dimanche 16 octobre 2011

Morceaux choisis - Christiane Singer

Abélard et Héloïse dans le manuscrit du Roman de la Rose (14e siècle)

L’amour sacré
« Tout ce qui a été écrit sur terre, dit, murmuré, hurlé, crié, parle d'amour... »

« J'ai eu un rêve cette nuit:
J'errais dans une ville à la recherche de ma maison. Je reconnaissais bien ma rue, les maisons environnantes, mais impossible de déceler l'entrée. J'ai repassé dix fois sans la trouver. Et quel soulagement, pour finir, d'en découvrir l'interstice, la fente entre deux murs!
Ainsi m'a-t-il fallu, pour rentrer enfin à la maison, trouver dans le familier, la faille où pénétrer. Elle est là, plus proche que je ne l'avais soupçonné, dans le gras même du vécu. La plus haute espérance est au cœur du plus proche et du plus familier. Là où je passe et repasse indéfiniment sans la voir. Ta présence !
Dieu, ta présence à mon être, ta déchirante, exaltante présence est au plus aigu de mon désir, au cœur de ma passion. Abélard et toi ne font qu'un ! Je ne l'ai pas joué contre toi ! Je ne l'ai pas préféré ! J'ai frappé en vain à mille portes!
En vain j'ai tout tenté pour me délivrer de la souffrance d'être séparée, en vain j'ai tourné mes regards vers les quatre horizons! D'où me viendra le salut? Du milieu même de l'amour, tu me regardes, et voilà que je ris aux éclats, oui !
Le monde n'est que ton jeu de masques ! Sous toutes les apparences, le même visage, sous tous les visages, le même sang, sous toutes les écorces, le même aubier! Présent dans chaque être, différent en chacun de nous, unique dans l'infini multiplié, partout incognito, passager clandestin de nos entrailles, ton corps est composé de tous nos corps.
Ce que je croyais séparé vibrait en toi depuis toujours! Aucune tentative de fuite qui ne nous ait ramenés en toi! Traverser l'épaisseur des choses au plus dru, au plus dense est encore le plus sûr chemin. Pour sortir de ma prison et Te rejoindre, il n'y avait que les murs à traverser!"
L'expérience de l'amour, c'est cela. L'expérience de l'amour est que, portée à son incandescence - que nous aimions notre enfant, notre amant, notre amante - dans la traversée, dans la trouée, nous entrons toujours dans la dimension du sacré.
On a tout à fait tort quand on dit que l'amour est aveugle. Je crois qu'il faudrait dire bien davantage que l'amour est visionnaire, c'est-à-dire qu'il voit dans l'être aimé la divinité qui l'habite. L'amour voit tout.
Naturellement. Pas d'une manière réaliste et au niveau des preuves, mais dans la lucidité de la seule ferveur. C'est ce qui importe. L'amour est là comme cet apprentissage à nous faire entrer dans la ferveur. En toute chose la mesure est importante et désirable, mais en amour la seule mesure est la démesure.
Dans n'importe quelle forme d'amour, dans celui que nous portons à nos enfants, dans celui que nous portons aux hommes et aux femmes que nous aimons. La seule mesure est la démesure parce que c'est la seule qui nous fait entrer dans la ferveur et dans le sacré. »
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« La passion est une mort initiatique. Il y a toujours destruction et résurgence. Ne confondons pas les êtres aimés avec l'amour. Nous sommes les uns et les autres qui nous aimons, des fenêtres à ouvrir.
Dans la tradition du zen on dit : "Ne confonds pas le doigt qui te montre la Lune, et la Lune". L'amant et l'amante ne peuvent jamais être davantage que le doigt qui montre la Lune. Le pire qui puisse nous arriver, c'est quand l'être aimé détourne l'amour à son profit. C'est alors le drame.
C'est-à-dire quand l'être aimé se confond avec l'amour que vous lui portez, sans voir que cet amour est une invitation au dépassement. J'apprends dans l'amour que je porte à un être, l'amour, et le sens de l'amour est d'apprendre à aimer, rien d'autre. »

Christiane Singer
Extraits divers : « Une passion. Entre ciel et chair »

"Voyage métaphorique" de Vladimir Kush

dimanche 9 octobre 2011

Macrocosme et Microcosme - Rudolf Steiner



Macrocosme et Microcosme

Rudolf Steiner

« Le but de l’initiation est de nous apprendre à connaître la vie de l’univers spirituel, du macrocosme, alors que l’expérience journalière ne nous fait comprendre la vie de notre âme que sous l’aspect du microcosme. »


Je voudrais vous parler aujourd’hui d’une vérité capitale de la science ésotérique, – le rapport qui existe entre le macrocosme et le microcosme. Il y a ainsi, dans la science ésotérique, un certain nombre de thèmes importants qu’on retrouve dans tout l’ésotérisme comme des leitmotivs, des thèmes conducteurs. Tel est celui du rythme des nombres ; le macrocosme et le microcosme en est un autre. Le mystère du nombre exprime en cela que certains phénomènes s’enchaînent de telles manières qu’on peut toujours considérer la septième répétition comme un terme, et la huitième comme le début d’une nouvelle série. Nous trouvons dans le monde physique un exemple de ce fait dans le rapport de l’octave à la tonique.

Le rapport qui existe entre le macrocosme et le microcosme est plus important encore. Nous en trouvons une image sensible à chaque pas. Observons par exemple la relation qui unit la plante à la graine. La plante peut être considérée comme un macrocosme par rapport à la graine qui est, elle, un microcosme. Dans la graine, les forces sont, en une certaine manière, ramassées tout d’abord sur un seul point ; elles se répandent ensuite dans toute la plante. Le même rapport existe entre le développement d’un individu et celui du peuple auquel il appartient.

Mais là où cette relation nous apparaît sous son jour le plus important, c’est entre l’homme incarné dans un corps physique, d’une part, et l’univers d’autre part.

Dans son être sensible, l’homme possède, comprimées en lui, toutes les forces de l’univers, comme la plante tout entière est concentrée dans la graine.

Tant qu’il vit sur la Terre, l’homme ne se connaît lui-même que sous cet aspect comprimé du microcosme. Mais il ne vit pas seulement dans le monde sensible ; il a aussi une existence qui se répand dans l’univers. Lorsqu’il tombe dans le sommeil, la conscience cesse pour lui, les sens ne lui parlent plus. Une science extérieure s’efforcerait en vain d’affirmer qu’en l’homme endormi se trouvent les mêmes éléments psychiques que dans son état de veille. Il est inadmissible que la vie psychique soit purement et simplement anéantie pendant le sommeil et qu’au réveil elle sorte du néant. La science extérieure devra bientôt admettre que les faits matériels sont aussi incapables d’expliquer la vie psychique que les lois de l’oxygène d’expliquer les poumons. Les poumons ne se comprennent que dans leur fonctionnement organique. De même la vie consciente que nous aspirons au réveil et expirons en nous endormant doit être comprise dans son fonctionnement interne. Pour l’occultisme, s’endormir, s’éveiller, ce sont les battements d’un rythme ; chaque matin, l’homme aspire son être spirituel, son âme ; il l’expire en s’endormant. Cet esprit, cette âme, qui sont pour nous ce qu’est l’air pour le souffle de nos poumons, où sont-ils quand l’homme dort ? La partie spirituelle de l’homme, ainsi que nous l’enseigne l’anthroposophie, est environnée par l’atmosphère du monde spirituel, de même que notre corps baigne dans l’atmosphère physique de l’air, avec la seule différence que l’air physique ne forme qu’une couche atmosphérique de quelques kilomètres, alors que l’autre emplit tout l’univers.

Examinons la quantité d’air que l’homme aspire dans son corps en fonction de ce qui se passe autour de lui. La même quantité qu’absorbent les poumons pendant l’inspiration est rejetée ensuite dans l’atmosphère. Si bien qu’avant l’expiration elle est dans le microcosme, après l’expiration dans le macrocosme. De même la vie de notre âme et de notre esprit est contenue à l’intérieur de notre corps entre l’éveil et le début du sommeil et s’exhale dans le macrocosme entre le moment de l’endormissement et l’éveil.

La science physique enseigne l’existence de l’atmosphère physique ; la science spirituelle décrit l’univers spirituel où vivent notre esprit et notre âme pendant le sommeil. Mais si les méthodes de la science physique sont bien connues, il n’en est pas de même à l’égard de la science spirituelle qui possède pourtant, elle aussi, ses méthodes d’investigation et de connaissance. Au cours des âges, ces méthodes ont toujours reçu le nom d’initiation. Le but de l’initiation est de nous apprendre à connaître la vie de l’univers spirituel, du macrocosme, alors que l’expérience journalière ne nous fait comprendre la vie de notre âme que sous l’aspect du microcosme.

La science, qui a pour méthode l’initiation, acquiert une importance toute spéciale du fait qu’elle nous familiarise avec un monde où nous pénétrons nécessairement après la mort, c’est-à-dire après l’abandon définitif du corps.

La méthode de l’initiation nous enseigne comment agir sur ce plan de l’univers spirituel, comment le percevoir et en avoir conscience. Elle nous indique pour cela des exercices intérieurs. Nous devons tout d’abord nous efforcer de libérer de leurs attaches corporelles les activités de l’âme.

 Trois forces essentielles de l’âme sont étroitement liées au corps par la vie courante ; l’initiation doit les en délier.



La première est la force de la pensée.
Nous l’employons habituellement à construire des idées, à nous former des représentations sur les choses qui nous entourent. Tâchons de pénétrer dans la nature de cette force de pensée. Que se passe-t-il en nous quand nous pensons ? La science physique a déjà bien établi le fait : chaque fois que nous saisissons une idée qui se rapporte à un objet physique, il se passe dans notre cerveau un phénomène de destruction ; nous détruisons la substance cérébrale ; la fatigue qui en résulte nous le prouve suffisamment. Ce que la pensée journalière a détruit, le sommeil doit le réparer. Or, par la méthode de l’initiation, nous parvenons à un état où la force de la pensée se libère du cerveau physique. La pensée se délie de son instrument matériel. Il n’y a plus alors de destruction.

Nous parvenons à cette libération de la pensée au moyen de la méditation, de la concentration, de la contemplation.

Ce sont des exercices qui impriment à l’âme une orientation absolument différente de son cours ordinaire. Pour nous faire comprendre, donnons un exemple précis. En général, les représentations que nous avons, tout ce qui remplit notre âme, se prête mal à évoquer en nous l’état méditatif ; il faut recourir à d’autres images. Représentez-vous par exemple que vous ayez en face de vous deux verres, dont l’un est vide et l’autre à moitié rempli. Or, voici qu’on verse de l’eau du verre à demi-plein dans celui qui est vide ; et représentez-vous maintenant que cependant le verre qui se vide devienne de plus en plus plein. Pour l’effet matériel, c’est un non-sens, une absurdité ; cependant la représentation sur laquelle nous voulons méditer ainsi n’a pas à être réelle, mais à nous donner une représentation qui ne vienne uniquement que de notre âme. C’est précisément parce que cette image ne contient rien de réel, rien de déjà vu dans le monde physique, qu’elle détourne notre esprit de la réalité sensible. Elle peut être un symbole ; par exemple, elle exprime ce fait intérieur qu’est ce mystère de l’amour. Il en est de ce mystère de l’amour comme du verre à demi-rempli qui se déverse dans le verre vide et par là se remplit encore davantage. L’âme n’est pas épuisée, mais comblée dans la mesure où elle donne. Tel est le sens que peut avoir ce symbole.

Quand nous méditons sur une image de ce genre et concentrons sur elle toutes les forces de notre âme, nous devons oublier tout le reste, nous oublier nous-mêmes. Le courant ordinaire de notre âme est dirigé dans ce sens nouveau un long moment. Il ne suffit pas de faire cet exercice une ou plusieurs fois ; il faut toujours le renouveler. On sentira en soi-même quelle transformation il opère dans notre vie intérieure. Nous remarquerons bientôt qu’il se développe ainsi en nous une force de pensée qui ne détruit pas le cerveau. La méditation qui est ainsi faite n’entraîne aucune fatigue et ne détruit pas la matière cérébrale.

Les débutants ont parfois une impression toute contraire, car la méditation les porte au sommeil. Mais cela vient de ce que, au début, ils dépendent encore du monde extérieur, tant que leur pensée n’est pas libérée du cerveau. Elle n’en est détachée que si, à la suite d’efforts répétés, nous parvenons à méditer sans fatigue. C’est alors que peu à peu notre vie se transforme. Alors qu’auparavant, pendant le sommeil, nous étions hors de notre corps inconsciemment, nous en prenons maintenant conscience. Alors que dans la vie habituelle nous sentions notre Moi comme enfermé en nous-mêmes, nous nous sentons, par la méditation, filtrer à travers notre corps. Celui-ci devient un objet que nous regardons comme du dehors. Nous arrivons ainsi à sentir quelle force magnétique nous enchaîne à lui. Et nous reconnaissons que ce sont les mêmes forces qui, chaque matin, nous ramènent vers ce corps physique où nous allons pénétrer à nouveau. Les forces qui nous attirent ainsi sont les mêmes, nous le voyons maintenant, que celles qui ont présidé à notre naissance. Nous les avons puisées dans le monde spirituel ; ce sont les courants que nous avons suivis pour aller vers un nouveau corps. Nous voyons pourquoi elles nous ont attirés vers l’enchaînement des générations, vers nos parents.

Quand notre âme a conquis de cette manière la faculté de passer du microcosme au macrocosme, de contempler son corps comme du dehors, une expérience spirituelle s’offre à elle à ce moment. L’âme qui a pu prendre en elle-même une certaine fermeté, une certaine indépendance extérieure par rapport au corps, peut comprendre dès lors ce qui s’est passé sur Terre lorsque le Christ y a vécu dans un corps physique. Et c’est ce qu’on peut appeler la première rencontre dans le macrocosme avec l’impulsion du Christ.
Examinons maintenant la seconde force de l’initiation dont nous possédons le germe en nous.

 De même que nous pouvons libérer la pensée, nous pouvons libérer également la force que nous employons pour le langage.

 On a cru pendant longtemps, dans la science extérieure, que la faculté du langage s’élaborait dans les circonvolutions cérébrales. Mais ce n’est pas dans ce sens qu’est le rapport. L’organe de Broca ne forme pas le langage ; il a été formé par lui.

La fonction de la pensée détruit la matière cérébrale ; celle du langage construit l’organe de Broca. C’est cette force que nous pouvons détacher de son support physique quand nous cultivons tout particulièrement un sentiment puissant au cours de notre méditation. Si je médite sur cette phrase : «  Dans la Lumière rayonne la Sagesse  », ces mots ne reflètent non plus aucune réalité extérieure, mais ils ont une signification profonde. Si nous en faisons un sentiment intense, celui-ci par exemple : je veux vivre dans cette lumière qui rayonne de sagesse, nous sentons alors comment il est possible de saisir cette force qui se déverse en général tout entière dans les mots, de la retenir, de la garder en notre âme. C’est en cela que consiste le «  silence d’or  », en ce que la force qui crée le mot rayonne en notre âme.

Cet exercice nous en donne la maîtrise. Le précédent nous avait enseigné la maîtrise de la pensée. A cette maîtrise était liée celle de l’espace ; le second exercice nous rend maîtres du temps. Le déroulement de nos souvenirs s’étend alors jusqu’à la naissance et peut même remonter au-delà de cette frontière. C’est la voie sur laquelle nous pouvons nous avancer pour retrouver l’existence qui s’est écoulée avant notre naissance et remonter dans le passé de l’humanité. Ce que nous contemplons alors, c’est la puissance qui dirige l’évolution de l’histoire humaine. La base spirituelle de toute vie terrestre devient l’objet de notre connaissance quand nous avons édifié en notre âme la force du verbe, la force du mot inexprimé et métamorphosé.

Il se passe à nouveau ici un événement spirituel qui nous met en rapport avec le Christ. Nous sommes arrivés au point d’intersection entre la ligne de l’humanité et la ligne du Christ, au moment où il s’est incarné. C’est la force originelle du Christ que nous contemplons alors. Et cette expérience projette une lumière spéciale sur les premiers versets de l’évangile selon Jean.

En libérant notre pensée, nous étions unis au Christ tel qu’il était sur Terre. La spiritualisation du verbe nous fait comprendre le mystère du Golgotha.



Une troisième force encore peut acquérir son indépendance au moyen de la méditation.

Non seulement, le lien doit être dénoué avec le cerveau, avec le larynx, mais aussi avec la circulation du sang et le cœur. Toute une force de notre âme est intimement liée à la circulation du sang et par elle au cœur. Nous pouvons nous en faire une faible idée lorsque nous voyons quelqu’un rougir ou pâlir. L’action de cette force peut devenir purement psychique et peut être comme soustraite à son correspondant physique, rendue indépendante des pulsations du sang. C’est ce qui arrive dans les méditations où la volonté entre en jeu. Reprenons la phrase indiquée précédemment : «  Dans la Lumière rayonne la Sagesse ». Mais ayons cette fois la ferme résolution d’y unir notre volonté, de telle sorte que, de toute notre énergie, nous accompagnions cette sagesse rayonnante dans l’évolution de l’humanité.

Quand nous arrivons ainsi à introduire la volonté dans la méditation, nous élevons ces forces de la vie volontaire sur le strict plan de l’âme. Si l’on peut extraire du sang ces forces (en vérité, on ne les extrait jamais complètement) et les diriger, elles deviennent en nous comme un organe de clairvoyance par lequel nous nous élevons au-dessus de la Terre. Le devenir de la Terre s’explique à nous ; elle nous apparaît comme une planète qui a passé déjà par des métamorphoses, des sortes d’incarnations, et qui s’incarne sous cette forme terrestre, cependant que nous avons nous-mêmes la forme humaine. Ainsi, nous gagnons peu à peu les états de conscience du monde spirituel, du macrocosme.


On ressent alors comment la vie qui s’écoule sur Terre entre la naissance et la mort forme un contraste avec l’existence qui se déploie dans le monde spirituel, entre la mort et une nouvelle naissance.

 Ce que l’homme a vécu après la mort, ou si l’on veut avant de naître, libéré de son corps, c’est ce qu’expérimente alors l’initié.

Quand nous vivons dans notre corps, dans le microcosme, les perceptions nous viennent au moyen des organes physiques des sens. Après la mort, lorsque nous ne sommes plus atteints par les perceptions sensibles, des rapports nouveaux doivent s’établir entre l’âme et le milieu où elle vit. Il faut déjà avoir trouvé sur Terre comme le fait l’initié, le moyen de passer du microcosme au macrocosme pour établir consciemment cette relation de notre âme avec le monde spirituel.

Le travail que nous faisons sur nous-mêmes et qui nous fait déjà vivre pendant la méditation au sein de ces conditions spirituelles, nous rapproche de ceux qui ont déjà franchi le seuil de la mort. Il est impossible de s’entretenir avec les morts au moyen du langage humain habituel. Mais, quand nous avons libéré dans l’âme cette force du langage, ce qui se découvre alors à nous, c’est la manière dont nous sommes liés aux morts. Si nous libérons la force de la pensée, nous arrivons à nous entretenir avec ceux qui se trouvent entre la mort et une nouvelle naissance. Pour en citer un exemple, on peut prendre celui d’un homme qui sur Terre fut excellent, mais seulement au sens matériel et à l’égard des siens ; toutefois il n’avait en son âme aucun idéalisme, aucune spiritualité. Le clairvoyant qui entra en rapports avec cet homme, après que celui-ci eût franchi le seuil de la mort, retira de lui l’impression suivante : « J’ai vécu avec ma famille sur Terre, avec les miens ; ils étaient toute ma lumière. Ils vivent actuellement, je le sais, mais je ne puis les voir que jusqu’au moment où j’ai quitté la Terre. Depuis lors, je ne peux établir aucun rapport avec eux. » Et le clairvoyant put continuer de suivre ce qui se passa par la suite. L’influence de cet homme avait grandement agi sur sa femme pendant qu’il vivait et continuait d’agir après sa mort ; l’homme pouvait voir cet effet, comme on voit non un être vivant, mais un reflet dans un miroir.

Ainsi peut apparaître après la mort tout ce qui est de nature spirituelle. Nous voyons sur Terre, dans notre corps physique, l’existence corporelle ; après la mort, c’est tout ce qui est fait d’âme et d’esprit que nous pouvons percevoir.

Il y a donc un rapport possible entre ceux qu’on appelle les morts et les vivants et ce rapport s’établit si les vivants s’élèvent à une activité spirituelle.

En cela consiste le bienfait que nous pouvons apporter aux morts. Nous pouvons encore donner quelque chose à un être qui a franchi les portes de la mort, surtout si un lien nous unit à lui. Une des façons de lui donner est de se représenter par exemple qu’il est devant nous, de lui adresser nos pensées et de lui lire ce qui peut être un aliment pour son âme. Mais nous ne pouvons nous faire percevoir que si notre âme elle-même porte en elle la force spirituelle qui rend ces idées, ces pensées perceptibles pour lui. L’une des tâches de l’anthroposophie ne peut être vraiment comprise que si l’on voit en elle ce qui nous permet intérieurement de combler l’abîme qui nous sépare des morts. Si même un être était pendant sa vie entièrement opposé à un enseignement comme celui de l’anthroposophie, il peut recevoir après sa mort un véritable bienfait de ce genre de lecture. Car au fond, dans notre vie intérieure, il faut bien distinguer deux choses : la surface et le fond. Nous n’avons conscience que de la surface, comme nous ne voyons que les vagues de la mer, mais toute la réalité des profondeurs nous échappe. S’opposer par sa conscience à un enseignement spirituel, cela peut être purement un phénomène de surface ; dans la réalité, l’âme peut nourrir dans ses profondeurs une profonde aspiration. Notre conscience de surface ne veut pas s’en rendre compte et préfère s’étourdir pour oublier ce qui se passe au fond. Mais lorsque cette âme franchit le seuil de la mort, tout se transforme. Elle a précisément soif d’accomplir les désirs inconscients dont sa vie terrestre l’a détournée. C’est pourquoi elle peut recevoir un véritable bienfait d’une lecture spirituelle, qui vient alors lui apporter ce dont elle a le plus besoin. Celui qui fait cette lecture devient graduellement conscient du lien qui s’établit entre lui et les morts. Mais, avant même d’avoir ce sentiment, s’il lit ainsi, il ne risque rien que de n’être pas entendu.

Nous voyons donc qu’une compréhension vivante du rapport qui existe entre macrocosme et microcosme, vie physique et vie dans le monde spirituel, nous aide à établir un lien avec les soi-disant morts.

Le lien peut encore s’établir d’une autre façon. Quand le clairvoyant observe, par exemple, un homme qui dort, il constate la différence qui existe entre les âmes, entre celles qui franchissent les portes du sommeil sans avoir jamais dans la journée nourri la moindre pensée spirituelle, ou celles qui à l’état de veille accueillent en elles ces pensées. Or, pendant le sommeil, nos âmes s’offrent aux morts comme un champ étendu devant eux et les pensées spirituelles sont comme des semences dans ce champ. Lorsqu’en nous endormant, nous n’emportons pas dans notre âme de ces pensées, nous retirons aux morts leur nourriture. En leur lisant, nous leur donnons une impulsion spirituelle ; les idées que nous emportons avec nous dans le sommeil les nourrissent.

Ainsi, tout ce que l’homme édifie en son âme construit le pont qui relie le microcosme au macrocosme.

 Une partie grandissante de notre être intérieur s’affranchit du périssable ; l’immortalité devient une expérience vécue. De même que la graine est la garantie d’une prochaine graine, la force spirituelle qui s’affirme en nous est la garantie d’un retour à la vie. Nous ne comprenons plus seulement sous une forme abstraite l’immortalité, nous la réalisons en nous. La force qui parcourt notre âme est celle-là même qui nous fera franchir le seuil de la mort et s’épanouira au-delà de ce seuil.

Quand nous avons fait de cette vérité la sève intérieure qui parcourt tout notre être spirituel, le rapport avec l’univers, le macrocosme, est établi dès notre vie physique dans le monde physique.


(Cette conférence a été publiée la première fois dans la revue 
« La Science Spirituelle » numéro double 7-8 de mai-juin 1935) 

Morceaux choisis - J. Krishnamurti



« Le silence est le plus haut degré de la sagesse. »

         Pindare

« Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence. »

         Euripide

« Je me suis rendu compte que j'avais de moins en moins de choses à dire, jusqu'au moment où, finalement, je me suis tu. Dans le silence, j'ai découvert la voix de Dieu. »

         Søren Kierkegaard


« Le silence doit-il être cultivé, doit-on l’alimenter et le renforcer soigneusement ?
Et qui est celui qui le cultive ?
 Diffère-t-il de la totalité de votre être ?
Y a-t-il silence, l’esprit est-il immobile, lorsqu’un désir domine tous les autres, ou bien lorsqu’il établit des résistances contre eux ?
 Peut-on parler de silence lorsque l’esprit est discipliné, modelé, contrôlé ? Tout cela n’implique-t-il pas un censeur, un soi-disant esprit supérieur qui contrôle, juge et choisit ?
Et une telle entité existe-t-elle ?
 Dans l’affirmative, n’est-elle pas le produit de la pensée ?

 La pensée se subdivise en éléments élevés et bas, éléments de permanence et de non-permanence, et ces divisions sont toujours le produit du passé, de la tradition, du temps. C’est grâce à ces divisions que l’esprit est en sécurité. La pensée et le désir recherchent maintenant la sécurité dans le silence et voudraient trouver une méthode ou un système qui permettent de l’obtenir. Au lieu des satisfactions matérielles, la pensée veut découvrir le plaisir du silence, et cela suscite le conflit entre ce qui est et ce qui devrait être. Le silence est incompatible avec le conflit, la répression, la résistance.

— Ne doit-on pas rechercher le silence ?

Le silence ne sera pas tant qu’on le recherchera. Le silence de l’esprit immobile ne naît qu’à partir du moment où le chercheur et le désir n’existent plus. Sans chercher à y répondre, posez-vous cette question : la totalité de votre être peut-elle être silencieuse ? La totalité de votre esprit, le conscient et le subconscient, peut-elle être immobile ? »

J. Krishnamurti « Commentaires sur la vie »
(Tome 2, Chapitre 46)


"Illusion de phonographe" de Vladimir Kush

dimanche 2 octobre 2011

La libération du karma


La libération du karma


La Terre se comporte comme un immense circuit électrique.

Il existe une cavité électromagnétique située entre notre planète et la dernière couche de l'ionosphère, à environ 55 kilomètres de distance de sa surface. Les propriétés résonantes de cette zone furent découvertes par le physicien allemand Winfried Otto Schumann entre 1952 et 1957. Elles permettent de mesurer la fréquence ou taux vibratoire moyen de notre planète. La résonance de Schumann, qui donne en quelque sorte la mesure du battement de cœur de la Terre, était de 7,8 Hz depuis des milliers d'années. Mais à partir de 1980, cette fréquence s'est accélérée, d'abord lentement, puis de plus en plus rapidement à partir de l’année 2000, au point de dépasser aujourd'hui le niveau de 12 Hz.

L'accélération du taux vibratoire de notre planète fait qu’en termes de perception ressentie du temps, 24 heures actuelles de durée de vie correspondent à seulement 14 heures d’avant 1980 ! C'est comme si le temps s'était brutalement emballé, ce qui a bien sûr pour conséquence de modifier complètement nos biorythmes et les cycles d’organisation de nos activités quotidiennes ! L’accélération vibratoire a déjà des répercussions physiques sur l’homme lui-même : allongement important de la durée de la vie, augmentation rapide de la taille moyenne des individus, assouplissement de la plasticité de l’organisme, diminution de la pilosité, accélération de la réactivité neuronale entraînant une intensification de la sensibilité ainsi qu’une modification rapide des habitudes et des comportements sociaux.

Mais, pour le moment, c’est surtout au niveau de la vie intérieure et du développement des capacités extrasensorielles que les choses semblent s’accélérer.

 Pour nous aider à intégrer les changements énergétiques liés à l’éthérisation de la Terre, faciliter notre transition vers la Nouvelle Ère et permettre l’élargissement rapide du champ de perception de notre conscience, des missions spirituelles ont été organisées ; des aides spirituelles nous parviennent actuellement de différents êtres et de différentes régions du Cosmos, si bien que l’accès à la multidimensionnalité, qui était jusqu’à présent réservé aux Maîtres spirituels et aux êtres réalisés au terme d’un long processus d’éveil de la conscience échelonné sur de nombreuses réincarnations, est désormais ouvert à chacun d’entre nous.

La principale différence entre la perception qu’ont les Maîtres spirituels de notre monde et celle du commun des mortels, c’est qu’ils ne sont plus dirigés par leur ego comme le sont les autres hommes.

N’étant plus dirigés par leur ego, ils se sont affranchis de leur karma, c’est-à-dire qu’ils ont acquis la liberté de choisir eux-mêmes leur destinée sans limitation d’aucune sorte. Ils vivent dans la paix et dans l’harmonie ; débarrassés de leurs peurs et de leurs angoisses, ils se contentent de se laisser guider par l’Esprit qui dirige entièrement leur vie. Les Orientaux nomment Samadhi cet état de grâce, cette joie, cet amour et cette lumière indicibles qu’ils semblent émaner d’eux et rayonner autour d’eux et qui n’est en réalité qu’une conséquence de leur libération karmique.

En ce qui me concerne, je n’ai malheureusement pas encore réussi à apprivoiser totalement mon ego ni à mener l’expérience de l’âme humaine incarnée jusqu’au terme de son évolution dans le plan physique. Je ne prétends donc pas connaître tous les aspects du processus qui conduit à la libération et je ne tiens d’ailleurs pas à me poser en guide spirituel. En dehors des épreuves douloureuses que j’ai eu à traverser, j’ai également vécu des moments au cours desquels je me sentais allégé, dilaté et conscient de faire partie de l’Unité du Tout, plongé dans un état de joie et de paix proche du Samadhi. Mon expérience de la dualité m’a ainsi permis d’acquérir quelques bribes de connaissance, puis, en procédant par extrapolation, d’accéder à certaines informations que je souhaiterais simplement vous faire partager.

Je ne vais pas vous raconter ma vie dans les détails ; mon objectif est seulement de témoigner de l'existence en nous d'une conscience supérieure, de cette Superconscience qu’est le "Moi Divin" évoqué par Sri Aurobindo, Ramana Maharshi, Sivananda, Paramahansa Yogananda, Ma Ananda Moyi, Omraam Mikhaël Aïvanhov et tous les plus grands Maîtres de Sagesse venus s’incarner sur notre planète au cours des décennies passées.



Il est important d’en parler, parce que ce Moi Divin, ce "JE SUIS" des mystiques, est appelé à devenir bientôt une réalité pour des multitudes d'hommes et de femmes qui sont sur le point de rétablir la connexion consciente avec la partie plus élevée de leur être. Les conditions de ce rétablissement sont en effet maintenant réunies sur la Terre. Et j’irai même plus loin : celui qui ressent intérieurement l’appel de l'Esprit n'a plus aujourd’hui d'autre alternative que de changer définitivement tout ce qui, dans sa vie, n'est pas aligné avec la vibration du Moi divin !

Supposons, par exemple, que vous ayez pris l’habitude de fumer régulièrement ; quand le Moi divin aura commencé à déployer sa lumière et son amour en vous, vous recevrez automatiquement l'impulsion d’écraser votre dernière cigarette ; l'Esprit divin vous incitera à le faire et il n’y aura plus de rechute, parce que vous vous conformerez naturellement à sa demande et son rayonnement nettoiera votre mémoire cellulaire, effaçant tous les signaux psychiques induits par votre ancienne addiction ; votre quotidien sera débarrassé aussi bien de la nicotine que de toutes les autres substances auxquelles votre ego avait auparavant recours pour se procurer du plaisir et de l’excitation.

La manifestation de l’Esprit Divin supprime les effets du karma et cela contribue aussi à rétablir un niveau vibratoire approprié à l’élévation de notre niveau de conscience : le corps physique retrouve un bon équilibre et une bonne énergie.

Personne ne peut devenir divin dans un corps affecté par un trouble psychique ou intoxiqué par des drogues ; un corps nettoyé et sain est la base de la collaboration entre l'homme et son essence divine.

NOTA : Il est par contre tout à fait possible de tomber malade physiquement après avoir atteint le Samadhi. Dans l’histoire de l’humanité, plusieurs grands Maîtres se sont incarnés alors qu’ils étaient libres de tout karma et se sont se chargés d’une partie du karma de l’humanité quand rien ne les y obligeait. Ramana Maharshi fait partie de ces êtres d’exception. Victime d’une dégénérescence osseuse, d’un cancer des os et d’une grave maladie cardio-vasculaire, il passa une grande partie de sa vie allongé et s’éteignit dans de terribles et interminables souffrances sans jamais se départir de son merveilleux sourire. Quand on lui proposa de l’opérer d’une tumeur particulièrement douloureuse, il se contenta de répondre avec douceur : « Laissez donc ce corps retourner tranquillement à la Terre ! »

Les premiers contacts avec l'Esprit divin ont pour effet de bouleverser l'homme ; la force d'amour qui est ressentie a une telle intensité que les larmes jaillissent parfois des yeux ! L'Esprit divin agit en envoyant des impulsions dans la conscience, elles peuvent être très douces, elles peuvent aussi être puissantes. Elles peuvent être perçues avec une grande netteté et être lues comme nos propres pensées, cela dépend de notre degré d’éveil.

Avant tout, nous devons croire qu'en nous se trouve l'étincelle divine et que cette parcelle de Dieu est notre être véritable. Le corollaire de ce principe est qu'il n'y a pas de séparation entre nous et la Divinité, Dieu est en nous, nous sommes Ses expressions, notre essence ultime est Esprit. Ayant compris cela, l'homme peut demander à l'Esprit de Dieu qui est dans son cœur d'entrer en contact avec lui, il peut Lui dire qu'il reconnaît maintenant Son existence et Lui demander de participer activement à la configuration de sa réalité, à la définition de son monde. L'Esprit divin en nous n'intervient pas si on ne Lui en fait pas la demande ; ce faisant, Il respecte notre libre-arbitre. L'Esprit divin commence à agir dès que la demande Lui en a été faite ; Il devient alors notre partenaire et nous aide à co-créer avec Lui les différents aspects de notre existence.

C'est la Lumière dans notre cœur qui permet de soulever le voile et qui rend la communication possible avec notre Moi divin.

Si l'impulsion passe bien à travers le voile, il nous est possible d'entendre notre Moi divin, nous savons ce qu'il attend de nous, nous entendons les réponses qu'il donne aux questions que nous lui posons et son existence en nous devient tangible. Nous commençons alors à ressentir un amour très grand pour la Divinité qui nous habite, un amour qui nous donne envie de nous aligner complètement sur sa vibration, qui nous pousse à faire en sorte que le temple soit nettoyé, purifié, car le Dieu qui l'habite n'est plus un étranger, nous pouvons sentir l'Amour qu'Il a pour nous et nous commençons à prendre conscience que nous sommes un avec cet Esprit divin, que nous sommes sa manifestation dans la matière. Nous prenons conscience que l'union entre la Lumière et la Matière est proche : dans l'Ère Nouvelle qui approche, nous serons des dieux physiques, nous aurons parfait notre humanité.

Certains, un très grand nombre même, rejettent cette possibilité d’accéder à une connexion avec l’Esprit divin qui annihilerait les effets de notre karma. J'ai longtemps fait partie de ceux-là, persuadé que le karma ne pouvait être effacé qu’au prix d’un travail fastidieux, de longues et terribles épreuves étalées sur plusieurs incarnations. Mais voilà : je suis un homme et l’Esprit a décidé d’offrir à l’ensemble de l’humanité la possibilité de se libérer de ses chaînes, et de le faire MAINTENANT !

Un jour, j’ai réalisé que ma compréhension était très éloignée de la réalité, alors même que je croyais avoir tout compris. Je prétendais pouvoir tout expliquer : d'où je viens, qui je suis et où je vais ! J'avais consacré du temps et de l'énergie pour construire cette vision sans imaginer que j'étais complètement dans l'erreur, sans imaginer que les choses étaient totalement différentes et que ma connaissance spirituelle n'était qu'un fatras d'absurdités.

Comment ai-je été assez aveugle pour ne pas comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’être riche pour être heureux, ni de lire des milliers de livres pour être instruit, ni de voyager jusqu’au bout du monde pour découvrir de nouveaux horizons, ni de se droguer pour s’affranchir de la pesanteur, ni de prendre des dizaines de compléments alimentaires chaque jour pour être en bonne santé, ni de se débattre comme un forcené pour parvenir à se libérer de ses chaînes ?

La libération karmique est simplement une grâce divine, une opportunité sublime qui nous est accordée AUJOURD’HUI MÊME !

Le karma, quant à lui, n'est pas une loi divine comme certaines religions et certaines sectes le prétendent, le karma a été inventé par nous, comme le reste, comme la maladie, comme le vieillissement, comme la mort du corps. Nous avons créé le karma pour nous punir d'avoir joué avec l'Ombre. Entre deux incarnations, nous nous jugeons et nous infligeons nous-mêmes une sentence et c'est cela le karma : une auto-condamnation. La Divinité ne nous punit pas, Dieu est Amour divin, Conscience divine, Lumière divine et Connaissance divine. Nous avons décidé de devenir nos propres juges et nous avons inventé le karma pour manifester la sentence.

La plupart des guerres et des malheurs de l’humanité proviennent de ce que pas une seule religion, pas une seule communauté n’accepte de reconnaître l’essence divine de l’être humain. Nous sommes des parties de Dieu qui jouent à être des hommes. Nous sommes des esprits divins incarnés, nous sommes des êtres puissants !

Nous quittons une Ère d’obscurité, le Kali Yuga des Hindous, au cours de laquelle il nous a été permis de faire tout et n'importe quoi, certaines choses magnifiques noyées dans un océan d’abomination ; nous étions plongés dans une profonde ignorance, coupés de notre essence divine par une dualité difficilement surmontable. Isolés sur notre planète, nous avons cru dur comme fer que nous étions seuls dans l'univers. Maintenant ce cycle prend fin et une Ère Nouvelle commence, une Ère de prospérité qui nous verra redevenir les véritables dieux que nous sommes ; notre mémoire nous sera bientôt rendue de même que notre conscience divine et nous réintégrerons la grande Communauté galactique avec laquelle nous contribuerons à mettre en œuvre les plans du "Grand Architecte", du "Grand Constructeur", au côté de Christ le Maçon.


Nous allons tous devoir nous élever et franchir la porte de la Lumière.

La Terre qui nous porte a, quant à elle, déjà entamé son ascension. Nous allons devoir cesser de faire ce que nous voulons, le libre-arbitre laissera la place à la Loi divine. Nous allons redevenir divins et nous allons accompagner la Terre dans sa transformation ; il ne nous sera plus possible de jouer avec l'Obscurité, car il n'y aura plus d'obscurité. L'Ère Nouvelle qui s'annonce est celle de l'Ascension de la planète et de l'humanité qu'elle porte dans la Lumière.

Olivier de Rouvroy

Douce France...

« République bananière » de Vladimir Kush


Requiem pour une république

Une république bananière désigne un pays peu développé et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire sujette à renversement. L’appareil étatique, corrompu à tous les échelons, permet à une caste détenant tous les pouvoirs de s'y maintenir indéfiniment par divers moyens, en général toujours les mêmes : prévarication sur le bien public, corruption, détournement ou captation des revenus économiques par appropriation ou surtaxation ; maintien des populations dans la terreur grâce à une police, une milice ou une armée au service exclusif du pouvoir ; élections truquées assurant aux caciques leur réélection quasi-automatique.
Cette expression s'est par la suite étendue aux pays qui, sous les apparences de républiques constitutionnelles, ne sont en fait que des dictatures.

« France, France, …
 Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix. »
Du Bellay

Je suis venu à la conclusion que la politique est une question trop sérieuse à laisser aux politiciens.
Charles De Gaulle

Tous ces prétendus hommes politiques sont les pions, les cavaliers, les tours ou les fous d'une partie d'échecs qui se jouera tant qu'un hasard ne renversera pas le damier.

Honoré de Balzac

Tout pouvoir sans contrôle rend fou.

Alain

En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal.

Nicolas Machiavel

En politique une absurdité n'est pas un obstacle.

Le mot de "vertu politique" est un non-sens.

La bonne politique est de faire croire aux peuples qu'ils sont libres.

Napoléon Bonaparte

En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas, et promettre ce qu'on ne peut pas donner.

Louis XI

La politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres.

Jules Michelet

Où il n'y a point de maître, tout le monde est maître ; où tout le monde est maître, tout le monde est esclave.

Jacques-Bénigne Bossuet

La politique est l'art de mentir à propos.

La politique est le premier des arts et le dernier des métiers.

La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l'esprit humain.

On a trouvé, en bonne politique, le secret de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres.

Voltaire

La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.

Paul Valéry

La raison d'état est une raison mystérieuse inventée par la politique pour autoriser ce qui se fait sans raisons.

Saint Evremond

Presque toujours, en politique, le résultat est contraire à la prévision.

François René de Chateaubriand

Il faut s'attendre à tout en politique, où tout est permis, sauf de se laisser surprendre.

Charles Maurras

La guerre est une poursuite de l'activité politique par d'autres moyens.

Carl Von Clausewitz

Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions.

John Fitzgerald Kennedy

En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables.

Tout le monde peut faire des erreurs et les imputer à autrui : c'est faire de la politique.

Georges Clemenceau

La société politique contemporaine : une machine à désespérer les hommes.

Albert Camus

C'est pas dur la politique comme métier ! Tu fais cinq ans de droit et tout le reste c'est de travers.

Coluche

La politique est l'art de se servir des gens.

La religion est la maladie honteuse de l'humanité. La politique en est le cancer.

Henry de Montherlant

En politique, il faut suivre le droit chemin ; on est sûr de n'y rencontrer personne.

Ne croyez jamais une chose en politique aussi longtemps qu'elle n'a pas été démentie.

Otto von Bismarck

L'engagement politique peut être une nécessité. Il n'est jamais une valeur.

Louis Pauwels

Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique.

                                                      Charles Péguy                                                                                                                                                                        


« Selon que vous serez puissant ou misérable, 
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. » 

Les animaux malades de la peste
Jean de La Fontaine


Ma France



De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirais pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France
Paroles et Musique: Jean Ferrat   (1969)