jeudi 1 avril 2010

La pesée de l’âme

" La douleur de l'âme pèse plus que la souffrance du corps. "
Publilius

« Tout débattu, tout bien pesé,
Les âmes des souris et les âmes des belles
Sont très différentes entre elles. »
Jean de La Fontaine
 
« L'important n'est pas ce qu'on supporte, mais la façon de le supporter. »
Sénèque
 
Aussi appelée "psychostasie", cette scène est illustrée dans le chapitre 125 du Livre des Morts. Au tribunal présidé par Osiris, le corps du défunt repose sur la balance divine, l'autre plateau portant la déesse Maât ou la plume qui la symbolise. Les deux plateaux doivent s'équilibrer pour que le défunt puisse pénétrer dans le royaume divin. Au pied de la balance, un animal hybride, la Dévorante, détruit les êtres néfastes qui voudraient y accéder.



 
La pesée de l’âme

Nous sommes tous venus sur terre pour remplir un contrat de vie ; un contrat qui liste des épreuves, des conflits, des souffrances que nous aurons à affronter pour faire nos preuves.

Nous aurons aussi des joies, des plaisirs et du bonheur tout au long de cette vie qui correspond à une mission par rapport à une hiérarchie qui nous dépasse totalement, tellement que nous avons oublié sa présence.
Notre vie correspond à un parcours imposé dans les grandes lignes, celles qui déterminent l’orientation de notre destinée. Mais nous avons toujours une liberté qui nous est attribuée, le libre-arbitre, qui consiste à choisir en dernier recours ce que nous voulons faire ou ne pas faire.
Par exemple, certains d’entre nous ont choisi des épreuves, avant leur réincarnation, qu’ils ne se sentent pas en mesure d’affronter une fois sur terre ; à partir de là, ils fuient leurs responsabilité en ignorant leurs engagements. Mais le contrat signé fait foi entre les parties…
D’autres, acculés et impuissants, auront recours au suicide pour se dérober en croyant annuler par ce geste de mort leurs engagements initiaux ; pourtant ils ne reculent que pour mieux sauter et plus grandes encore seront leurs souffrances. Car on ne saurait se renier, quand bien même on le voudrait.
 
Mais qui nous juge ? Qui dira où et quand nous avons failli ?
 
Dans l’antiquité égyptienne, on trouve des peintures sur papyrus représentant la pesée de l’âme ; sur une balance, le cœur du défunt est sur un plateau que doit contrebalancer une plume posée sur l’autre plateau du balancier. Il semble donc qu’après notre mort nous soyons soumis à un jury qui va procéder à notre jugement en pesant la valeur de nos actes, et par là-même celle de notre âme.


Mais il s’agit ici d’une justice de l’au-delà imagée pour frapper l’esprit des hommes ; en fait, le scénario est tout-à-fait différent. Oui, nous avons pris des engagements avant de descendre dans la matière, dans cette vie incarnée qui représente pour nous sans doute la pire des épreuves ; oui, nous avons tout oublié dés que nous sommes nés, parce que cette amnésie voulue nous préserve de la folie qui s’emparerait de nous si nous avions la conscience simultanée de plusieurs plans d’existence ; oui, nous sommes cependant liés par le serment d’allégeance prononcé lorsque nous avons signé notre contrat de vie, et même si nous n’en n’avons pas le souvenir clair et précis, nous savons toujours, par intuition, tout au long de notre existence, si nous faisons bien ou mal. Et au fond de soi, les yeux dans les yeux, on ne peut se jouer la comédie et tricher vis-à-vis de soi-même.
 
Pourquoi ?

Parce que nous sommes seul juge de nos agissements, quels qu’ils soient, tout au long de notre vie et même au-delà. Et lorsque nous ferons notre transition et nous nous présenterons de l’autre côté du miroir, nous devrons bien nous présenter pour la pesée de notre âme ; par contre il n’y aura pas de jury mais un seul juge, à savoir soi-même. Certains penseront que c’est sans doute un moindre mal ; détrompez-vous, c’est la pire des choses, car il n’y aura pas de juge plus dur, plus lucide, plus exigeant, que nous même nous jugeant. Il n’y aura jamais de circonstances atténuantes, mais un regard, pénétrant et incisif, qui pèsera seulement en fonction des actes assumés et des responsabilités évacuées au nom de confort, de l’ambition ou de la faiblesse, de la compromission et de la corruption.
En vérité, je vous le dis, vous serez seul celui qui jettera la première pierre, celle qui vous fera tomber face contre terre, en demandant pardon.

Et vous reviendrez, encore une fois, dans une nouvelle vie pour affronter et vaincre les démons que vous avez fuis, malencontreusement, lors de votre dernière incarnation jusqu’à ce que vous les ayez trouvés, affrontés et vaincus.
Et le jour où vous aurez compris que c’est vous, et vous seul, qui détenez les clés de votre réussite, vous saurez que tout le reste n’est que vaine illusion et que votre libération de la chaine des réincarnations est à portée de votre main.

La force est en vous, en condition d’en prendre conscience et de l’activer.
On dit que les morts continuent à vivre dans la mémoire des vivants.
C’est faux : nous vivons tous dans la mémoire des morts.
Souviens-toi.

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