samedi 17 mars 2012
dimanche 11 mars 2012
Cherchez et vous trouverez
Cherchez et vous trouverez
« Votre lien avec d’autres dans un cheminement spirituel facilitera grandement votre préparation à la transition.
Il se trouve parmi les lecteurs de ce livre plusieurs solitaires qui résistent. Nous les encourageons à découvrir leur groupe d’âme avec lequel croître. Il est difficile d’avancer dans la solitude et la route peut être périlleuse. Trouvez ceux dont la compagnie vous sera bénéfique et réciproquement.
Ceux et celles qui sont engagés sur la voie évolutionnaire ont maintenant une forte vibration et ils attirent les esprits apparentés. Si vous recherchez vos âmes-sœurs, vous les trouverez et votre vide sera partiellement comblé.
En vous approchant de la phase transitionnelle, vous pourrez vous connecter à vos guides spirituels et à des êtres d’une fréquence vibratoire supérieure. Vous sentirez notre présence et vous pourrez même nous voir. Nous serons en mesure de vous guider plus directement lorsque vous entendrez nos voix intérieurement et que vous saurez les distinguer de celles qui sont d’une nature inférieure.
Nous vous encourageons à rechercher notre attention et à la demander. Nous pouvons vous aider si vous le désirez. Comme vous avez le libre arbitre, nous n’interviendrons pas si vous ne nous y invitez pas. De plus, nous ne pouvons pas nous connecter à vous si votre vibration est basse. Nous ne pouvons pas traverser l’énergie obscure dont vous vous recouvrez. Quand vous vous serez libérés de vos démons personnels, nous pourrons vous accompagner et vous pourrez sentir notre présence. Si vous ne vibrez pas au même niveau que nous, vous ne pourrez pas supporter notre énergie. Vous sentiriez alors une surcharge sensorielle et votre cerveau serait affecté chimiquement. C’est pourquoi vous devez construire votre fréquence lentement afin de supporter davantage notre lumière. »
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« La lumière que vous transmettez contient de l'information et une charge électrique.
Quand vous envoyez cette charge le long des filaments de lumière, vous envoyez des signaux électriques informationnels. Quand les humains communiquent entre eux, ils échangent une charge électrique d'une certaine fréquence vibratoire au moyen de la parole ou de l'écriture.
Exercez-vous à donner de l'énergie aux autres par les filaments de lumière quand vous leur parlez et quand vous les écoutez. Ce faisant, vous développerez votre conscience de la transmission énergétique et vous deviendrez des régénérateurs énergétiques plutôt que des "siphonneurs". Cette pratique peut à elle seule vous transformer. En l'exerçant, vous deviendrez des conduits de la force universelle. Le champ source environnant vous réapprovisionnera et vous deviendrez des générateurs de lumière.
En imaginant un filament argenté vous reliant aux autres aspects de l'univers, vous établirez également des liens informationnels pouvant élever votre conscience. Souvenez-vous que les pensées sont de l'énergie et de l'information. Vous pouvez vous connecter à d'autres formes de vie et obtenir d'elles de l'information sous forme d'énergie. De plus, des pensées sur ces formes de vie se créeront dans votre conscience. D'une certaine façon, ce sera de la communication télépathique. Vous êtes extrêmement limités actuellement par vos moyens de transmission de pensée. Il y a très peu de nouvelles pensées dans votre système parce que la plupart d'entre vous recyclent simplement les pensées des autres. Il existe d'autres façons d'obtenir de l'énergie informationnelle que la télévision et les livres. Vous avez tous la capacité de vous connecter au savoir astral de votre planète et aux connaissances emmagasinées dans les formes animées ou inanimées. Vous pouvez également porter à un niveau supérieur cette transmission d'énergie en vous connectant à des êtres appartenant à d'autres mondes ou à des systèmes stellaires éloignés. »
« À mesure que votre conscience se développe, tous les aspects de votre âme qui vibrent à diverses fréquences se développent également.
Par conséquent, encore une fois, alors que vous élevez votre conscience, toutes les parties de votre âme en sont influencées et ont la potentialité d'évoluer à l'unisson. Quand vous serez capables d'atténuer votre densité et de voir au-delà de l'espace et du temps, vous serez plus aptes à reconnaître les autres aspects de votre âme qui existent dans des passés et des futurs probables, et possiblement sur d'autres planètes. L'emprise de votre mental et de votre psychisme sur l'existence concrète au jour le jour s'étendra pour inclure votre soi qui existe à l'extérieur de votre enveloppe temporelle et de vos limites spatiales.
« À mesure que votre conscience collective s'étendra jusqu'à cette nouvelle perspective du temps et de l'espace, vos communautés scientifiques élargiront également leurs idées quant à ces concepts. Elles feront alors plusieurs découvertes importantes. Ces nouvelles théories et ces découvertes transcenderont plusieurs disciplines scientifiques et permettront une meilleure intégration d'idées que celle qu'on observe actuellement. L'éveil de cette nouvelle perspective se produira simultanément dans plusieurs secteurs d'étude dont la physique, les mathématiques, la biologie et la psychologie. Alors que des groupes scientifiques présenteront des conceptions et des découvertes révolutionnaires que vos présentes croyances et théories admises ne peuvent expliquer, une explosion intellectuelle donnera naissance à de nouveaux paradigmes étonnants. Ce processus élèvera la barre de toutes vos connaissances et de leur expression physique. Les nouvelles théories conduiront bientôt à des inventions qui puiseront dans l'espace intermédiaire et qui transcenderont la barrière temporelle.
Ces découvertes et ces inventions vont changer à jamais la vie telle que vous la connaissez maintenant. Tout cela sera possible lorsque suffisamment d'esprits innovateurs se libéreront des conceptions et des normes admises pour appliquer ces nouvelles idées à tous les domaines d'étude. Le changement de conscience pavera la voie à une conscience qui fera accomplir à votre civilisation d'énormes sauts en un court laps de temps. Sous votre forme liée à la quatrième dimension, les pensées se répandront dans la société à une vitesse exponentielle et un savoir spontané surgira partout sur le globe.
L'énergie de la conscience voyagera à une vitesse qui suscitera de gigantesques progrès spirituels, scientifiques et technologiques. La clé de ces nouvelles idées résidera dans l'exploration de l'espace intermédiaire et de l'énergie source qu'il émet. Par la suite se produiront des découvertes sur la nature et la souplesse des constructions temporelles associées à la conscience, lesquelles ouvriront la porte au voyage entre les dimensions dans le temps. Votre espèce a beaucoup à découvrir en s'aventurant dans le Cosmos. Plusieurs parmi vous qui auront quitté leur corps physique par la mort seront désireux de revenir jouer sur le plan de la Terre en évolution, car elle constituera un nouveau terrain à explorer et un terrain de jeu idéal pour les pionniers. »
Extrait de « Les clés de l’évolution de l’âme » de Jill Mara
Portail vers la prochaine dimension
Editions Ariane
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Quelque part ailleurs
Morceaux choisis - Christiane Singer
« La vie n’a pas de sens.
Ni sens interdit, ni sens obligatoire.
Et si elle n’a pas de sens,
C’est qu’elle va dans tous les sens
Et déborde de sens, inonde tout.
Elle fait mal aussi longtemps
Qu’on veut lui imposer un sens,
La tordre dans une direction ou une autre.
Et si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens. »
Le chemin de la vie
« L’insatisfaction que nous ressentons à ne pas être là où il faut quand il faut est un aiguillon qui nous pousse en permanence dans une quête prodigieuse de nous-mêmes. »
" De notre conception à notre mort, la vie est conçue comme un chemin d’initiation, un cycle d’expériences successives. La roue qui va tourner son grand tour est à chaque point où son cercle ferré touche le sol à son point de départ. Chaque instant est le début, chaque nouveau jour, chaque nouveau livre, chaque nouvelle rencontre. A chaque moment nous commençons de neuf. […] La vie ne commence de faire mal, très mal, que lorsque nous ne nous laissons pas porter par son courant […]. Retenir le flux de l’existence, c’est oublier que la vie est l’art de la métamorphose. La femme que vous avez devant vous a déjà enterré un enfant, l’enfant qu’elle a été ; joyeux, il chantait et dansait ; puis une adolescente embarrassée de ses jambes. J’ai enterré aussi une jeune femme, une jeune mère. J’ai enterré une femme mûre. Je viens même d’enterrer la femme féconde que j’étais ; c’est-à-dire que je suis entrée dans ma seconde fécondité. Et j’enterrerai cette femme mûrissante que je suis en devenant la femme vieille qui est en moi ; puis la très vieille femme ; puis, la morte et celle qui fera le passage vers l’autre rive.
Ainsi, chaque fois que j’ai quitté un espace, je suis entrée dans un autre. Ce n’est pas facile. C’est dur de quitter le pays de l’enfance ; c’est dur de quitter le pays de la jeunesse ; c’est dur de quitter l’épanouissement féminin, de quitter la fécondité. D’un pays à l’autre, d’un espace à l’autre, il y a le passage par la mort. Je quitte ce que je connaissais et je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas où j’entre. Traiter ce passage comme s’il allait de soi ? Bien sûr que non : ce serait légèreté. Mais, puisque plusieurs fois déjà j’ai fait l’expérience qu’en quittant un " pays " j’entrais dans un autre d’une égale richesse sinon d’une plus grande richesse, pourquoi donc hésiterais-je devant la vieillesse ? »
Notre corps selon les âges
Je vais tenter maintenant d’ébaucher les différentes qualités de présence qui règnent dans nos corps selon les âges de la vie – et qu’il va s’agir aussi de jouer dans nos existences comme l’ensemble des touches d’un clavier. […]
La trace de ce bonheur, je le retrouve dans les fièvres de l’enfance. Tout autour les bruits de la vie, la vaisselle lavée, l’eau qui coule, le grincement des freins dans la rue… plus tard aussi dans des situations comme somnoler dans un train, rouler seule en voiture, etc. Personne n’attend rien de moi – je goûte à l’être. Cet espace de présence de qualité Yin se retrouvera tout au long de l’enfance mais partout aussi où l’activité est suspendue : dans la maladie (même dépression) ou alors dans l’état d’amour (l’état de transe qui fait traverser les jours en somnambule) et plus tard dans la vieillesse quand l’ange l’accompagne et qu’elle devient espace d’accueil.
– Avec l’adolescence, c’est une autre qualité qui s’incarne. Un champ ouvert à toutes les virtualités. De même que la vieillesse délivrera le corps de sa détermination sexuée, l’adolescence est espace de liberté – et de virginité. J’appelle ici virginité " cet état d’amour qui se passe de complice ", cet espace agrandi et hermaphrodite – voué à l’ordre encore de tous les possibles. Dans cette perspective, une sexualité précoce n’est pas à rejeter pour des raisons de moralité – ce qui serait insignifiant – mais pour des raisons de dynamique et de devenir de l’être. Avant de recevoir son empreinte sexuelle, l’adolescent est encore en résonance avec l’entière création, dans un espace initiatique qui ne se retrouvera plus. En entrant dans la féminité ou dans la masculinité, la moitié du monde m’est dérobée.[…]
– La jeunesse, elle, a une qualité radicalement différente. C’est l’espace de la vie aujourd’hui le plus convoité et le plus méconnu. La jeunesse est l’otage de nos industries cyniques – la cible de notre société de consommation –, et tout cela est contraire à son génie propre qui est recherche, quête, errance. La jeunesse est lieu d’expérimentation et d’erreur. Ne tentons surtout pas d’épargner aux jeunes gens que nous aimons d’errer, ni même (si terrible que cela soit à vivre) de momentanément se perdre, de s’essayer à tous les rôles. Le corps est alors dans son épanouissement total – et pourtant il n’est pas perçu par celui qui l’habite ! " Dire “je me sens bien” montre déjà qu’on a cessé d’être jeune – car lorsqu’on est jeune, on ne se sent ni bien ni mal, on est tout simplement " (Jean Améry).
Etonnante contradiction qui fait qu’au moment où je possède tout ce qui m’emplira plus tard de nostalgie – beauté, jeunesse, vigueur – je ne le perçois pas comme un trésor ! Cette beauté, cette vigueur me sont rendues maintenant par mes fils. Quand mon fils de vingt ans entre dans la pièce, même si j’ai le dos tourné, je perçois cette énergie de vingt ans qui envahit l’espace – un incendie ! Mais lui l’ignore ! Celui qui vit cette énergie n’est pas en mesure de la fêter puisqu’il s’agit pour lui de devenir qui il est – dure tâche ! […]
Etonnante contradiction qui fait qu’au moment où je possède tout ce qui m’emplira plus tard de nostalgie – beauté, jeunesse, vigueur – je ne le perçois pas comme un trésor ! Cette beauté, cette vigueur me sont rendues maintenant par mes fils. Quand mon fils de vingt ans entre dans la pièce, même si j’ai le dos tourné, je perçois cette énergie de vingt ans qui envahit l’espace – un incendie ! Mais lui l’ignore ! Celui qui vit cette énergie n’est pas en mesure de la fêter puisqu’il s’agit pour lui de devenir qui il est – dure tâche ! […]
– Avec l’âge adulte, l’arc est tendu – clarté, discernement –, si nous suivons alors notre étoile, notre vocation, nous sommes à la fleur de l’âge. C’est le moment de construire le monde. […] Nous avons chacun la responsabilité d’une parcelle de l’univers (école, bureau, hôpital, maison où nous travaillons, où nous vivons). Nous sommes responsables de ce lieu où le destin nous place. […]
Cet âge – qui le croira ? – est sous le signe de la joie. La plus grande part du labeur est accomplie – tant pour les femmes que pour les hommes, c’est le passage d’une fécondité à une autre."
Christiane Singer
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lundi 5 mars 2012
La voie royale
La voie royale
Le parcours de la peine, de la souffrance et la crispation sur l’objectif qui consiste à assouvir laborieusement nos besoins matériels et émotionnels est un chemin long et escarpé, fait de petits plaisirs et de grandes chutes. Il est l’ancienne voie conditionnée par les millénaires passés et dessinée par les élites dominantes dans le but de contenir l’éclosion et l’épanouissement de l’Etre en chacun.
La route « serpentante » de l’effort, de la sueur et des larmes, si elle n’est pas obligatoirement une impasse, n’est pas non plus la voie royale. La peur est le marqueur de cet ancien chemin de contrainte et de doute. Cette peur est le poids artificiel greffé à notre cœur énergétique par la violence des dominants.
Etant soit dépourvus, soit insatiables de cette source inépuisable, ils ne survivent « éternellement » que par le parasitisme de l’énergie première que l’humanité incarne encore maladroitement.
Vivre la pleine conscience en chaque cellule, en chaque geste, en chaque pensée provoquera l’ouverture de la voie royale. C’est la voie de l’Etre créateur.
C’est la voie du choix et de la réalisation.
Cette voie ne peut cohabiter avec le sentier hasardeux tracé pour les moutons. Ce n’est pas non plus celle du loup qui par la ruse ou par la force a l’illusion d’être au-dessus de la mêlée.
La voie royale sonne comme un concerto de Jean Sébastien Bach, libre, intelligent, empreint d’une majestueuse sérénité comme d’une sensibilité incisive. Elle brille comme le soleil de midi qui efface toute ombre. Elle n’est soumise à aucun dictat extérieur à l’individu qui l’incarne. Elle ouvre l’espace-temps avec la fulgurance de l’éclair et permet l’accomplissement instantané de la mission choisie par chacun. Le frisson d’échine, qui signe le contact avec ce chemin rectiligne, donne à celui qui l’interprète le pouvoir absolu sur sa vie.
La majesté de l’Etre ne connaît aucune dépendance. Elle infuse de son aura le milieu traversé de sorte que ceux qui croisent cette route s’en trouve naturellement réjouis. Cette attitude souveraine attire à elle tout ce qui lui est utile. L’univers entier conspire alors en secret au partage de sa puissance génératrice. De sa main droite l’homme d’aujourd’hui, en 2012, peut saisir le fruit de cette connaissance et répandre ses propres bienfaits sans peur ni calcul car l’abondance ne saurait alors lui manquer. C’est l’anti crise absolue qui stupéfie les incrédules et révulse les manipulateurs de plus en plus inquiets quant à l’avenir de leur mainmise.
Dans le nouveau paradigme de la voie royale, la matière environnante n’est pas de même densité que dans le chemin passé du préétabli. Sa malléabilité obéit à la précision et à la netteté de la conscience. Le temps de la manifestation est considérablement raccourci et les changements adviennent au rythme de la reprise en main du pouvoir personnel de chacun. L’expérimentation directe et personnelle de la vie est créatrice quand l’obéissance aux préétablis du passé est sclérosante.
La voie royale est révolutionnaire est incompatible avec toute délégation de pouvoir. La politique politicienne n’aura plus d’objet et disparaîtra. Les structures pyramidales du pouvoir ne tiennent que par la soumission de leur base : elles s’effondreront toutes malgré les cris d’orfraie des belles personnes qui se croyaient en sécurité au sommet. La voie royale établi une communication directe et symbiotique entre le corps physique et l’Etre qui l’anime : la maladie sera oubliée et le corps resplendira.
La coopération de deux individus cheminant de concert sur cette autoroute de vie sera démultiplicatrice de bienfaits. La contagion sera exponentielle. L’ancienne voie souffreteuse sera naturellement abandonnée comme fut délaissée en son temps la lampe à pétrole devant la magie de la fée électricité.
Erik Gruchet
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Quelque part ailleurs
Morceaux choisis - Victor Hugo
Les mots sont les passants mystérieux de l'âme…
« Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant.
La main du songeur vibre et tremble en l'écrivant;
La plume, qui d'une aile allongeait l'envergure,
Frémit sur le papier quand sort cette figure,
Le mot, le terme, type on ne sait d'où venu,
Face de l'invisible, aspect de l'inconnu;
Créé, par qui? forgé, par qui? jailli de l'ombre;
Montant et descendant dans notre tête sombre,
Trouvant toujours le sens comme l'eau le niveau;
Formule des lueurs flottantes du cerveau.
Oui, vous tous, comprenez que les mots sont des choses.
Ils roulent pêle-mêle au gouffre obscur des proses,
Ou font gronder le vers, orageuse forêt.
Du sphinx Esprit Humain le mot sait le secret.
Le mot veut, ne veut pas, accourt, fée ou bacchante,
S'offre, se donne ou fuit; devant Néron qui chante
Ou Charles-Neuf qui rime, il recule hagard;
Tel mot est un sourire, et tel autre un regard;
De quelque mot profond tout homme est le disciple;
Toute force ici-bas a le mot pour multiple;
Moulé sur le cerveau, vif ou lent, grave ou bref,
Le creux du crâne humain lui donne son relief;
La vieille empreinte y reste auprès de la nouvelle;
Ce qu'un mot ne sait pas, un autre le révèle;
Les mots heurtent le front comme l'eau le récif;
Ils fourmillent, ouvrant dans notre esprit pensif
Des griffes ou des mains, et quelques-uns des ailes;
Comme en un âtre noir errent des étincelles,
Rêveurs, tristes, joyeux, amers, sinistres, doux,
Sombre peuple, les mots vont et viennent en nous;
Les mots sont les passants mystérieux de l'âme
Chacun d'eux porte une ombre ou secoue une flamme;
Chacun d'eux du cerveau garde une région;
Pourquoi? c'est que le mot s'appelle Légion,
C'est que chacun, selon l'éclair qui le traverse,
Dans le labeur commun fait une œuvre diverse;
C'est que de ce troupeau de signes et de sons
Qu'écrivant ou parlant, devant nous nous chassons,
Naissent les cris, les chants, les soupirs, les harangues;
C'est que, présent partout, nain caché sous les langues,
Le mot tient sous ses pieds le globe et l'asservit;
Et, de même que l'homme est l'animal où vit
L'âme, clarté d'en haut par le corps possédée,
C'est que Dieu fait du mot la bête de l'idée.
Le mot fait vibrer tout au fond de nos esprits. »
Victor Hugo
« Les contemplations »
Livre I (1855)
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