles sont simplement les valeurs matérielles qui sont ici aujourd’hui et auront disparu demain, tu peux passer ta vie à tourner en rond comme un écureuil dans une cage : il ne va nulle part. Mais si tu recherches les chemins de l’Esprit, il faut que tu cherches à l’intérieur pour les trouver, et cela ne peut se faire qu’en étant tranquille et en faisant émerger ces trésors sans prix qui sont au fond de toi.
Tu ne les trouveras pas à l’extérieur, car tu as en toi tout ce qui importe dans la vie. Tu es libre de faire ton propre choix en ce qui concerne les choses qui importent. Personne ne va essayer de t’influencer, car chaque âme a le libre arbitre. Il dépend de toi de faire de ta vie un désastre ou une réussite. La lumière est là ; pourquoi ne pas la suivre ? L’amour est là ; pourquoi ne pas l’accepter ? Rien ne t’est refusé quand tu le recherches de tout ton cœur, de toute ton intelligence, de toute ton âme et de toute ta force. »

« Ne ferme jamais, à aucun moment, ton cœur ni ton esprit.
Ne crains jamais le nouveau, l'étrange, le non conventionnel.
Sois prêt et préparé à écouter ton intuition,  l'inspiration qui peut révéler quelque chose de si complètement nouveau pour toi que cela peut même n'avoir ni forme ni substance, et que tu peux même avoir à l'habiller de mots.
La fierté intellectuelle peut être un handicap au long de ce chemin spirituel et une véritable pierre d'achoppement pour la Vérité.
Ce n'est pas de l'intellect dont tu as besoin; c'est de l'inspiration et de l'intuition. L'intellect vient de l'extérieur, alors que l'inspiration et l'intuition viennent de l'intérieur et ne peuvent être influencées par quoi que ce soit d'extérieur.

Laisse venir de l'intérieur ce que tu apprends; inspire-toi de tout ce que tu as au-dedans de toi. Tu seras ébahi de tout ce que tu recèles.
C'est sans limite, car cela vient du Très Haut, Qui est sans limite, et tout ce qui est de Lui est sans limite et éternel. »
La petite voix : Eileen Caddy. Le Souffle d'or (1994).

"Le joueur" d'Odilon Redon

dimanche 12 décembre 2010

L’initiation aujourd’hui






L’initiation aujourd’hui

L’initiation requiert, pour voir le jour, un profond sentiment de mal être dans sa vie, une incompréhension manifeste se transformant rapidement en une insatisfaction chronique et croissante. A partir de ce moment, le postulant va chercher à comprendre la règle du grand jeu de la vie et se mettre en marche sur le chemin spirituel.

L’initiation est un chemin, long et difficile, qui passe par l’accès à un enseignement traditionnel lequel permet la réalisation de l’être spirituel en soi, c’est-à-dire le retour à notre condition originelle de pur esprit.

Ceci implique donc pour le postulant une dynamique, une quête et une récompense. Selon Guénon, la réalisation spirituelle implique l’identification effective aux états de l'être supérieurs à l’état humain (car l'individu humain n'est pas un système clos), jusqu'à son Identité suprême  avec le Principe. Il affirme clairement la nécessité du rattachement à une forme traditionnelle authentique et continuellement vivante depuis son origine, laquelle est nécessairement supra-humaine. Il met en exergue la fonction de l’intuition spirituelle, réveillée par la concentration et la méditation sur les symboles (d’origine supra-humaine) visuels (yantras) ou auditifs (mantras, Noms Divins).

L’enseignement traditionnel ne change pas, il est toujours le même puisqu’il est immuable ; par contre, les capacités de compréhension de l’homme se transforment en fonction de l’évolution générale de l’humanité. C’est ainsi que très longtemps l’accès à toute initiation fut réservé à des groupes secrets détenant des pouvoirs occultes. Depuis les écoles des mystères, l’enseignement était collectif, assorti de rituels et épreuves de sélection, permettant de faire un tri parmi les candidats. Les progrès spirituels de l’humanité, même s’ils sont lents et difficiles, ont permis aujourd’hui d’accéder individuellement au parcours initiatique.

Les sociétés secrètes, qui se sont maintenues et continuent de délivrer un enseignement soit disant initiatique, dans des protocoles carnavalesques, n’ont pour but que de constituer et entretenir des réseaux d’influence dont le but unique est le pouvoir séculier et la satisfaction du culte de l’ambition. En fait, tout en haut de la pyramide, sans que la base ne s’en doute jamais, on trouve inexorablement  des représentants des forces noires qui ont pour mission d’asservir et d’exploiter l’humanité à des fins inavouables. Le salut est dans la fuite pour tous ceux qui se sont enrôlés sous ces bannières maudites, avant que la sanction définitive qui approche, à grands pas, ne se réalise avec l’éradication de tous ces systèmes mafieux qui gangrènent l’humanité.

Il y a donc nécessité pour le chercheur sincère à vouloir entamer une recherche personnelle, intime et profonde, qui débouchera à son terme et progressivement, sur un changement de nature énergétique et sur une mutation totale de son essence existentielle.

« L’ésotériste est nécessairement un « marcheur solitaire », un « coureur des bois », un aventurier de l’Esprit. Il cherche le contact direct avec la Lumière intérieure, le Soi, le Divin, dans son « lieu » qui est sans lieu, et son temps qui est hors du temps. L’éveil ne peut passer que par la révolte contre l’existence ordinaire; sinon, c’est l’interminable sommeil » écrit Yves Albert DAUGE (L’ésotérisme: pourquoi faire ?)



Edouard Schuré ajoute qu’ « il faut mesurer la vérité selon les intelligences, la  voiler aux faibles qu’elle rendrait fous, la cacher aux méchants, qui ne peuvent en saisir que des fragments dont ils feraient des armes de destruction. Renferme-la dans ton cœur et qu’elle parle par ton œuvre. La science sera ta force, la foi ton épée et le silence, ton armure infrangible. »



Pour Rudolph Steiner, « les degrés établis par la tradition … sont les trois suivants:



1. La préparation. — 2. L'illumination. — 3. L'initiation.

Il n'est pas absolument nécessaire que ces trois degrés se suivent dans un ordre rigoureux, que le premier soit entièrement franchi avant le deuxième, et celui-ci avant le troisième. On peut participer déjà, sous certains rapports, à l'illumination, voire partiellement à l'initiation, et sous d'autres rapports se trouver encore à la préparation. Il faut avoir consacré toutefois un certain temps à la préparation avant qu'une illumination ne puisse poindre. Et cette illumination doit s'être produite au moins sur certains points si l'on doit aborder l'initiation. Mais pour simplifier la description, nous décrirons ici les trois degrés l'un après l'autre. »



« Quand tu penseras avoir tout perdu, alors tu auras tout gagné. »



« C’est quand tu ne crois plus à rien, quand tes projets s’effacent, tes espoirs disparaissent et tes valeurs vacillent, quand tu ne rencontres autour de toi que la solitude et l’indifférence, quand tu cherches vainement à quoi te raccrocher et quel sens donner à ta vie et que, pour toute réponse, retentissent en toi l’écho du silence et l’émoi du désarroi, c’est  à ce moment-là que la réponse t’est donnée.



Paroles paradoxales mais authentiques, qui traduisent la nécessité de nettoyer au préalable et de niveler le terrain, de détruire la vieille bâtisse avant de vouloir édifier  toute construction nouvelle. Car il faut détruire pour pouvoir construire, la réussite est à ce prix et la libération est au bout de ce chemin.



Paroles de sagesse qui te rappellent que pour libérer l’être spirituel en toi, tu dois nettoyer ta personnalité, calmer le mental et pacifier l’ego ; la réussite est à ce prix et le travail à faire uniquement sur toi-même. »

 (Communication avec Hanx)



« Sans l'initiation, l'homme ne pourrait acquérir que dans un avenir éloigné, après de nombreuses incarnations, par une voie et sous une forme tout autre, le savoir et le savoir-faire qu'elle confère. Celui qui est initié aujourd'hui expérimente ce qu'il n'aurait été appelé à connaître que bien plus tard et dans des circonstances très différentes.

Courage et confiance en soi sont deux lumières qu'on ne doit pas laisser s'éteindre sur le sentier. »



R. Steiner



"Savez-vous à quoi l'homme est appelé?

Savez-vous ce que l'homme peut faire?

Nous sommes d'Origine Divine!

Nous avons été créés à l’Image de Dieu, en nous luit l'étincelle divine.

Il ne s'agit pas là de mots faciles et gratuits, mais de Vivantes Flammes de la Vérité Éternelle."


Jan van Rijckenborgh



" Pour arriver à l'initiation, il faut s'enfoncer au plus profond de soi."



Louis-Claude de Saint-Martin

Morceaux choisis - René Guénon

« Et in Arcadia ego » de Nicolas Poussin


De la mort initiatique

« La « seconde mort », …, n’est autre que la « mort psychique » ; on peut l’envisager comme susceptible de se produire, à plus ou moins longue échéance après la mort corporelle, pour l’homme ordinaire, en dehors de tout processus initiatique ; mais alors cette seconde mort ne donnera pas accès au domaine spirituel, et l’être sortant de l’état humain, passera simplement à un autre état individuel de manifestation.

Il y a là une éventualité redoutable pour le profane, qui a tout avantage à être maintenu dans ce que nous avons appelé les « prolongements » de l’état humain, ce qui est d’ailleurs dans toutes les traditions, la principale raison d’être des rites funéraires. Mais il en va tout autrement pour l’initié, puisque celui-ci ne réalise les possibilités mêmes de l’être humain que pour les dépasser, et qu’il doit nécessairement sortir de cet état, sans d’ailleurs avoir besoin pour cela d’attendre la dissolution de l’apparence corporelle, pour passer aux états supérieurs.



Ajoutons encore, pour n’omettre aucune possibilité, qu’il est un autre aspect défavorable de la « seconde mort », qui se rapporte proprement à la contre-initiation; celle-ci, en effet, imite dans ses phases l’initiation véritable, mais ses résultats sont en quelque sorte au rebours de celle-ci, et, évidemment, elle ne peut en aucun cas conduire au domaine spirituel, puisqu’elle ne fait au contraire qu’en éloigner l’être de plus en plus.

 Lorsque l’individu qui suit cette voie arrive à la « mort psychique », il se trouve dans une situation non pas exactement à celle du profane pur et simple, mais bien pire encore, en raison du développement qu’il a donné aux possibilités les plus inférieures de l’ordre subtil ; mais nous n’y insisterons pas davantage, … , car, à vrai dire, c’est là un cas qui ne peut présenter d’intérêt qu’à un point de vue très spécial, et qui, en tout état de cause, n’a absolument rien à voir avec la véritable initiation. »


René Guénon  « Aperçus sur l’initiation »

"Gnome" d'Odilon Redon

jeudi 9 décembre 2010

Guérison & vibration


Guérison & vibration 


« L’Homme est de nature binaire : un corps de consistance physique et son double de nature quantique. L’être humain est un ensemble indissociable. Le corps humain matérialise une condensation d’énergie.

A l’échelle atomique, notre corps se renouvelle entièrement tous les quatre ans. Le pancréas remplace la majorité de ses cellules chaque jour, les cellules de la muqueuse de l’estomac le sont tous les trois jours, les globules blancs tous les dix jours, celles de la peau une fois par mois, notre cœur bat 100 mille fois par jour, nos poumons respirent 25000 fois par jour, à chaque seconde dix millions de nos cellules meurent par apoptose (suicide cellulaire, qui remet les cellules à l’échelle moléculaire sans laisser de traces), et sont remplacées par d’autres, tout cela dans une parfaite harmonie. La satisfaction de tous les besoins vitaux de l’homme est possible sur terre.
 Nous ne pouvons concevoir une existence de l’humanité aussi bien faite que ce qu’elle est, sans remède adéquat traitant ses maux. Pour vivre, on a besoin d’eau. Nous n’allons pas la chercher sur la lune ou la synthétiser. Il en est de même pour l’oxygène qui existe à l’état naturel sur terre. Toutes les fabrications ou transformations vont dans le sens du confort et du bien être, mais nullement pour un besoin vital. Les remèdes pour toutes les maladies doivent aussi exister sur terre, mais leur usage doit se conformer à certaines méthodologies et états de conscience.

Le cancer est une maladie qui existait depuis l’antiquité, l’un des pharaons en était atteint (ostéosarcome, détecté sur ses ossements par les moyens modernes de l’imagerie). Il serait aberrant d’invoquer à l’époque de l’ancienne Egypte, l’alimentation ou la pollution atmosphérique comme cause du cancer. Les officiels ne peuvent admettre que les causes des cancers et de toutes les maladies graves chroniques et incurables soient d’ordre psychosomatique. La notion de terrain ne sert que pour mieux lutter contre une maladie, mais n’empêcherait pas l’instauration de cette dernière. Approuver cela, signerait nettement l’arrêt de la recherche actuelle pour changer d’orientation, et aboutir au fait que le mental (en réalité un certain état de conscience) serait aussi capable d’arrêter le cancer comme il a pu le déclencher. Le corps humain est totalement auto-réparateur à condition qu’on lui donne les moyens nécessaires pour pouvoir réaliser la guérison.

Tout porte à croire que les maladies naissent quand la personne se détache d’un certain état de conscience qui fait souvent défaut de nos jours, de sa spiritualité originelle ! Remettre les drames de la vie à une échelle supérieure et les accepter ne déclencheraient point une maladie grave conséquente.


Le temps s’arrête normalement dans trois circonstances, en cas de sommeil, en cas de méditation profonde ou en cas de mort. Donc une maladie chronique, au niveau d’un organe ou une partie de ce dernier, traduit sa mort expressionnelle totalement ou partiellement. Mort non définitive puisque la personne est encore vivante. Faire revivre cet organe : est-ce possible et comment ? Il suffit de lui redonner le " temps " afin de le ramener au présent. Prenez l’exemple d’une terre aride et non irriguée depuis des années. Comment voulez vous la faire revivre ? Certainement pas avec des moyens physiques ou chimiques. Il suffit simplement d’irriguer le sol avec de l’eau. La même eau fait pousser du blé ou des pommes de terre ou du riz, une seule eau est valable pour tous types de plantations. Au niveau du corps, le concept est similaire, mais dans ce cas ce n’est pas l’eau qu’il faudrait donner, mais c’est plutôt le temps qui doit pouvoir y revenir et s’y installer. Le FRACTAL est un support vibratoire qui donne le temps. Le temps s’écoule comme l’eau, nous le subissons, et quelque chose d’extraordinaire fait que demain sera maintenant ; donner de l’amour ne suffit pas pour guérir, combien de malades sont morts dans les bras de leurs mères ou parents ; d’ailleurs l’amour s’identifie à la haine, comme la lumière qui s’identifie à l’obscurité ; le temps, lui, est le support de tout et rien , rien car le présent n’existe pas non plus puisque maintenant est déjà passé depuis une seconde : vous n’avez qu’à regarder votre montre, vous verrez que l’aiguille ne s’arrête pas ( enfin si c’est une montre de bonne marque !).

Donc donner du temps c’est ramener au présent, or ce présent n’existe pas, donc c’est ramener à rien car on n’est rien, et si précieux en même temps. La vie est mortelle or la mort est éternelle, on naît seul et on mourra seul. Gommer ces images figées de notre conscient est une priorité libératrice, mais le pire ce sont les images inconscientes desquelles on ne se rappelle plus ou pas. Soit parce que les évènements se sont passés dans l’enfance, ou même au stade fœtal de la conception, soit qu’ils appartiennent à l’époque de nos ancêtres, peut-être déjà morts, et qu’ils nous sont transmis génétiquement, dans l’attente d’une actualisation.

Or ramener un corps au temps du présent est une tâche assez ardue et difficile, car une évolution de l’état de conscience doit suivre en même temps. La solution passera par la dissolution du moi, de l’ego de la personne, ce qui donnera la vie au cœur en retour, et si le cœur voit tous les organes le suivront et verront. Se rattacher à un espace temps éternel c’est s’assimiler à une divinité, ce qui actualise au niveau du physique des maladies chroniques éternelles dans un corps qui lui, est mortel.
" Vous êtes plus important que vous-même. L’être humain est plus important que lui-même. L’univers est dans l’Homme, dans l’Homme aussi il y a l’univers, le macro cosmos dans le micro cosmos.
Le Professeur Aziz El Amrani (Professeur en médecine au Maroc) cite dans une revue de la SIRES (Bordeaux) :
 " Tout corps est la résultante d’une impulsion potentielle, dont le développement se déroule selon une trilogie, la programmation vibratoire, qui prépare le champ à une potentialisation énergétique, pour aboutir à une densification de la matière.
 Chaque type de pensée crée une perturbation au sein de ce champ vibratoire et déclenche toute une cascade d’événements vibratoires qui cristalliseront des états physiologiques correspondants. À chaque instant on peut dire qu’on est en présence d’un corps en perpétuel changement (...) Tout est dans tout et la partie révèle le tout...... Le système nerveux humain ou plus exactement le cerveau, joue le rôle de filtre des événements et de ce fait entre en résonance avec le champ vibratoire de structure (...) si par un quelconque événement émotionnel intense, la résonance se trouve perturbée, il s’ensuit qu’une région neuronale va vibrer différemment des autres, générant ainsi un effet déstructurant sur l’entité vibratoire de l’individu. Lequel va créer par voie de conséquence, un état physiologique correspondant. "


« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »
disait déjà Rabelais au XVIème siècle.
Mais, quand les deux s’allient, on débouche immédiatement sur la guérison spirituelle.
Que de temps perdu et quel gâchis ; si seulement l’homme voulait, si seulement l’homme pouvait... 


Morceaux choisis - Krishnamurti


Krishnamurti


” Quand l'homme se libère de l'expression sociale de son envie, de son ambition, de son arrogance, de sa réussite, de son statut — quand il se libère de tout cela, c'est alors qu'il est complètement seul. Et c'est tout autre chose. Alors est une immense beauté, alors est la sensation d'une immense énergie.”

Extrait du livre “Le Livre de la Méditation et de la Vie ”


La mutation psychologique


« Si c’était un processus évolutif, je ne l’appelle rais pas mutation. Une mutation est un changement d’état brusque.
L’homme qui ne vit plus aucune expérience est un homme éveillé. Mais voyez ce qui se passe partout : on recherche toujours des expériences plus profondes et plus vastes. On est persuadé que vivre des expériences, c’est vivre réellement. En fait, ce que l’on vit n’est pas la réalité, mais le symbole, le concept, l’idéal, le mot. Nous vivons de mots. Si la vie dite spirituelle est un perpétuel conflit, c’est parce qu’on y émet la prétention de se nourrir de concepts comme si, ayant faim, on pouvait se nourrir du mot « pain ». Nous vivons de mots et non de faits. Dans tous les phénomènes de la vie, qu’il s’agisse de la vie spirituelle, de la vie sexuelle, de l’organisation matérielle de nos affaires ou de nos loisirs, nous nous stimulons au moyen de mots. Les mots s’organisent en idées, en pensées et, sur ces stimulants, nous croyons vivre d’autant plus intensément que nous avons mieux su, grâce à eux, créer des distances entre la réalité (nous, tels que nous sommes) et un idéal (la projection du contraire de ce que nous sommes). Ainsi, nous tournons le dos à la mutation.
Mourez au temps, aux systèmes, aux mots.
Mourez à la Durée. Mourez à la conception total du Temps : au passé, au présent et au futur. Mourez aux systèmes, mourez aux symboles, mourez aux mots, car ce sont des facteurs de décomposition. Mourez à votre psychisme car c’est lui qui fabrique le Temps psychologique.
Ce Temps n’a aucune réalité.»

La peur

« La peur est Temps et Pensée. Nous donnons une continuité à la peur au moyen de la pensée, et au moyen de la pensée nous donnons une continuité au plaisir. Ce fait est simple : en pensant à l’objet de notre plaisir, nous conférons au plaisir une continuité, et nous faisons de même pour la peur, en pensant à l’objet de notre peur. Si j’ai peur de vous - ou de la mort, ou d’autre chose -, je pense à vous ou à la mort et j’entretiens ainsi la peur. Si, par contre, il nous arrive de rencontrer face à face l’objet de notre peur, celle-ci cesse.
La peur est toujours la peur de quelque chose. Examinez la question très attentivement et vous le verrez. Toute peur, même inconsciente, est le résultat d’une pensée. La peur généralement répandue dans tous les domaines et la peur psychologique, à l’intérieur du moi, sont toujours la peur de ne pas être. De ne pas être ceci ou cela, ou de ne pas être tout court. La contradiction évidente entre le fait que tout ce qui existe est transitoire et la recherche d’une permanence psychologique, voilà l’origine de la peur. Pour être libéré de la peur, on doit explorer l’idée de permanence dans sa totalité. L’homme qui n’a pas d’illusions n’a pas peur. Cela ne veut pas dire qu’il soit cynique, amer ou indifférent. »

Extraits de « Entretien avec Krishnamurti »
par Carlo Suarès
(revue Planète, n°14 / jan-fév. 1964)