vendredi 23 avril 2010

Morceaux choisis - H.P. Blavatsky


« Comme un pendule qui oscille
entre les heures de la naissance et la mort. »

" L'Ego spirituel [le foyer de conscience et d'identité spirituelles] de l'homme se meut dans l'éternité comme un pendule qui oscille entre les heures de la naissance et la mort. Mais si ces heures qui marquent les périodes de vie terrestre et de vie spirituelle sont limitées dans leur durée, et si la série de ces étapes à travers l'éternité, entre le sommeil et la veille, entre l'illusion et la réalité, a un commencement et une fin, le pèlerin spirituel n'en est pas moins éternel. Ainsi, à notre point de vue, ce qui constitue la seule réalité pendant la période de ce pèlerinage appelé, le " cycle des renaissances ", ce sont les heures de la vie post mortem où, désincarné, il se trouve face à face avec la vérité, et non plus avec les mirages de ses existences terrestres et passagères. Malgré leurs limites, ces intervalles n'empêchent cependant pas l'Ego, qui se perfectionne toujours, de suivre, sans dévier - bien que graduellement et lentement - le chemin qui l'amènera jusqu'au point de sa dernière transformation où, ayant atteint son but, il deviendra un être divin. Ces intervalles et ces étapes aident à atteindre le résultat final au lieu d'en entraver la réalisation. Et, sans de tels intervalles limités, l'Ego divin ne pourrait jamais atteindre son but ultime. [...]

" De même que l'abeille recueille son miel de chaque fleur qu'elle visite et laisse le reste en pâture aux vers de la terre, de même notre individualité spirituelle [...] ne recueille de chaque personnalité terrestre, dans laquelle karma la force à s'incarner, que le nectar des qualités spirituelles et de la soi-conscience ; elle réunit l'ensemble de ses récoltes en un tout unique et sort finalement de sa chrysalide comme un Dhyân-chohan [un dieu] glorifié. "
 
H.P. BLAVATSKY
« La Clef de la Théosophie » - (Ch. IX; p 182)

"Autoportrait" de R. Magritte

jeudi 22 avril 2010

C'est le silence qui guérit



C'est le silence qui guérit

Yolande


Au beau milieu d’une existence banale, de mère, épouse, femme d’affaires, Yolande connaît un éveil spontané en 2003. Sans référence à aucune tradition spirituelle, elle témoigne ici pour la première fois.
Pendant quarante ans, comme tout le monde, je me suis prise pour mes pensées, pour mon corps : je me prenais pour une personne. Et puis il y a eu ce basculement. En un instant, spontanément, ce silence dans ma tête. Plus de pensées : le silence, une stupeur, un étonnement profond qui ne laissait place à rien d’autre.



Alors je me suis mise à observer. Mon fonctionnement avait changé. Il y avait « cette chose », ce silence… et tout le reste. Le reste, ce que j’appelle le je suis, c’est-à-dire le contenu de l’instant : j’ai vu que tout apparaissait dans cette chose, d’instant en instant. Que tout y disparaissait.
Ton fonctionnement avait changé, dis-tu ?

Il y avait une légèreté, un bien-être. Je me sentais en phase avec moi-même, en phase comme je ne l’avais jamais été. Les choses se présentaient, les situations, les événements, même ceux qui auparavant m’auraient dérangée… Je ne trouvais rien à y redire. Je ne réagissais plus, en fait. Et lorsque, deux mois plus tard, mon fils est mort dans un accident… même chose. Ce silence, cette tranquillité m’empêchait de réagir, m’empêchait d’être une mère détruite par la mort de son fils. J’ai vu que la souffrance n’existait pas.


La souffrance n’existe pas !?
Ce n’est pas la situation qui fait souffrir. Pour moi, il y a le silence. La situation ne fait pas souffrir quand le silence, quand cette chose est là.
Cette chose, qui la voit ? Yolande ?
C’est cette chose qui voit. En elle apparaît la vision, la clarté qui voit tout ce qui apparaît. En fait, c’est simultané : à l’avant-plan il y a cette chose et… le reste, tout ce qui apparaît, toute l’existence, au second plan.


Cette chose est l’espace qui est avant toute chose, toute pensée, tout événement. On ne peut pas la comprendre : c’est elle qui comprend tout, qui englobe tout. Cette chose - appelons-la Silence, Présence, Puissance, Amour ou Ultime Réalité, de toute façon aucun mot ne peut en rendre compte - cette chose, on peut seulement la vivre. Au début, je croyais qu’elle était au fond de moi. Maintenant je vois qu’elle est partout. Elle est tout. Il n’y a rien d’autre, rien qui ne soit elle. Il n’y a plus à s’inquiéter, à s’accrocher à rien.
Cette chose est au fond de toi et partout…
Et Yolande, où est-elle ?

Yolande apparaît toujours, mais dans le second plan, comme le reste. Elle existe sans exister. Elle n’existe plus mais elle est là. Elle n’a plus de pouvoir. C’est ce silence, cette puissance qui a pris le pouvoir sur tout.

Elle a tout de même des pensées, des émotions…

Bien sûr des pensées, des émotions peuvent surgir. Mais cette puissance les balaye instantanément, elle les laisse au second plan. Donc tu n’as aucune possibilité de t’identifier à elles. Et cette chose est si puissante que tu ne peux revenir en arrière, tu ne peux revenir à ton ancien mode de fonctionnement, t’identifier à… tout ce que tu n’es pas.
Ça m’est arrivé parfois, au début, d’essayer de penser comme avant, de faire des projets comme avant. Impossible. Tout comme, autrefois, si j’avais voulu arrêter de penser je n’aurais pas pu, aujourd’hui, si je veux penser, eh bien je ne peux pas. C’est aussi simple que ça.

Et les émotions, toutes ces réactions automatiques qui nous viennent ?

C’est pareil. La peur, la tristesse, c’est comme le reste : un mouvement qui passe en toi et qui repart. S’il n’y a personne pour se l’approprier, il n’y a pas de peur, pas de tristesse. Il n’y a pas de réaction.
D’où viennent, selon toi, les réactions ? Y a-t-il moyen de s’en libérer ?

Elles viennent de la pensée. De la croyance en l’idée d’être une personne. Quand cette croyance tombe – et cela se fait en un instant, pas besoin de vingt ans de pratique pour ça – il n’y a plus que ce silence, cette intensité, alors tu te laisses faire. Il y a ce point de vue neuf qui est toujours là, ce vide plein, ce silence tantôt très intense et tantôt doux mais toujours présent. C’est une sensation, comme un toucher, une présence qui ne te lâche pas, même au milieu de l’action, de la concentration. Ce toucher omniprésent qui t’englobe, qui englobe tout le contenu de l’instant, t’empêche de t’identifier à la pensée, à l’émotion qui surgit. C’est lui qui te donne le sentiment profond que la personne n’est pas. Et c’est lui, c’est cette sensation qui devient vision, action… parce que cette spontanéité, cette sensation constante ne te permet pas d’être dans ta tête. C’est la sensation qui voit, directement. Et la vision, c’est l’action.
La vision c’est l’action ?

Quand tu es dans la fluidité, il y a action, sans filtre, sans pensée. Tu vois, tu sens; l’action, le geste, la parole se présentent spontanément, sans que tu aies eu à les penser.

Comme si la réalité de l’instant te dictait le geste juste ?

Tu vois que les choses se font toutes seules, sans besoin de les penser… La vie n’a pas besoin d’être pensée. Juste besoin d’être vue. Le reste se fait tout seul.
Le simple fait de voir…

…fait. Tu vois cette fluidité qui agit.

Et l’amour, dans tout ça ? Tu dis que cette chose c’est l’amour… Qu’en est-il de l’amour entre deux personnes ?

C’est la non-relation qui permet la relation.

La non-relation ?

La non-relation avec la personne que tu croyais être. La non-séparation. Et c’est cette chose au dedans qui permet ça. C’est elle qui permet l’amour, qui est amour.
Dans la fusion amoureuse, on entre en relation avec la non-relation à l’intérieur de soi. C’est dans cette non-relation, cette chose, que réside l’amour. Et c’est parce qu’on entre en contact avec elle que l’on dit, que l’on sent « je suis amoureux ». L’autre n’y est pour rien. Ni soi-même. Ni la relation entre les deux… C’est l’écoute de cette chose, en nous, qui permet l’amour. C’est elle qui te fait découvrir que l’amour n’est pas à l’extérieur, qu’il ne dépend de rien, d’aucun objet, d’aucun état : c’est quelque chose qui est là, à l’intérieur. Plus besoin de chercher le bonheur à l’extérieur : cette chose qui te rend vivante, aimante, aimée… elle est avant tout, elle est là. Et c’est de cette chose, de cette non-relation, que l’on tombe amoureux. Un amour qui ne peut être détrôné par quoi que ce soit.


C’est vrai aussi que dans la relation amoureuse il y a des instants d’oubli de soi-même, des instants d’intimité qui sont cette fusion, cette non-séparation. Le problème, c’est que quand il y a « tomber amoureux de » l’objet ou la personne, tu rentres dans une relation avec toi-même et tu ne vas plus penser qu’à ça, qu’à cette personne. Donc tu te coupes de l’essentiel. Cette même passion devrait être pour cette chose invisible qui te permet d’être dans la non-relation avec toi-même, donc aussi avec l’autre, et te permet de sentir l’intensité de l’instant présent plutôt que l’intensité de la seule relation avec cette personne.
Cela signifie-t-il que tu ne peux plus tomber amoureuse de quelqu’un ?

Tu es tombée amoureuse de cette chose invisible, ça, c’est sûr. Mais tu peux quand même tomber amoureuse de quelqu’un, puisque c’est ce que je vis. C’est beau de voir que, dans l’instant, tu es aussi amoureuse de cette personne. Mais si elle n’est plus là, ou si elle s’absente, rien ne manque. Cette chose est toujours là et elle te permet de vivre, même sans cette personne, dans un bien-être total.

Donc, Yolande peut tomber amoureuse… Ce n’est pas une émotion, ça ?

C’est l’intensité qui guide. Auprès de telle personne elle est plus forte qu’auprès de telle autre. L’intensité est là : tu la suis. C’est elle qui te fait être ici, ou là, avec celui-ci ou avec celle-là. Tu ne décides pas : tu y vas, tu y es. La tête n’intervient pas. L’émotion non plus.
Dans cette intensité, comment perçois-tu l’autre, tous les autres ?

Je les perçois comme moi, comme les arbres, la montagne, mes pensées : au second plan. J’en reviens toujours là. Ils sont là sans être là. Ils sont passés au second plan au même titre que moi, que mon corps, que tout ce que je croyais être.

Oui, mais comment perçois-tu chacun ? Il y a des différences de l’un à l’autre, tout de même… même au second plan !

Ce que je sens, surtout, c’est ce qu’il y a de plus proche en moi, c’est-à-dire mon corps, les sensations de mon corps qui se sont amplifiées à l’infini. Dans ce second plan, le plan du je suis, c’est le plus proche. C’est sensation, intensité, mouvement. Cette intensité varie avec ce qui se présente dans le contenu de l’instant, proximité de telle ou telle personne incluse. Mais il n’y a pas la pensée pour dire « parce que je sens tel mouvement dans mon corps, cette personne est comme ci », ou « je dois faire comme ça ». Ce qui va se faire dans l’instant se fera… mais ce ne sera pas le résultat d’un savoir, d’une compréhension : c’est le silence qui agit.

Tu ne peux rien t’approprier ?
Non.

Mais perçois-tu mon psychisme, mes états d’âme ?

Tu es là, tu sens, tu te laisses traverser par ce qui se passe, par un mouvement que tu sens dans ton corps, fusionné avec tout le reste. Mais tu n’interviens pas, tu n’as pas de réaction, d’opinion, de commentaire. Quand quelqu’un entre dans la pièce, tu peux sentir un mouvement plus inconfortable, ou sentir au contraire l’intensité qui se déploie, mais tu n’en déduis rien. Tu ne cherches pas à comprendre pourquoi, comment, ni s’il y a quelque chose à résoudre et comment. Tu sens, point.


Et quand quelqu’un se confie à toi, te demande conseil ?

Tu ne fais qu’être écoute. Il n’y a pas de mouvement de Yolande qui pense ceci ou cela. Mon je suis est partagé avec tout ce contenu de l’instant, et je laisse toute la place à cette chose à l’avant-plan, cette chose avant le je suis, pour agir si elle doit agir. Donc si un geste vient, il vient du silence. C’est lui qui sait. C’est lui qui fait.

Que faire pour vivre ce silence ?

Je fais une totale confiance à cette présence dans l’invisible. Donc la seule chose qui peut être dite, il me semble, c’est d’être ce que l’on est dans l’instant, de le vivre pleinement, simplement… et de laisser la spontanéité faire ce qu’elle a à faire.
C’est quelque chose qu’on ne peut pas comprendre, pas apprendre, ni vouloir, ni savoir. Alors : se laisser faire – quoi d’autre ?

Vivre l’instant pleinement, simplement… ce n’est pas si simple !

Il y a des tas de moments dans la vie où l’idée de la personne disparaît, où il n’y a plus que cette chose qui voit. Les moments de joie, d’étonnement, d’émerveillement devant un paysage ou une belle musique. Les chocs aussi, une peur violente… Mais le plus souvent on ne les remarque pas, parce qu’aussitôt après la pensée se les approprie… Rester là, plutôt. Avant la pensée : sentir. Rester simplement avec cette sensation, sans vouloir comprendre ni résoudre rien. Avoir toute son attention portée sur cette sensation, et l’accepter surtout, l’accepter silencieusement, pas mentalement. Vraiment l’accepter totalement, en étant… simplement.


Beaucoup de gens croient qu’il faut qu’il y ait une lumière, une grande lumière, des choses extraordinaires… Et si simplement c’était ça ?... Quand le silence est là : rester avec ce silence, cette tranquillité, découvrir au fur et à mesure ce que ça te procure comme légèreté de voir que tout est là, OK, mais c’est au second plan – pas besoin d’en faire un monde. Et quand c’est l’inconfort : rester avec cet inconfort, totalement, se laisser engloutir par lui, se laisser mourir – une mort psychologique - pour pouvoir laisser place à ce silence, le laisser prendre le dessus une bonne fois pour toutes…

Rester là, avec cette sensation de l’instant, cette intimité… Rien que d’être là, tu n’es déjà plus là. Parce que tu sens tout le contenu de l’instant présent, sans interférer. Donc tu n’as plus l’idée d’être une personne : tu n’es que sensation. Tu sens cette conscience, peut-être encore un petit peu individuelle, que « ton » corps est inconfortable avec cette tristesse, ce malaise où tu es : déjà c’est un cadeau, parce que tu te rends compte que l’instant, l’intensité, la vérité n’est pas dans ta tête… C’est merveilleux de pouvoir sentir ça, déjà! Déjà accepter cette simplicité de sentir que la vie c’est ça, ce n’est pas voir des lumières ou entrer en extase : c’est ça, aussi. C’est la simplicité de ne pas être cette personne qui ressent. C’est sensation, point.
Qu’est-ce qui fait que, pour la plupart, ces instants ne durent pas ? Que l’agitation revient ?
C’est un problème d’identification. Le mental revient, redevient le plus fort et te piège. Piégé, tu y crois fermement, tu oublies le silence et cette chose puissante qui est là.

Vivre ces moments quand il se présentent.

Les vivre avant la pensée…
La pensée aussi, il faut l’accepter. Elle reste au second plan. Laisser cette attention, cette sensation, cette chose au premier plan, dans cette simplicité totale, avant d’être cette personne qui dit « c’est à moi que ça arrive » ou « ça va passer ». Peut-être tout simplement accepter cette simplicité du silence, cette simplicité de sentir, cette simplicité d’être avant qui que ce soit. Rester dans cette simplicité de sentir, tout simplement, sans pour autant avoir été chercher cette tristesse, sans chercher à sentir ton corps ni quoi que ce soit d’autre.
Se laisser saisir par ce qui est là, parce que c’est là… Quel est le sens de la recherche spirituelle, alors, puisqu’elle vise toujours un savoir, un état, un progrès, quelque chose « devant » ?
Elle a encore un sens puisqu’elle est là, puisqu’elle se présente. Vouloir faire le contraire ce serait la même chose : ce serait refuser ce qui se présente… Je crois qu’il faut accepter tout ce qui se présente, que ce soit de méditer, de faire du yoga, d’avoir l’air d’être dans une recherche spirituelle – alors que ce qui entraîne dans tout ça, comme dans tout le reste de la vie d’ailleurs, c’est quand même et toujours cet état premier.

Donc continuer à se laisser faire, même s’il y a encore la personne qui est là, et qui veut, et qui espère. Sentir, plutôt que d’essayer toutes sortes de techniques… Mais il faut aussi accepter ces techniques : elles font partie du chemin qui se présente à soi…
Propos recueillis par Laurence Vidal
source: 
 reikido-france.com

Morceaux choisis - Oswald Wirth



« Ce qui nous est difficile,

c'est de nous connaître… »

"... Nous sommes infimes par rapport au Tout, mais nous y tenons notre place et y accomplissons notre fonction.
Il y a en chacun de nous un noyau d'activité qui s'adapte à l'emploi qui lui a été assigné. Nous devenons ce que nous sommes pour les besoins du rôle que nous avons à jouer, sans que l'acteur permanent s'identifie avec le personnage de théâtre qu'il représente transitoirement.
Ce qui nous est difficile, c'est de nous connaître en ce que nous sommes par nous-mêmes, indépendamment du déguisement que nous portons sur la scène. Qu'étions-nous dans la vie inconnue que nous menions avant de nous incarner et que deviendrons-nous après notre libération du service terrestre ?...
Je veux bien arriver de l'autre côté tout imprégné du rôle que je viens de jouer. Je puis ne pas vouloir rompre avec les camarades qui continuent à tenir leur emploi dans la pièce au dénouement de laquelle je m'intéresse. Il est des liens d'affection qui ne se rompent pas entre centres de rayonnement psychiques.
Je crois à l'amour, et à son indestructibilité quand il est immatériel. Si j'aime les humains dont j'ai partagé les misères en même temps que les aspirations les plus nobles, je ne puis les abandonner une fois sorti de leurs rangs de lutte terrestre. J'ai donc espoir de rester en liaison, une fois passé derrière le rideau, avec ceux dont la tâche n'est pas achevée...
Je me refuse à renier mon patriotisme terrestre. Pas de désertion devant l'Œuvre de rédemption humaine. C'est en aimant que nous pouvons être heureux, et je ne vois de félicité que dans l'amour qui se donne, et contribue au mieux, particulier et général.
J'ai la conviction profonde que je ne me trompe pas."

Dernière lettre écrite par Oswald Wirth le 19 Janvier 1943,
tirée de l'ouvrage : « L'Imposition des Mains »

"Sans titre" de R. Magritte

mardi 20 avril 2010

Les prophéties d'Edgard Cayce



 Les prophéties d'Edgard Cayce 

(extraits d'actualité)

"Le basculement des pôles s'est déjà produit, c'est un phénomène naturel qui a déjà existé et qui va recommencer (...) La grande catastrophe qui va s'abattre sur le monde prendra la forme de l'effondrement de nombreuses puissances, celles qui comptent dans la politique mondiale (...) Alors, avec cet écroulement arriveront des changements qui modifieront la carte du monde... (...) le basculement sera progressif, sur plusieurs années avant qu'il ne soit visible, des mouvements internes vont commencer à travailler la croûte terrestre provoquant tremblements de terre et le réveil des volcans (...) ces changements amèneront la submersion de certaines zones avec les inondations dues au raz de marée qui suivra."

Les bouleversements géologiques :

"Le basculement des pôles s'est déjà produit, c'est un phénomène naturel qui a déjà existé et qui va recommencer (...) La grande catastrophe qui va s'abattre sur le monde prendra la forme de l'effondrement de nombreuses puissances, celles qui comptent dans la politique mondiale (...) Alors, avec cet écroulement arriveront des changements qui modifieront la carte du monde... (...) le basculement sera progressif, sur plusieurs années avant qu'il ne soit visible, des mouvements internes vont commencer à travailler la croûte terrestre provoquant tremblements de terre et le réveil des volcans (...) ces changements amèneront la submersion de certaines zones avec les inondations dues au raz de marée qui suivra."

"Ne croyez pas qu'il ne puisse arriver des événements comme ceux qui se sont produits auparavant à l'époque du déluge...Nous sommes tout autant menacés et dans ces jours qui précèdent la fin des Temps qui pourrait arriver, cela pourrait bien être exactement pareil...."

La Terre se disloquera (...) et cela, en bien des endroits. Dans un premier temps, on verra se produire un changement dans l'aspect physique de la côte Ouest de l'Amérique. (...) En ce qui concerne la géographie du monde, voici que se mettent en place des changements progressifs. (...) certains de ces processus sont déjà commencés, d'autres sont seulement temporaires. En Amérique, il y aura des bouleversements géologiques. Le plus grand touchera la façade nord-atlantique. Attention à New York, au Connecticut et au reste."

" Los Angeles, San Francisco seront détruites, avant New York. (...) S'il se produit de grandes activités, dans le Vésuve ou la Montagne Pelée, alors la côte de la Californie du Sud ainsi que la région entre le Lac Salé et le sud du Nevada pourront s'attendre trois mois plus tard à des tremblements de terre et des inondations. " Cayce conseille aussi de surveiller l'Etna et ses récente éruptions.

L'Atlantide et son lien avec l'Egypte :

Cayce met en parallèle les grands cataclysmes des temps préhistoriques et ceux que nous risquons de vivre à notre génération. Pour lui, les causes en sont les mêmes :

"Alors apparut en Atlantide - pour la première fois- l'emploi de ces forces de destruction qui pouvaient être manipulées et distribuées à l'extérieur, grâce à l'énergie électrique. (...) Par son mépris continuel des lois destinées aux fils de Dieu, l'Homme (atlante) introduisit ces forces de destruction, qui avec les ressources naturelles des gaz et l'énergie électrique, provoqua dans la nature et le paysage naturel la première des éruptions qui s'éveilla dans les profondeurs de la Terre (...) Et c'est ainsi qu'une portion du continent proche de la mer des Sargasses s'enfonça dans l'abîme"

"L'Atlantide était alors un seul continent massif, avant la catastrophe. Elle se fractionna en îles, plutôt en grandes îles, avec des canaux, des ravins, des golfes, des baies, des courants..."

"Des terres surgiront dans l'atlantique et le Pacifique. " Cela parait bien étrange , si nous oublions que très récemment, en novembre 1963, une nouvelle île a soudain été créée par une éruption volcanique au large de l'Islande. Nommée Surtsey, elle s'est élevée de plus de dix mètres, du jour au lendemain, et elle existe toujours.

"Bientôt viendra le temps des grands changements ; et dans trois endroits différents, on exhumera les archives atlantes. Le Temple de l'Atlantide surgira à nouveau. C'est alors qu'on mettra à jour le temple, ou plutôt la salle des archives en Egypte, ainsi que les archives qui avaient été cachées au cœur du pays atlante : elles pourront y être retrouvées (...) Ces archives forment un tout"

A propos de la découverte de cette salle des Archives en Egypte à Gizeh, Cayce dit encore :

"En ce qui concerne les archives (géo) physiques, il sera nécessaire d'attendre que s'accomplisse le temps de la désintégration de ce qui a été fait par les volontés égoïstes du monde. Car rappelez-vous que ces archives ont été réunies dans l'optique des changements mondiaux"

Je vais aborder ici un sujet qui semble correspondre de façon troublante à ce que nous vivons actuellement au niveau économique et financier :

"L'histoire économique se répète ; et donc nous devons nous attendre à une monstrueuse dépression dans les temps à venir. L'effondrement de la bourse de New York en 1929 qui avait engendré une vague de misère et de suicides telle qu'on n'en avait encore jamais vu aux Etats-Unis va se reproduire (..) La finance mondiale se trouva concentrée entre les mains de deux, ou plutôt trois individus. Deux, qui représentaient le côté du Bien, Un, le côté des forces de l'Ombre, c'est à dire les forces noires. (...) Vous avez amassé les richesses de la Terre et les avez données à garder à des voyous. Quel en a été le résultat, dans votre vie quotidienne ? Vous vous êtes retrouvés les mains vides ! Cette situation se reproduira..."

"Les Grands Evénements s'accompagneront d'une dépression économique, toutes les grandes fortunes s'écrouleront (...) Cayce adressant un message tout particulier au peuple de son pays l'Amérique : Vous, peuple américain, qui avez officiellement adopté le christianisme -au point de graver sur votre monnaie IN GOD WE TRUST- vous ne devriez pas mettre votre confiance dans la puissance humaine, ni dans la politique et l'économie, car dans ces deux domaines, il va y avoir de grands changements"

"Si vous ne voulez pas avoir faim dans les temps qui viennent, il faudra qu'il y ait un retour à la terre. Chaque homme devra avoir la possibilité de tirer du sol, par son activité, ce dont il a besoin pour nourrir son corps (...) Dans les grands centres, dans les zones urbaines, il y a trop d'expédients dans certains secteurs précis de l'activité économique. On court au -devant de la rupture des stocks alimentaires, des troubles, de la guerre..."

Les religions :

"Les plus grands conflits viendront des divergences d'opinion entre les divers groupes religieux dans les différents pays, ainsi que des crises économiques"

"Nous entrerons dans l'Ere des grands fanatismes religieux....les fanatismes violents se rencontrent plus souvent dans des pays miséreux et sous-alimentés (...) Ce sont des épées qu'Il a mises dans la pensée matérialiste de l'Homme. Les divergences raciales et religieuses font couler beaucoup de sang ou provoquent bien des guerres. Et pourtant, ces obstacles à la paix devront évoluer comme les autres (...) quel que soit le culte, quelle que soit la secte, le Seigneur est le même (...) Que tous, que chaque âme ne se réclame pas de son dieux, mais du Dieu unique"

Les extraterrestres :

Cayce a beaucoup parlé des habitants de notre système solaire et de ceux du Cosmos. Il n'a pas employé le mot ovni, ni E.T. qui ont été inventés et popularisés après sa mort. Cayce disait que l'espace est rempli de mondes habités

(je repense aux théories de Giordano Bruno, que j'ai évoqué dans un de mes sujets dans la rubrique Cosmologie, qui avançaient exactement la même idée et qui fut brûlé pour cela, une chance que Cayce ne vivait pas à l'époque de l'Inquisition, il aurait vécu bien moins longtemps alors)

"Ce que vous prenez pour l'espace désert est peuplé d'une suite de mondes ou de planètes encore invisibles de la Terre. Un jour ou l'autre, vous parviendrez à les découvrir. Les différents plans de l'astral sont des mondes de plus en plus évolués. Mondes, plans, sphères, toutes ces dénominations sont synonymes"

"On verra des signes dans le ciel (...) et ces signes ne sont pas seulement des phénomènes astronomiques..."

"Il y a des êtres habitants d'autres planètes qui ne sont pas des êtres de chair et de sang comme on en voit sur la Terre. Ces êtres conscients y prennent la forme et le mode d'existence adapté à l'environnement planétaire..(...) Il y a des âmes humaines incarnées dans d'autres planètes, mais il y a aussi d'autres êtres non humains que l'on connait mal, que l'on connaîtra mieux à l'ère du Verseau. Il y a une infini variété d'êtres qui évoluent là-haut, du meilleur et du pire"

"Les contacts avec les autres mondes ont toujours existé (...) les contacts avec les extraterrestres vont se multiplier (...) ces visiteurs auront un rôle à jouer dans les événements de la fin des temps....Il y a aura une agitation autour des ovnis aériens et sous-marins...."

tout cela se produira dans une perspective spirituelle afin d'amener l'Humanité à prendre conscience de sa dimension universelle. Il faudra cependant adopter une attitude de recherche spirituelle et de discernement afin de garder son équilibre intérieur et ne pas dériver dans les délires. Il y en aura qui utiliseront ce domaine dans le sens des forces de destruction. Cayce ayant bien précisé qu'il y a du meilleur comme du pire chez les habitants de l'espace.

Au sujet des crises sociales :

"Comme nous l'avons déjà dit, aussi longtemps que les travailleurs seront divisés, le Capital n'a rien à craindre. Mais le jour où les travailleurs sauront s'unir, là, le Capital peut trembler (...) si les travailleurs unissent leurs efforts, et si les patrons, qui occupent la plus grande partie du terrain actuellement, ne veulent pas prendre en considération l'union de tous en vue de l'intérêt général, alors là, la lutte, la guerre civile surgiront"

"Vous allez voir arriver des temps troublés, des conflits entre Capital et Travail, vous allez voir la division dans votre pays. (...) Ces perturbations viendront de l'intérieur, du manque de droiture dans les cœurs de certains de vos dirigeants"

"S'ils ne se réveillent pas, un Nouvel Ordre des Choses s'imposera, qui changera les activités et les relations humaines"

"La pourriture des ministres des cultes sera mise en évidence dans certains endroits, et des troubles, des combats se produiront. Et il y aura une période de flottement, car arriveront sur le plan terrestre les émissaires du Trône de Vie, du Trône de Lumière, et d'Immortalité, qui viendront pour enseigner les Hommes, et ils feront la guerre, dans les airs, aux émissaires de l'Ombre. Et alors, vous saurez que l'Armageddon est imminent."

Le Retour du Christ :

"Israël symbolise tous ceux qui cherchent la Vérité, pas seulement les descendants d'Abraham, mais toute nation, toute tribu, quelle que soit la langue qu'elle parle [...]. C'est cela , la signification du mot «Israël». "

Et Cayce d'expliquer longuement que le mot Israël signifie attente de Dieu, et cette attente n'est pas finie. Puis il évoque la Grande Pyramide, sur les murs intérieurs de laquelle sont inscrits tous les événements à venir, y compris l'entrée sur la Terre du Messie, entrée qui ne passera pas inaperçue :

"Et les changements dans la matière sont un signe (...) comme l'ont dit les anciens, quand le Soleil s'obscurcira et que la Terre se brisera en divers lieux. Et alors sera proclamé, à travers la perception des cœurs, des esprits et des âmes de ceux qui ont cherché Sa voie -- que Son étoile est apparue (...). Car Il est en train de préparer Sa manifestation devant les Hommes. "

Selon Cayce, il est très souvent possible de redresser le cap et d'écarter les menaces de catastrophe. Car le pouvoir d'un homme, ou d'un petit groupe d'hommes, peut bloquer le processus de catastrophe alors qu'il est déjà enclenché :

"En ce qui concerne les changements futurs, et leur accomplissement dans le Temps et l'Espace, cela dépendra des individus et des groupes humains. Cela dépendra de ce qu'ils feront, face à la Volonté divine, c'est-à-dire face au dessein de Dieu sur l'Homme. Les changements géologiques n'apporteront de bouleversements dans les affaires des hommes que dans la mesure où ces changements auront été provoqués par l'activité humaine, selon que l'on aura appliqué ou non les lois divines, à cette génération"

Les prophéties ne sont pas données pour créer une panique malsaine, mais pour nous inviter à réfléchir et à trouver la voie de la Paix.

Morceaux choisis - Georges Gurdjieff


 
« Les hommes sont des machines. »
Georges Gurdjieff
 
[...] Les hommes sont des machines, et de la part de machines on ne saurait attendre rien d’autre que des actions machinales.

Peut-on cesser d’être une machine?
Je demandai :
— Un homme peut-il cesser d’être une machine?
— Ah! c’est toute la question, dit G. Si vous en aviez posé plus souvent de pareilles, peut-être nos conversations auraient-elles pu nous mener quelque part. Oui, il est possible de cesser d’être une machine, mais pour cela, il faut avant tout connaître la machine. Une machine, une machine réelle, ne se connaît pas elle-même et elle ne peut pas se connaître. Quand une machine se connaît, elle a cessé dès cet instant d’être une machine ; du moins, n’est-elle plus la même machine qu’auparavant. Elle commence déjà d’être responsable pour ses actions.
— Cela signifie, selon vous, qu’un homme n’est pas responsable de ses actions?
— Un homme — il souligna ce mot — est responsable. Une machine n’est pas responsable.
On ne fait rien ; tout arrive.
[...] Mais à vrai dire, personne ne fait rien et personne ne peut rien faire. C’est la première chose qu’il faut comprendre. Tout arrive. Tout ce qui survient dans la vie d’un homme, tout ce qui se fait à travers lui, tout ce qui vient de lui — tout cela arrive. Et cela arrive exactement comme la pluie tombe, parce que la température s’est modifiée dans les régions supérieures de l’atmosphère, cela arrive comme la neige fond sous les rayons du soleil, comme la poussière se lève sous le vent.
« L’homme est une machine. Tout ce qu’il fait, toutes ses actions, toutes ses paroles, ses pensées, ses sentiments, ses convictions, ses opinions, ses habitudes, sont les résultats des influences extérieures, des impressions extérieures. De par lui-même un homme ne peut pas produire une seule pensée, une seule action. Tout ce qu’il dit, fait, pense, sent — tout cela arrive. L’homme ne peut rien découvrir, il ne peut rien inventer. Tout cela arrive.
« Mais pour établir ce fait, pour le comprendre, pour se  convaincre de sa vérité, il faut se libérer des milliers d’illusions sur l’homme, sur son être créateur, sur sa capacité d’organiser consciemment sa propre vie, et ainsi de suite. Rien de tel n’existe. Tout arrive — les mouvements populaires, les guerres, les révolutions, les changements de gouvernement, tout cela arrive. Et cela arrive exactement de la même façon dont tout arrive dans la vie de l’homme individuel. L’homme naît, vit, meurt, construit des maisons, écrit des livres, non pas comme il le désire, mais comme cela arrive. Tout arrive. L’homme n’aime pas, ne hait pas, ne désire pas — tout cela arrive.
« Mais aucun homme ne vous croira jamais, si vous lui dites qu’il ne peut rien faire. Rien ne peut être dit aux gens de plus déplaisant, de plus offensant. C’est particulièrement déplaisant et offensant parce que c’est la vérité, et que personne ne veut connaître la vérité.
[...] En vérité cependant, tout est fait de la seule manière possible. Si une seule chose pouvait être faite différemment, tout pourrait devenir différent. Et alors peut-être n’y aurait-il pas eu la guerre.

« Essayez de comprendre ce que je dis : tout dépend de tout, toutes les choses se tiennent, il n’y a rien de séparé. Tous les événements suivent donc le seul chemin qu’ils puissent prendre. Si les gens pouvaient changer, tout pourrait changer. Mais ils sont ce qu’ils sont, et par conséquent les choses, elles aussi, sont ce qu’elles sont. »
 
« Fragments d’un enseignement inconnu »
Ouspensky
(extraits)