vendredi 16 janvier 2009

Ainsi parlait G. Bachelard


Gaston Bachelard, né à Bar-sur-Aube le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962, est un philosophe français des sciences et de l'imagination.

Épistémologue illustre, il est l'auteur d'une impressionnante somme de réflexions liées à la connaissance et à la recherche. D'abord employé des postes, il passe une licence de sciences et devient professeur de physique et chimie à Bar-sur-Aube.
Il réussit en 1922 l'agrégation de philosophie et enseigne cette discipline à la Faculté de Dijon avant de devenir professeur à la Sorbonne jusqu'en 1954.Si Gaston Bachelard est épistémologue, c'est-à-dire philosophe et critique des sciences, dont il interroge les méthodes et les fondements, il a également été attentif au domaine poétique et imaginaire.


Seul, la nuit, avec un livre éclairé par une chandelle - livre et chandelle, double îlot de lumière, contre les doubles ténèbres de l'esprit et de la nuit.J'étudie ! Je ne suis que le sujet du verbe étudier.Penser je n'ose.Avant de penser, il faut étudier.Seuls les philosophes pensent avant d'étudier.

Un être se rend libre en se consumant pour se renouveler, en se donnant ainsi le destin d'une flamme, en accueillant surtout le destin d'une sur-flamme qui vient briller au-dessus de sa pointe.

La page blanche ! ce grand désert à traverser, jamais traversé.

Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez.

Il vient un temps où l’esprit aime mieux ce qui confirme son savoir que ce qui le contredit. Alors l’instinct conservatif domine, la croissance spirituelle s’arrête.

Le langage est aux postes de commande de l'imagination.

La pensée doit commencer par un refus de la vie. La première pensée claire, c’est la pensée du néant.
Devant une flamme, dès qu’on rêve, ce que l’on perçoit n’est rien au regard de ce qu’on imagine.
L'homme veut voir. La curiosité dynamise l'esprit humain.

La manière dont on imagine est souvent plus instructive que ce qu'on imagine.
L’individu n’agit que s’il éprouve un besoin.

L'imagination trouve plus de réalité à ce qui se cache qu'à ce qui se montre.

Allons chercher nos images dans l’œuvre de ceux qui ont le plus longuement rêvé et valorisé la matière : adressons-nous aux alchimistes.

La valeur d'une image se mesure à l'étendue de son auréole imaginaire.
On ne veut bien que ce qu'on imagine richement.

Avant de penser, il faut étudier. Seuls les philosophes pensent avant d'étudier.

Avec les êtres vivants, il semble que la nature s'essaie à la facticité. La vie distille et filtre.

Quand il s'agit d'écrire des sottises, il serait vraiment trop facile un gros livre.

Qui ne continue pas à apprendre est indigne d'enseigner.

Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l'instant et suspendue entre deux néants.

L'image ne peut être étudiée que par l'image, en rêvant les images telles qu'elles s'assemblent dans la rêverie.

Un être privé de la fonction de l'irréel est un névrosé aussi bien que l'être privé de la fonction du réel.
Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez.

La connaissance s’élabore contre une connaissance antérieure.

L’être humain est une ruche d’Etres.

Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque.

Le poème est une grappe d'images.

L'homme en tant qu'homme ne peut vivre horizontalement. Son repos, son sommeil est le plus souvent une chute.

Il faut forcer la nature à aller aussi loin que notre esprit.

Cette ouverture au monde dont se prévalent les philosophes n'est-elle pas une réouverture au monde prestigieux des premières contemplations.
La forêt est un état d'âme.
Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit.

Une aptitude ne reste une aptitude que si elle s’efforce de se dépasser, que si elle est un progrès.

Dès l'époque secondaire, les mollusques construisaient leur coquille en suivant les leçons de géométrie transcendante.

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