dimanche 30 octobre 2022

Ainsi parlait Lucian Blaga

 

“Après avoir découvert que la vie n’a aucun sens, il ne nous reste rien d’autre à faire que de lui donner un sens.”

Lucian Blaga - Pierres pour mon monument

Lucian Blaga, poète roumain, né le 9 mai 1895, mort le 6 mai 1961. Philosophe, théologien et poète, Voilà cent vingt ans naissait Lucian Blaga. Poète, dramaturge, philosophe. Avant tout poète, le plus grand poète roumain du XXe siècle, l’une des grandes voix européennes..

 

Autoportrait

Lucian Blaga est muet comme un cygne.
Dans sa patrie la neige de l'être tient lieu de mots.
Son âme est en quête, quête muette et séculaire,
depuis toujours, jusqu'à l'ultime frontière.

Il va cherchant l'eau où boit l'arc-en-ciel.
Il va cherchant l'eau où l'arc-en-ciel
boit sa beauté et son néant.
 

La grande traversée

Le soleil au zénith tient la balance du jour.

Le ciel se donne aux eaux d’en bas.

En passant, les bestiaux aux yeux sages

regardent sans épouvante leur image dans les rivières.

Les feuillages profonds referment leur voûte

sur une longue et ancienne histoire.

 

Rien n’aspire à être autrement.

Seul mon sang crie à travers les forêts

après sa lointaine enfance,

comme un vieux cerf

à la recherche de sa biche perdue dans la mort.

 

Peut-être a-t-elle péri sous les rochers,

la terre l’a peut-être engloutie.

J’attends en vain de ses nouvelles,

seules les grottes résonnent,

et les ruisseaux demandent à couler en profondeur.

 

Sang muet,

oh si seulement les bruits se taisaient, comme on entendrait

les pas de la biche à travers la mort.

J’avance hésitant sur mon chemin –

et comme l’assassin qui bâillonne

un cri vaincu,

je ferme avec mes poings toutes les sources

pour qu’elles se taisent à jamais,

à jamais. 

(L’étoile la plus triste ; traduit du roumain par Sanda Stolojan)


Le secret de l’initié  (1924)

Dernier jour. Homme, c’est vrai :

De tout ce qui a été,

Rien n’a changé.

En haut, tourne le même ciel,

En bas, s’étend la même terre.

Mais un chant a surgi, au large,

Profond et mystérieux, au large.

On dirait que, dans les profondeurs, les cercueils

Ont cédé et que s’en sont envolés

Vers le ciel d’innombrables alouettes.

Homme, le jour du jugement

Est pareil à tout autre jour.

Fais plier tes genoux,

Tords-toi les mains,

Ouvre les yeux, étonne-toi.

Homme, je t’en dirais bien davantage,

Mais c’est en vain…

D’ailleurs, des étoiles se lèvent

Et me font signe de me taire.

Et me font signe de me taire.

 

Dans la grande traversée (1924) – Traduit par Philippe Loubière


Un homme se penche 

Je me penche :

suis-je au-dessus de la mer

ou bien sur la margelle d’une pauvre pensée ?

 – Je ne sais. 

Mon âme roule jusqu’au fond

telle une bague qui glisse

du doigt émacié par la maladie.

Viens, ô fin ! répands ta cendre sur toutes choses.

Il n’y a plus d’appel pour m’étourdir,

ni de chemin qu’il me tarde de parcourir.

Viens, ô fin.

 

Accoudé une fois encore

à ras de terre je me soulève,

l’oreille à l’écoute.

Il me semble entendre au loin

une eau frappant un rivage.

Autrement rien, rien,

rien.

L’étoile la plus triste; traduit par Sanda Stolojan

 

J’attends ma nuit profonde

Dans la voûte étoilée, là nage mon regard -

mais je sais que je porte aussi moi en mon âme

de multiples étoiles

et des voies lactées innombrables,

splendeurs des ténèbres.

Mais je ne les vois pas,

j’ai trop de soleil en moi

et je ne peux les voir.

J’attends que mon jour se couche

et que mon horizon ferme ses paupières,

j’attends ma nuit profonde, nuit et douleur,

que dans mon ciel tout s’obscurcisse

et qu’alors en moi se lèvent des étoiles,

mes étoiles,

que je n’ai encore

jamais vues.

(Dans le grand passage)


Aux lecteurs

Ici c’est ma maison. Au-delà le soleil et le jardin avec ses ruches.

Vous passez sur la route, regardant au travers des grilles de ma porte

attendant que je parle.

 - Par où commencer?

Croyez-moi, croyez-moi,

on peut parler de tout et de n’importe quoi:

du sort, du serpent du bien,

des archanges qui labourent avec leur charrue

les jardins des hommes,

du ciel vers lequel nous nous dressons,

de la haine et de la chute, des tristesses et des crucifixions,

et, avant tout, de la grande traversée.

 

Mais les mots ne sont que les larmes de ceux qui auraient tant voulu

pleurer, mais n’ont pas pu.

Combien amère est toute parole

c’est pourquoi, laissez-moi

marcher en silence parmi vous,

et venir à votre rencontre les yeux fermés.

vendredi 14 octobre 2022

Réincarnation


 Réincarnation

« Tout comme l’on jette les vêtements usagés pour en revêtir de neufs,

Ainsi l’âme incarnée jette-t-elle les corps usés pour en revêtir de nouveaux » ? 

Bhagavad Gitâ

« Le temps ne paraît long qu'à nous. Aux yeux de Dieu, il n'existe pas. Nos siècles ne comptent pas dans l'éternité, et nous sommes vivants et agissants avec Dieu dans l'éternité, car nous mourons pour renaître et progresser. Chaque existence est la récompense ou le châtiment de celle qui l'a précédée. Chaque vertu amasse pour notre prochaine réapparition sur la terre un trésor de dédommagement et de force nouvelle. » 

George Sand 

« Je regarde avec stupéfaction les penseurs chrétiens qui osent croire en Dieu, sans admettre la réincarnation. C'est croire à la cime, tout en refusant la base. Ils trahissent la pensée du Christ, ils obscurcissent l'univers. Plutôt le néant que les folies théologiques ! Mais le dilemme ne s'impose pas. Entre le gouffre de la mort totale et l'abîme de l'enfer éternel, s'élève en essor d'arc-en-ciel, le pont de la transmigration des âmes. »

François Brousse : Les Mystères de la Mort

 

 

J.L. Siemons souligne fort bien la succession morts-gestations-renaissances qui marque le destin du soi-ego :

« — le Soi-Ego — notre individualité permanente — est le héros central et le bénéficiaire de tout le drame posthume ;

— les instruments (physique et psychique) qu’il a employés sur terre lui étant devenus désormais inutiles pour vivre les phases clefs de son expérience, il les rejettera l’un après l’autre, selon un programme naturel et précis ;

— chacun de ces rejets constitue une sorte de mort, suivie d’une naissance à un autre état de conscience, après une période d’attente nécessaire au changement de niveau ;

— ce temps de transition correspond à une gestation : pour s’adapter à un nouveau mode d’expérience (ou de vibration), l’instrument qui va servir de base à la conscience doit être élaboré et accordé à ce type de vibration ;

— à chaque grande phase, un tri s’opère entre l’essentiel et ce qui lui servait de gangue, l’important qui mérite d’être conservé étant transféré par l’Ego au niveau supérieur, et l’accessoire sans valeur étant abandonné sur le plan correspondant, pour être décomposé et recyclé de quelque manière.

Au bout de toutes ces métamorphoses alchimiques, il ne restera plus rien de la personnalité, dans la structure qu’elle avait sur terre : tout ce qui était vivifiant en elle, et homogène à la nature spirituelle du Soi, lui aura été soutiré, le reste éliminé. Le Soi-Ego pourra dès lors affronter une nouvelle incarnation, sans s’encombrer du personnage précédent qu’il a animé. »

 

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L’auteur en vient alors à définir six étapes-clefs de ce devenir :

la mort physique qui dégage le corps astral ; la transition de la vie physique à la vie astrale ; la vie astrale, où s’opère l’OEuvre au noir pour reprendre le langage de l’alchimie, suivie d’une seconde mort ;

la transition de la vie astrale à la vie spirituelle que prolonge l’OEuvre au blanc : c’est le paradis chrétien, le svarga hindou, le sukhâvati bouddhiste, le devachan tibétain ;

une troisième mort advient alors qui permet la transition de la vie spirituelle à la vie physique et qui aboutira à une nouvelle incarnation.

L’homme finira par s’affranchir de ces alternances mort-renaissance s’il parvient à construire les jonctions « assurant la permanence de la conscience réfléchie d’un bout à l’autre du spectre des états d’existence accessible à l’être humain. » 

Grâce à l’OEuvre au rouge il connaîtra l’Immortalité consciente, lors du grand Eveil final.

« Au cœur de l’être dont les battements marquent les alternances de la vie et de la mort résonne le grand chant profond en écho à l’harmonie de l’univers : à chaque pulsation grandit la flamme d’Or qui est la seule promesse du grand embrasement au jour fixé où l’homme redeviendra dieu. Une fois déchiffrée, l’immense énigme de la Nature miséricordieuse. Mort-Vie — Mystère inouï de l’amour sans fin à découvrir ».

J.L. SIEMONS, Mourir pour renaître, Paris, Laffont, 1984

 

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 « La mort est la clef qui ouvre la porte de la vie. C’est en acceptant la finitude de l’existence individuelle qu’on peut trouver la force et le courage de rejeter ces rôles et attentes extrinsèques et consacrer chaque jour de sa vie, si longue qu’elle soit à croître aussi pleinement que possible. 

Il faut apprendre à utiliser ses ressources intérieures, à se définir selon son propre système d’évaluation intérieur plutôt que d’essayer de se conformer à un rôle stéréotypé quelconque. C’est pour une part la dénégation de la mort qui fait mener aux gens ces vies vides et sans but : car en vivant comme si on allait vivre toujours, il est trop facile de remettre à plus tard ce qu’on sait devoir faire.

On vit dans l’attente du lendemain ou le souvenir du passé et entre temps chaque jour se perd. Celui qui, au contraire, comprend que le jour auquel il s’éveille pourrait être le dernier prend le temps de croître ce jour-là, de devenir lui-même et de rejoindre les autres ».

E. Kübler-Ross 

 

Communications avec Kori (26)

Vie et karma

« Le chemin se fait au jour le jour, mais le marcheur n’en prend conscience qu’en prenant en compte le trajet parcouru ; pour l’initiation, la démarche est identique et il faut revenir au début pour apprécier où on se situe aujourd’hui. C’est rassurant et encourageant ; si l’on ne pratique pas ainsi, et regarde uniquement devant soi ce qui reste à faire, on a le sentiment que rien n’a été fait et on perd confiance en soi. Tout est une question de méthode et de regard.
 

La perception de la vie s’analyse de la même façon ; c’est en repartant de l’enfance qu’on retrouve les principales étapes qui ont jalonné notre existence et les carrefours où nous avons choisi les directions à prendre. Ces choix de vie sont de notre entière responsabilité et correspondent à l’application du libre arbitre, qui est à la base même du système réincarnationniste. Il est vrai qu’on ne comprend pas toujours les choix de vie effectués et souvent, quand on fait un bilan à l’automne de sa vie, on a du mal à en comprendre sa trajectoire. C’est tout à fait normal et dû au fait que les raisons de certains de ces choix correspondent à des obligations qu’on s’est imposées lorsqu’on a choisi les conditions de la réincarnation. Or, une fois incarné, la mémoire de ces impératifs librement consentis a disparu.
 

Il y a donc un libre arbitre à deux vitesses, hors incarnation et en incarnation, l’un dont on est conscient et l’autre pas. C’est cela qui pousse certains à penser qu’ils sont poursuivis par la malchance et que le sort s’acharne contre eux. Il n’en est rien ; tout ce qui se passe a été voulu et programmé dans le cadre du karma, la loi de cause à effet qui détermine les humains. Mais cette notion karmique est complexe car elle se décline à plusieurs niveaux, qu’on n’envisage pas toujours ; il y a un karma personnel, mais il y a aussi des karmas collectifs (famille, race, pays, civilisation) et des karmas cosmogoniques (terre, planètes, cosmos).
 

On peut se demander quelle marge de manœuvre il reste à l’être intriqué dans tous ces conditionnements, un fois incarné sur terre. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au moment de son choix, l’entité est parfaitement consciente de tous ces paramètres et qu’elle les prend en compte dans son futur projet de vie. Chacun sélectionne son parcours du combattant en fonction des critères propres à son évolution personnelle et spirituelle.

Ce n’est donc pas un hasard si autant d’entités sont venues en incarnation, à l’heure actuelle, sur terre. Vous êtes à une étape capitale de l’évolution globale de l’humanité et le fait d’y participer peut être décisif pour l’accélération de l’évolution spirituelle de chacun. En effet, c’est en temps de crise que se révèlent les valeurs authentiques, dans la réussite comme dans l’échec, dans la victoire comme dans la défaite. C’est confronté à toutes ces difficultés que l’être va se confronter à lui-même et c’est là-dessus qu’il sera jugé pour la suite à donner à sa trajectoire spirituelle.

Et il sera le premier à se juger dés qu’il aura transité de l’autre côté du miroir, où au lieu d’apercevoir son apparence, il retrouvera son être réel délivré de l’illusion. »

 

samedi 24 septembre 2022

L’erreur spirituelle

 

L’erreur spirituelle


"Pour comprendre comment les énergies psychiques circulent et travaillent dans l’homme, il faut observer comment elles circulent et travaillent dans la nature.

Regardez un arbre : plus son tronc et ses branches s’élèvent, plus ses racines s’enfoncent profondément dans le sol. C’est un système de compensation que l’on retrouve dans tous les plans, qu’ils soient physique, psychique ou spirituel.

Donc, plus l’homme tend à s’élever dans sa conscience, plus il descend dans son subconscient. Chaque niveau de conscience représente des courants, des forces, des entités, et il doit veiller à tenir ces deux mondes en équilibre.

La grande erreur de ceux qui décident d’embrasser la vie spirituelle, c’est de négliger la réalité du monde obscur qu’ils portent en eux. Ils s’imaginent qu’il suffit de vouloir travailler pour la lumière, de vouloir être sages, justes et désintéressés pour y parvenir effectivement.

Eh non, malheureusement non.

Et c’est ainsi que l’on voit des personnes parler d’amour spirituel, de sentiments nobles et désintéressés, alors qu’elles vivent dans le désordre des passions.

Et d’autres s’imaginent qu’elles se sont consacrées à un idéal, alors qu’en réalité elles sont en train de donner libre cours à leur vanité, à leur besoin de dominer les autres.

Vous direz : « Mais pourquoi ? Elles sont hypocrites, elles manquent de sincérité ? »

Non, il peut y avoir chez elles de réelles aspirations spirituelles ; seulement il ne suffit pas d’« aspirer » pour réaliser !

Et si l’on ne fait pas l’effort d’entrer en soi-même pour comprendre les structures et les mécanismes du psychisme humain, on va au devant des pires contradictions."

Omraam Mikhaël Aïvanhov

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« Il n’y a pas d’éveil de la conscience sans douleur. Les gens feront n’importe quoi, aussi absurde que ce soit, afin d’éviter de faire face à leur âme. Nous ne devenons pas illuminés en imaginant des formes lumineuses, mais en prenant conscience du mal »
C.G. Jung

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« Tant que la connaissance n’est que par le mental, elle n’est qu’une simple connaissance « par reflet », comme celle des ombres que voient les prisonniers de la caverne symbolique de Platon, donc une connaissance indirecte et tout extérieure ; passer de l’ombre à la réalité, saisie directement en elle-même, c’est proprement passer de l’« extérieur » à l’« intérieur », et aussi, au point de vue où nous nous plaçons plus particulièrement ici, de l’initiation virtuelle à l’initiation effective.

Ce passage implique la renonciation au mental, c’est-à-dire à toute faculté discursive qui est désormais devenue impuissante, puisqu’elle ne saurait franchir les limites qui lui sont imposées par sa nature même ; l’intuition intellectuelle seule est au delà de ces limites, parce qu’elle n’appartient pas à l’ordre des facultés individuelles. On peut, en employant le symbolisme traditionnel fondé sur les correspondances organiques, dire que le centre de la conscience doit être alors transféré du « cerveau » au « cœur »; pour ce transfert, toute « spéculation » et toute dialectique ne sauraient évidemment plus être d’aucun usage ; et c’est à partir de là seulement qu’il est possible de parler véritablement d’initiation effective.

Le point où commence celle-ci est donc bien au delà de celui où finit tout ce qu’il peut y avoir de relativement valable dans quelque « spéculation » que ce soit ; entre l’un et l’autre, il y a un véritable abîme, que la renonciation au mental, comme nous venons de le dire, permet seule de franchir. Celui qui s’attache au raisonnement et ne s’en affranchit pas au moment voulu demeure prisonnier de la forme, qui est la limitation par laquelle se définit l’état individuel ; il ne dépassera donc jamais celui-ci, et il n’ira jamais plus loin que l’« extérieur », c’est-à-dire qu’il demeurera lié au cycle indéfini de la manifestation.

Le passage de l’« extérieur » à l’« intérieur », c’est aussi le passage de la multiplicité à l’unité, de la circonférence au centre, au point unique d’où il est possible à l’être humain, restauré dans les prérogatives de l’« état primordial », de s’élever aux états supérieurs et, par la réalisation totale de sa véritable essence, d’être enfin effectivement et actuellement ce qu’il est potentiellement de toute éternité.

Celui qui se connaît soi-même dans la « vérité » de l’« Essence » éternelle et infinie, celui-là connaît et possède toutes choses en soi-même et par soi-même, car il est parvenu à l’état inconditionné qui ne laisse hors de soi aucune possibilité, et cet état, par rapport auquel tous les autres, si élevés soient-ils, ne sont réellement encore que des stades préliminaires sans aucune commune mesure avec lui, cet état qui est le but ultime de toute initiation, est proprement ce qu’on doit entendre par l’« Identité Suprême ».

« Aperçus sur l'initiation » - René Guénon

 

 

samedi 27 août 2022

La Vérité

 

« Ignorant d’où je viens, incertain où je vais. »


Lamartine 


La Vérité

La recherche de la Vérité donne un sens à sa vie et permet de tester sa valeur spirituelle.
Mais comme le passé pèse sur le présent, le présent obère le futur. Il faut savoir se libérer du passé et du présent pour réussir son avenir.
C'est en recherchant la vérité qu'on mérite de la découvrir.
Je pense que pour rechercher la vérité il faut se confronter aux questions existentielles, demeurées sans réponse à ce jour.

En tête de ces questions, le triptyque essentiel et incontournable.

 Qui suis-je ?

D’où viens-je ?

Où vais-je ? 

On ne peut pas s'attaquer frontalement à des questions aussi mystérieuses d'emblée. Il faut tout d'abord nettoyer le terrain.
Pour savoir qui je suis, il faut procéder par élimination en déterminant qui je ne suis pas. Et pour ce faire on ne peut se contenter d'avoir recours seulement à ses sens et à son intellect. Il faut aussi mobiliser son intuition.

Et avant toute chose savoir différencier celui que je suis en réalité de celui que je pense être, en toute illusion.

La recherche de la Vérité ne peut s'effectuer que dans le silence et la solitude. Elle est comme un long chemin où l'on s'enrichit à chaque étape, sans jamais douter que la fin du parcours dévoilera la révélation définitive.

Le travail va donc commencer par l'introspection, arriver à rentrer en soi pour s'isoler du monde extérieur et se découvrir en profondeur.
Ainsi, les pseudo personnalités que nous cultivons vont s'effacer d'elles-mêmes, et nous pourrons nous rencontrer réellement.

« Nous rencontrer réellement » signifie établir un premier contact avec notre Soi supérieur. Mais connaître son Etre intérieur  nécessite un assez haut niveau d’introspection et de conscience spirituelle et cet obstacle est bien souvent infranchissable si l’on ne s’attelle pas sérieusement à sa tâche. 

L’être totalement mis à nu, jusqu’au plus profond de lui-même, sera seulement prêt à connaître la vérité. Cette authentique expérience intérieure ne peut avoir d’autre fin qu’elle-même. Ce qui lui confère sa valeur et son autorité.

La quête de la vérité est le but même de la philosophie. Ainsi pour Platon, le Vrai constitue, avec le Beau et le Bien, une valeur absolue.

Et celle-ci est à notre portée car nos âmes l'ont contemplée avant d'arriver dans la réalité matérielle de notre incarnation. Au fond, découvrir la vérité est plus une affaire de réminiscence que de découverte.

En fait la vérité n’est pas de ce monde.

Le monde est constitué de vibrations. Le minéral, le végétal, l’animal et l’humain vibrent à une certaine densité/fréquence mesurable en unités bovis.
Le taux vibratoire définit la fréquence d’énergie correspondante au degré d’évolution spirituelle de la personne. La nature et le degré de son énergie caractérisent son taux vibratoire.
Nous pouvons tous le modifier et l'augmenter. C’est le but de l’évolution spirituelle.
Augmenter son taux vibratoire doit nous permettre d’ouvrir les portes de la ressouvenance et d’accéder enfin à la vérité retrouvée.

Pour ma part, j’ai toujours été un idéaliste sans idéal. Jusqu’au jour où j’ai compris que j’avais bien un idéal, mais qu’il n’était pas de ce monde.

En fait selon la maxime consacrée, « j’étais au monde sans être de ce monde ».

Ce qui compte avant tout c’est la sérénité et le détachement qu’apporte la vérité retrouvée. C’est aussi simple que cela ; mais parfois la simplicité apparente se révèle bien compliquée et son application des plus délicates.


"Le passé, l'avenir, ces deux moitiés de vie dont l'une dit jamais et l'autre dit toujours."

Lamartine

" Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres." 

Jean (8 – 32)

mercredi 20 juillet 2022

Ainsi parlait R. M. Rilke

 

Les trois âges – Salvador Dali (1940)

 

« Ainsi la vie n’est que le rêve d’un rêve,

Mais l’état de veille est ailleurs.»

Rainer Maria Rilke


La mort n’est que l’autre face de la vie


« Affirmer la vie, c’est aussi affirmer la mort.

Admettre l’une sans l’autre, c’est une limitation qui, finalement, nous exclut de tout l’infini.

La mort n’est que l’autre face de la vie, le côté de la vie qui n’est pas tourné vers nous, et que nous n’éclairons pas.

Nous nous réalisons simultanément dans l’un et l’autre monde, notre existence s’y nourrit inépuisablement… …car il n’y a ni un en deçà, ni un au-delà, mais la GRANDE UNITE dans laquelle les êtres qui nous surpassent, les anges, sont chez eux.

Nous, les hommes d’ici et d’aujourd’hui, nous ne sommes pas un seul instant satisfaits dans le monde du Temps, ni fixés en lui.

Nous débordons sans cesse vers notre origine, vers les hommes de jadis, et vers ceux qui semblent venir après nous.

C’est dans ce monde ouvert, qui est le plus grand, que TOUS existent.

La nature, les choses qui nous entourent et qui nous servent sont provisoires et caduques, comme nous, mais elles sont, aussi longtemps que nous sommes ici-bas, …notre possession et notre amitié.

Pour nous, il s’agit donc, non pas de noircir et de rabaisser tout ce qui est d’ici-bas, mais précisément à cause de leur caractère provisoire, qui est aussi le notre, de saisir ces phénomènes et ces choses avec la compréhension la plus intime, et de les transformer.

Nous sommes les abeilles de l’univers.

Nous butinons éperdument le miel du visible pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’Invisible ! »

Rainer Maria Rilke

(Lettre du 13 novembre 1925 à Witold von Hulewicz, le traducteur polonais des Élégies, dans laquelle Rilke définit ainsi le sens des Élégies)

 


mardi 21 juin 2022

La fracture spirituelle

 

La fracture spirituelle


« Le principal objectif de l’homme dans la vie est d’élever le niveau de sa conscience.

L’élévation du niveau de conscience est le véritable moyen de se changer soi-même et de changer le monde qui nous entoure. »

Grigori Grabovoï

J'ai toujours cherché à savoir le pourquoi des choses, à connaître la cause des événements ou l'origine des circonstances grevant notre existence.
Mais bien trop souvent en vain.
Jusqu 'au jour où j'ai compris l'inutilité de cette recherche, dans la mesure où nous n'avons pas accès à cette sorte de lucidité qui ferait de nous des êtres omniscients. En fait, nous sommes sur terre pour faire des expériences significatives d'adaptation à des situations plus ou moins difficiles. Et c'est sur nos capacités de réaction et nos réussites dans la gestion des crises que nous serons jugés.
 

Comment sommes-nous constitués et quel est le rôle de chaque organe ?

Le ternaire humain comprend:

- Le corps

                                                     - L’âme

- L’esprit

Le corps physique est notre véhicule d’incarnation ; il est le temple qui accueille en lui l’âme et l’esprit.

L’âme est le siège de l’activité psychique et dispose des modes de perception: émotions, sensations, analyse intellectuelle et morale, volonté.

L’esprit correspond à la dimension spirituelle de l’être humain ; il spiritualise à la fois l’âme et le corps par le biais de la conscience.

Pour accéder la connaissance spirituelle, la conscience doit bénéficier d’une élévation du niveau vibratoire du sujet, qui lui permette de décoller de la matérialité oppressante de notre quotidien. Traditionnellement, la conscience est définie comme la connaissance qu'un être vivant a de son existence et du monde qui l'entoure. Pour accéder à cette connaissance, la conscience permet de synthétiser et d'analyser les informations perçues par les sens.

C’est l’éveil spirituel qui permet cet accès à une véritable connaissance totale du visible et de l’invisible. L’éveil spirituel surpasse l'entendement intellectuel en le métamorphosant en outil intuitif sans limite. 

Cette énergie spirituelle recentre l’individu sur l’aspect transcendantal de son existence, sur sa présence au monde et son rôle personnel dans son incarnation.

  Tant que l’éveil est absent, il y a une fracture spirituelle qui nous sépare de l’esprit libérateur en nous maintenant dans une vraie déconnexion avec notre dimension supérieure.

Une vieille âme sera spirituelle par nature, elle travaillera consciemment avec des entités supérieures, élargissant ainsi son champ de vision ainsi que son champ de conscience. 

La connaissance est le chemin de la sagesse.

« Prends cent hommes, tu y trouveras un homme de foi. Prends cent hommes de foi, tu y trouveras un homme de connaissance. »

Jallal adDin Rumi

Avant tout, il nous faut apprendre à connaître le monde dans lequel nous évoluons, les êtres qui nous entourent et surtout réussir à se connaître soi-même. La singularité de l’homme, qui en fait toute sa richesse, comprend ses capacités à réfléchir, à s'interroger sur son origine, sa place dans cet univers, sur l'esprit, le sens de la vie, la mort ou le sacré.

Au-delà, il y a la connaissance spirituelle, qui nous ouvre les portes du chemin intérieur, celui de l’éveil.

Savoir.
La connaissance est nécessaire à l'ouverture d'horizons nouveaux permettant de faire des choix libres et d'agir en connaissance de cause.

Pouvoir.

La connaissance acquise autorise l’action ; à partir de là, l’être entre sur le chemin spirituel pour façonner son être supérieur en le délivrant des contraintes de la personnalité et des limitations mises en place par l’ego.

Comprendre.

Pour être guidé dans ce parcours, il faut trier dans le brouhaha des informations qui nous entoure ce qui est essentiel. Apprendre à séparer le bon grain de l’ivraie est nécessaire, privilégier la qualité à la quantité est vital, pour accéder à la seule vérité de la compréhension spirituelle.
 

" Le grand problème de notre temps tient à ce que nous ne comprenons pas ce qui se passe dans le monde.

 Nous sommes confrontés à l'obscurité de notre âme et à l'inconscient. Des impulsions pressantes en proviennent, obscures, impossibles à reconnaître. Il évide et met en pièces les formes de notre culture et ses réalisations historiques majeures. Nous les avons perdues, ou bien elles se trouvent dans le futur. Nos valeurs chancellent, il n'y a plus rien de certain, même la sanctissima causalitas est descendue du trône des axiomes et s'est transformée en simple champ de probabilités.

Quel est donc l'hôte terrifiant et funeste qui frappe à notre porte ?

La peur le précède, montrant que les ultimes valeurs se mobilisent à son encontre, ces valeurs auxquelles nous avons cru jusqu'ici et qui maintenant donc s'écroulent, cependant que notre seule certitude est de savoir que le monde nouveau sera différent de ce à quoi nous sommes habitués. "

C.G.Jung

« L’éveil n’est pas une chose. Ce n’est ni un but ni un concept. Ce n’est pas quelque chose qu’on obtient. C’est une métamorphose. Si la chenille pensait que le papillon auquel elle donne naissance, ce sont des ailes et des antennes qui poussent à elle, il n’y aurait pas de papillon. La chenille doit accepter de disparaître en se transformant. Lorsque le merveilleux papillon prend son envol, il ne reste rien en lui de la chenille. »

 Alejandro Jodorowsky

« Respectons le possible, dont personne ne connaît les limites, et soyons attentifs et sérieux devant le monde extra-humain d’où nous sortons et qui nous attend. »

Victor Hugo

"L'être humain est appelé à un éveil intérieur particulier par lequel seul il pourra appréhender le sens de son existence et connaître, de son vivant, par une expérience directe, la Source mystérieuse d'où il a émergé et dans laquelle il sera inexorablement réabsorbé lorsqu'il quittera cette forme d'existence. Mais cet éveil exige de lui des efforts spécifiques qui lui permettront de comprendre l'étrange absence à lui-même ou sommeil diurne dans lequel il passe d'ordinaire sa vie entière sans le savoir. "

Edouard Salim Michaël

«  Cette civilisation moderne a conduit l'humanité à deux guerres mondiales, mais la leçon n'a servi à aucun politicien. La politique ne se préoccupe que des apparences et ne tient aucun compte des réalités profondes.

Seule la conscience de leur nature spirituelle commune peut unir les hommes. Le sens de leur individualisme les condamne à l'égoïsme et aux conflits. C'est dans la vision même de l'homme et du sens de sa vie que se trouve la racine de tous les « problèmes ». Tant que l'aveuglement et l'ignorance prévaudront, tout problème résolu fera immédiatement place à un autre, dans un déséquilibre permanent.

L'intérêt pour la politique tient aujourd'hui la place que tenait autrefois l’intérêt pour la religion. Moins les gens ont l'intention de se diriger et de se réformer eux-mêmes, plus ils se préoccupent de la façon dont il faudrait diriger ou réformer la société.

En fait, les « problèmes » politiques, économiques et sociaux ne sont qu'une façade qui masque le véritable problème, lequel est spirituel et psychologique.

Aucune mesure ne sauvera la situation, qui ne tiendra pas compte de la réalité spirituelle, de la vraie nature de l'Homme. Pour le moment, l'humanité tourne le dos à cette vérité fondamentale. L'existence devient sans cesse plus complexe à tous égards et interdit de plus en plus aux hommes et aux femmes toute velléité de vie intérieure.

Le véritable bonheur ne peut se trouver que dans la « réalisation » ou la prise de conscience de la Nature profonde, du Soi, mais jeunes et vieux cherchent désespérément des plaisirs et des satisfactions qui ne peuvent pas durer.

C'est, par excellence, le fruit de ce que tous les enseignements initiatiques ont appelé l’aveuglement et l’ignorance. »

Arnaud Desjardins

 Monde moderne et Sagesse ancienne (1973)