mardi 6 janvier 2009

Le scaphandre et la lumière



Pour rendre possible l’immersion de l’homme dans les profondeurs aquatiques, il est nécessaire de le revêtir d’un scaphandre qui va permettre au plongeur de respirer en totale autonomie dans ce milieu périlleux. Seul le scaphandre autorise à l’homme des immersions de longue durée à des profondeurs irrespirables.

Pour rendre possible l’immersion dans la matière de la terre, il est nécessaire que l’homme incarné se revête d’un scaphandre particulier, qui est l’Ego ou le Moi, qui a pour but de lui permettre de vivre dans la matière dense et obscure, sans être coupé de la lumière originelle du Soi, esprit pur qui est dans l’impossibilité de se matérialiser.

Il y a donc une véritable association de fait entre le Moi et le Soi, nécessaire pour pouvoir subsister de façon autonome, en milieu hostile. Tout comme l’homme revêtu d’un scaphandre devient un scaphandrier, qui adopte une conduite spécifique, un rythme particulier et des réflexes propres au milieu fréquenté, lui conférant une vie différente et séparée de la surface oxygénante, l’entité en incarnation se moule dans une personnalité de terrain, semblable à une armure organique, pratique et pragmatique, ayant pour but de permettre et faciliter sa survie.

Tout comme le scaphandre est utile et nécessaire, le moi l’est de la même façon, à cette différence prés que le plongeur n’oublie jamais qu’il dépend de l’air qu’il respire alors que le moi, dont la plongée dure une vie entière, finit par tomber dans une existence quasi-autonome, fonctionnelle et réflexive, exactement adaptée aux jeux de la dualité régnant sur la terre. Ce faisant, le temps passant et l’âge avançant, on assiste à une véritable cristallisation de l’être dans son Moi, ayant pour conséquence de provoquer une amnésie séparatrice de la lumière du Soi. Tout se passe comme si le robot voulait s’humaniser en réclamant sa part de responsabilité et en assumant une liberté d’existence découlant du libre arbitre accordé à l’homme. Scénario bien connu dans le romanesque fantastique ou de science fiction, quand la créature veut s’émanciper de son créateur.

A partir de là, on trouve dans beaucoup de traditions initiatiques cette idée que l’homme pour s’éveiller doit tuer le Moi, faute de quoi il court à sa perte. Je pense que cette mort, ou ce meurtre, doit être pris au sens symbolique, un peu comme ce cher Freud insistait sur la nécessité pour le fils de tuer son père, psychanalytiquement, afin de pouvoir se libérer et exister par lui-même, en mettant fin à la tutelle de l’autorité paternelle. Si tel n’était pas le cas, je ne pense pas qu’il soit possible de tuer le Moi comme on tue le cochon, et si cela était possible, je ne crois pas que ce soit souhaitable. Ce serait même une faute grave qui tiendrait de l’automutilation.

Il m’apparaît tout-à-fait préférable de travailler avec l’Ego pour lui rappeler sa véritable nature et le but profond de sa mission. Le Soi doit ramener le Moi à la raison, en l’intégrant progressivement à sa lumière, en le spiritualisant en quelque sorte. Ainsi, l’élévation du niveau vibratoire du Moi va lui permettre d’effectuer une authentique remontée vers la lumière, dont il est un instrument nécessaire et efficace dans la matérialité. C’est ce protocole, lent et difficile, qui doit déboucher, s’il est réussi, sur l’éthérisation de l’être, sur son ascension et donc sa remontée libératoire vers la lumière.

Si nous ajoutons foi à la théorie des existences multiples dans des univers parallèles, prônée par la science quantique, on s’aperçoit qu’un Soi alimente en quelque sorte plusieurs Moi, qui sont autant de démembrements de lui-même qui contribuent, tous et séparément, à la réalisation d’expériences vécues imposées en vue de son perfectionnement et de son avancement spirituel. On retrouve ici le symbole de la roue avec le moyeu central qui a besoin de tous ses rayons pour être en prise avec la voie et produire la dynamique du mouvement circulaire.

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