vendredi 27 novembre 2009
jeudi 26 novembre 2009
Combien d’univers multiples dans l’Univers ?
Combien d’univers multiples dans l’Univers ?
Il y aurait environ 10 000 000 000 000 000 000 000 000 000 univers multiples... Et peut-être autant de versions parallèles de votre personne. Malheureusement, nos capacités cérébrales limitent drastiquement notre perception. De quoi frustrer les fans de science-fiction.
Selon Bettini Stefano du CNRS, « les scénarios d’univers multiples sont monnaie courante dans la physique des hautes énergies et en cosmologie, bien que bon nombre de spécialistes les considèrent comme des spéculations audacieuses. Quoi qu’il en soit, il n’existe pas de théorie unique ou de modèle unifié d’univers multiple. On trouve plutôt un nombre considérable de propositions théoriques qui sont mutuellement incompatibles. Ce qui est commun à tous ces scénarios, c’est l’existence postulée de plusieurs régions causalement disjointes de l’espace-temps (ou même d’espace-temps complètement séparés les uns des autres) et le fait de considérer l’univers observable comme étant atypique dans une perspective globale. »
En fait, la recherche fondamentale en physique a souvent recours aux univers multiples pour expliquer des phénomènes comme la fameuse matière noire ou les super-cordes, pour ne citer que ceux-ci.
D’où viendraient ces univers multiples ?
Un petit roman de nos origines cosmiques s’impose... Avec ce qu’il faut de simplification et de terminologie en vogue histoire d’offenser les puristes de la physique. J’en rigole déjà.
Le Big Bang fut d’abord et surtout « une singularité » qui généra des fluctuations quantiques dans l’état primaire de notre univers. Dès ses premières nanosecondes, l’univers connut une phase d’hyperinflation dans laquelle « des perturbations initiales furent gelées », créant différentes conditions initiales dans plusieurs régions du cosmos qui auraient chacune leurs propres lois de la physique. D’où l’idée d’univers multiples ou plus simplement d’Univers multiple (« multiverse » en anglais)...
… D’où l’hypothèse sci-fi selon laquelle d’autres versions de nous-mêmes existeraient dans ces univers parallèles qui, de temps à autre, s’interconnectent et offrent des opportunités de passage à celui disposant de la technologie adéquate. Pour plus de détails, veuillez consulter les professeurs Walter Bishop et William Bell. Dans la mesure du possible, évitez un monde bassement terrestre dans lequel l’Allemagne nazie aurait développé l’arme atomique en pôle position.
Combien d’univers multiples sont apparus lors des premiers instants du cosmos ?
Les physiciens Andrei Linde and Vitaly Vanchurin postulent que leur nombre est proportionnel aux effets causés par les perturbations initiales et dépend fortement de ce que nous définissons comme univers multiple. Après maints calculs fondamentalement inaccessibles à nos misérables cervelets, les deux esprits établissent que le nombre de variations possibles de ces perturbations détermine le nombre maximal d’univers multiples... Qui s’élèverait à environ 10 puissance 10 puissance 10 puissance 7 (10^10^10^7) ou 10 000 000 000 000 000 000 000 000 000 univers multiples pour les fétichistes du chiffre !
Combien d’univers multiples pouvons-nous observer ?
La réponse n’est pas si simple car les capacités de traitement de l’information par l’observateur entrent considérablement en jeu, et ce, compte tenu du volume maximal d’informations qui peut être contenu à l’intérieur de n’importe quel volume d’espace (cf. la limite de Bekenstein) et des limites du cerveau humain.
Selon les deux professeurs de Standford, si notre cerveau absorbe un volume maximal de 10^16 bits d’informations durant toute notre vie terrestre, il dispose donc d’un maximum de 10^10^16 configurations différentes. Consécutivement, il ne peut percevoir plus de 10^10^16 réalités différentes de la nôtre, ne peut mémoriser autant de données afférentes et ne peut encore moins appréhender les effets inhérents à la dilation relativiste du temps sur une telle échelle.
10^10^16 configurations cérébrales différentes, c’est déjà pas mal. 10^10^10^7 univers multiples, c’est beaucoup trop pour vous, pauvres mortels ! En plus clair, les fantastiques aventures de Star Wars, de Star Trek, de Stargate et de Battlestar Galactica n’ont eu lieu que dans notre univers connu et/ou imaginable. Minable.
Nos capacités biologiques nous limitant donc à 10^10^16 univers multiples, les académies scientifiques feraient bien de recruter illico des professeurs extraterrestres provenant de civilisations scientifiquement et technologiquement très supérieures à la nôtre.
Pour ma part, afin de mieux appréhender ces casse-têtes multiples, je me contenterais amplement d’un dîner avec la ravissante cylonne Numéro Six ou la charmante agente Olivia Dunham du FBI dans quelque univers alternatif proprement désert...
par
Charles Bwele (electrosphere.blogspot.com/)
jeudi 19 novembre 2009
Libellés :
Quelque part ailleurs
Morceaux choisis - Voltaire
Micromégas
de
Voltaire
Micromégas est un conte philosophique de Voltaire paru en 1752, considéré (rétrospectivement) comme une des premières œuvres de science-fiction.
Le conte décrit la visite de la Terre par un être venu d'une planète de l'étoile Sirius, nommé Micromégas, et de son compagnon le secrétaire de l'Académie de Saturne. Il souligne la notion philosophique de relativité et contient une critique de la religion.
«Vous devez passer votre vie à aimer et à penser ; c'est la véritable vie des esprits.»
"Je remercie la puissance éternelle ; il ne m'appartient pas de la borner ; je n'affirme rien, je me contente de croire qu'il y a plus de choses possibles qu'on ne pense."
"Un grand architecte : J'admire en tout sa sagesse ; je vois partout des différences mais aussi partout des proportions."
« J'arriverai peut-être un jour au pays où il ne manque rien; mais jusqu'à présent personne ne m'a donné de nouvelles positives de ce pays-là. »
« Notre imagination va au-delà de nos besoins. »
« Nous autres, sur notre petit tas de boue, nous ne concevons rien au-delà de nos usages. »
« Vous voyez bien que c'est mourir presque au moment que l'on est né; notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome. »
"Je vois plus que jamais qu'il ne faut juger de rien sur sa grandeur apparente."
"Notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome ; nous sommes une goutte d'eau dans l'océan."
« Ah ! dit-il, je m'en étais bien douté. »
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« Dans une de ces planètes qui tournent autour de l'étoile nommée Sirius, il y avait un jeune homme de beaucoup d'esprit, que j'ai eu l'honneur de connaître dans le dernier voyage qu'il fit sur notre petite fourmilière; il s'appelait Micromégas, nom qui convient fort à tous les grands. Il avait huit lieues de haut: j'entends, par huit lieues, vingt-quatre mille pas géométriques de cinq pieds chacun.
Quant à son esprit, c'est un des plus cultivés que nous avons; il sait beaucoup de choses; il en a inventé quelques-unes; il n'avait pas encore deux cent cinquante ans, et il étudiait, selon la coutume, au collège des jésuites de sa planète, lorsqu'il devina, par la force de son esprit, plus de cinquante propositions d'Euclide.
Notre voyageur connaissait merveilleusement les lois de la gravitation et toutes les forces attractives et répulsives. Il s'en servait si à propos que, tantôt à l'aide d'un rayon du soleil, tantôt par la commodité d'une comète, il allait de globe en globe, lui et les siens, comme un oiseau voltige de branche en branche.
Quelque accoutumé qu'il fût à voir des choses nouvelles, il ne put d'abord, en voyant la petitesse du globe et de ses habitants, se défendre de ce sourire de supériorité qui échappe quelquefois aux plus sages. »
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Citations
mercredi 25 novembre 2009
Le processus dépressif
"Dépression" de Van Gogh
« La nature a horreur du vide. »
Aristote
Le processus dépressif
La dépression, c’est l’illusion de la vacuité.
On ressent le vide qui s’installe en soi, qui se dilate et nous aspire ; c’est l’attrait du vide intérieur avec le syndrome de la spirale qui accélère la descente. C’est comme un vertige venu de l’intérieur de soi, une perte d’adhérence débouchant sur la phobie de son anéantissement.
Pourquoi ce sentiment de vide ?
Il y a trois modes dépressifs ; par réaction, par inaction et par désillusion. Les trois obéissent au même schéma : immobilisme et incompréhension.
• Par réaction à une situation donnée : perte d’un être cher, maladie grave, séparation, divorce, veuvage, etc.
C’est la modification d’un état antérieur, assimilé au bien-être ou au bonheur, qui crée ce sentiment de manque, de nostalgie qui va, s’il dure, s’enkyster dans la personnalité et devenir pathologique.
• Par inaction qui correspond soit à une situation imposée (perte d’emploi, chômage, etc.) soit à un contexte personnel débouchant sur un manque d’envie, une absence de motivation généralisée qui s’installe et se développe, de façon pernicieuse, en annihilant toute volonté de faire quoique ce soit, que l’on préjuge vain, en toute mauvaise foi.
• Par désillusion quand, alors qu’on s’est fixé un but à atteindre, donné les moyens d’y parvenir et le temps nécessaire à le réussir, on s’aperçoit que l’on n’y arrive pas, malgré toute sa bonne volonté de bien faire. L’échec entraine une remise en question de soi, rapidement suivie d’une dépréciation chronique.
Comment combler ce vide ?
La réflexion pour analyser les tenants et aboutissants et la programmation pour dégripper le moteur de l’action sont les deux outils essentiels de la guérison de la dépression.
La programmation permet d’instaurer l’action et d’adopter une technique de réalisation. C’est la dynamique du mouvement.
• La réflexion doit permettre de trouver l’origine précise de la tendance dépressive. Quand on a compris d’où ça vient, on a pratiquement gagné le combat, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Identifier le problème c’est déjà le résoudre.
• Vient ensuite la programmation qui consiste à mettre au point l’action juste qui va supprimer le vide qu’on a circonscrit lors de l’analyse.
C’est sans doute l’étape la plus délicate, car il faut trouver une action qui soit une réponse adaptée en qualité et en quantité à la nature de la dépression identifiée au préalable. D’autre part, il faut s’y tenir jusqu’à ce qu’un résultat sensible soit perçu.
Bien sur, ce ne sont que des mots, mais ils sont porteurs de sens à condition de leur laisser le temps d’éclore. Paroles, paroles, paroles ; elles s’envolent. C’est bien pour ça qu’il faut tout poser par écrit.
De la théorie à la pratique, il n’y a qu’une étape, celle de passer à l’acte.
Quand tu agis, tu ne déprimes plus… sauf dans le cas de la dépression métaphysique.
La dépression métaphysique
" Mais il est encore une chose que je voudrais vous dire : ce qu'on appelle exploration de l'inconscient dévoile, en fait et en vérité, l'antique et intemporelle voie initiatique. (...). Ce n'est pas mon simple "credo", mais l'expérience la plus importante et la plus décisive de toute ma vie : cette porte, une porte latérale toute banale, ouvre sur un étroit sentier, d'abord anodin et facile à embrasser du regard, - étroit et à peine marqué parce que bien peu seulement l'ont suivi - mais qui mène au secret de la métamorphose et du renouveau. "
Carl Gustav Jung
extrait d'une lettre parue dans "Correspondance,
tome I, 1906-1940 ", Albin Michel, Paris 1993
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Le bloc-notes
Morceaux choisis - Baudelaire
« Spleen »
in
« Les Fleurs du mal »
« Les Fleurs du mal »
(1857)
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Baudelaire
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