samedi 22 octobre 2011

Connais-toi toi-même



René Magritte – Décalcomanie (1966)


Connais-toi toi-même


«N’est-il pas évident que les hommes ne sont jamais plus heureux que lorsqu’ils se connaissent eux-mêmes, ni plus malheureux que lorsqu’ils se trompent sur leur propre compte? »

Socrate


Ne pas rester à la périphérie de soi-même, dans la superficialité, dans le paraître, mais se recentrer, et chercher l’origine de tous nos ressentis, au-delà de l’apparence, des conventions, des petits arrangements avec soi, en partant a la découverte de son être réel et secret ou, du moins, si bien dissimulé …

Peut-on tricher avec soi-même ?

Certainement ; à force de mentir aux autres on finit par croire à ses propres mensonges, et l’on se construit un être fictif qui a sûrement l’avantage d’avoir les qualités que nous n’avons pas et qui élude tous les défauts que nous avons. En fait, chacun se fait son cinéma, mais certains ne sont pas dupes de ce jeu alors que d’autres finissent par croire que l’image correspond à leur être réel.

La découverte profonde de soi permet de réveiller l’être pur qui est en nous, celui qui s’exprimait pleinement et naturellement durant notre enfance, avant d’être corseté par les sacro-saintes valeurs socio-éducatives qu’on nous a inculquées.

Quoique l’on fasse, le chemin de l’éveil passe toujours par l’homme, et n’en sort plus ; c’est l’intériorité qui est la clé de la réussite. Vous pouvez multiplier les stages, les séminaires, les ateliers animés par toujours plus de pseudo-grands initiés, dont la stature n’a d’égal que la prétention de leurs honoraires, vous n’avancerez pas tant que vous n’aurez pas compris que le savoir est en vous et qu’il vous suffit pour y accéder de poser la seule question qui soit :
 « Qui suis-je ? »,
et pour ce faire il faut impérativement chasser les marchands du temple et balayer devant sa porte. C’est aussi simple que cela, et on ne peut l’acheter.

La seule matière première, c’est soi-même.

Vous connaissez le jeu de la vérité, ce jeu de questions-réponses au cours duquel on s’engage par convention à ne pas mentir ou dissimuler ; au début les questions posées sont d’ordre général, et plus le jeu avance, plus elles deviennent personnelles et pertinentes, parfois intimes et profondes, à tel point qu’à certains moments on a de la  difficulté à trouver les réponses, non pas parce que l’on veut se réfugier dans le mensonge mais parce qu’on ne sait plus très bien où est la vérité.

Et c’est là qu’il se passe quelque chose de dérangeant et de surprenant.
Tout d’abord, on ressent une gène due au fait que plus on se livre plus on a le sentiment de s’affaiblir en donnant plus de prise à l’autre ; c’est notre armure qui se fendille, notre protection qui fond à vue d’œil.
Mais, dans le même temps, on s’aperçoit que le seul fait de dire la vérité sur soi permet peu à peu de découvrir une autre image de soi, constamment occultée, et à terme on s’en sent plus fort, car pour une fois on a eu le cran d’aller au-delà de l’illusion pour rencontrer notre être intérieur.
Et ce phénomène va de pair avec le ressenti de la personne qui pose les questions et qui répond aussi à celles que vous posez ; chacun évolue en même temps, l’un par l’autre, se découvrant réellement au fur et à mesure qu’il met son cœur à nu.

Ce jeu, quand il est joué en toute sincérité, permet de se trouver sans jamais tricher, chose qu’on n’a pas l’habitude de faire dans nos jeux de rôles quotidiens.
Et bien c’est ce genre de démarche qu’il faut effectuer avec soi-même, en toute solitude, en toute franchise, en allant toujours plus profond au fond de soi, en déblayant tous les obstacles, tous les faux semblants, en se mettant totalement à nu.

Ne croyez pas que ce soit facile, ne croyez pas que ce soit rapide.

 C’est un chemin long et difficile car la personnalité essaie constamment de reprendre le dessus en redistribuant des rôles plus clinquants, plus rassurants, et surtout présentés comme plus responsables et efficaces dans les sphères familiales, sentimentales, éducatives, sociales et professionnelles.
On ne quitte pas facilement la scène du grand théâtre de l’univers, et pourtant on ne connaît la vérité, sa vérité, qu’à la condition de tirer le rideau sur tous ces faux semblants du pouvoir, du paraître, de l’argent, du culte de soi, qui nous égarent et nous condamnent.

L’être ne peut réaliser son grand œuvre qu’en travaillant sur lui-même, par la connaissance de sa vérité, qui seule a le pouvoir de le libérer et de l’élever par l’éveil spirituel. Et pour ce faire, vous n’avez pas besoin d’avoir de grands moyens, mais de seulement deux outils dont chacun peut disposer à volonté :
 la ténacité dans l’action et la persévérance dans la durée.

Soyez bien conscient que vous êtes le seul à pouvoir vous occuper de votre avancement spirituel ; à défaut, vous serez venu pour rien dans votre incarnation.


« C'est l'expérience qui nous apprend la réalité des choses,
et qui élève notre esprit à la connaissance des vérités positives. »

  Charles Nodier

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