lundi 16 mars 2009

Communications avec Hanx (14)



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Courir après l’impossible
La soif de savoir ne peut étancher le besoin d’absolu. Au fond de toi, il y a toujours une référence à un sentiment d’ailleurs, une sensation d’autre chose, un besoin de perfection que tu ne peux jamais satisfaire. Cela relève de l’idéal humain, et c’est en fait le souvenir inconscient de l’au-delà de la matière et la nostalgie de ce souvenir.
Sur cette terre, tu ne pourras jamais faire en sorte que ce que tu as obtenu soit aussi bien que ce que tu avais imaginé ; tu n’atteindras pas ce vers quoi tu tends. Il y a toujours une impression d’inachevé, un relent de déception. Et c’est normal : une nature imparfaite ne peut rien générer qui soit parfait. C’est la stricte application de la loi des genres.
A l’impossible nul n’est tenu et pourtant tu passeras ta vie à courir après l’impossible. Tu en voudras toujours plus que ce que tu as et tu n’en auras jamais assez. Cette quête de la perfection est un moteur dans l’existence ; elle te permet d’avancer en te tirant de l’avant, mais en contrepartie elle dépense de l’énergie puisque c’est son carburant.
Dis-toi bien que sans ce moteur tu n’avancerais pas et sans la lassitude provoquée par la déperdition d’énergie, tu n’aurais pas conscience des efforts que tu fais pour aller de l’avant.
Disposer d’un véhicule et du carburant qui lui permet d’avancer, c’est bien puisque ça confère la possibilité de faire et l’autonomie pour le faire. Mais l’essentiel reste la direction que tu vas prendre, c’est-à-dire la trajectoire de ta vie et les étapes franchies ou les trajets empruntés pour ce grand voyage.
La direction, c’est le chemin que tu as choisi et qui a, chez toi, l’avantage de la clarté puisque, aussi loin que tu remontes dans ta vie, tu as le sentiment d’avoir toujours recherché la même chose : l’initiation.
Si la direction avait alors tout de la ligne droite, à vol d’oiseau, les différents obstacles et contretemps rencontrés ont, par contre, imposé de nombreuses étapes et de longs trajets plus ou moins difficiles à gérer.
Aujourd’hui, il reste moins de distance à franchir et la destination finale est à portée de main. Au moment de toucher au but, il est important de ne pas se laisser aller à faire roue libre, mais, bien au contraire, de redoubler d’efforts et de passer la ligne en vainqueur.
Pourquoi la prédation ?
Je me suis posé la question suivante: Pourquoi la création, et l’évolution des créatures qui la composent, est-elle fondée sur la prédation ? Pourquoi partout cette loi de la jungle qui règne en maître ? Pourquoi partout des maîtres ascensionnés qui nous parlent d’amour et de fraternité dans ce monde de violence sauvage ? Pourquoi avoir créé des carnivores pour manger des herbivores ? Au nom de la dualité qui veut que, dans la matière, toute chose ait son contraire…
On est loin d’avoir tout compris dans cette vie. C’est pour ça que l’on revient sans cesse dans de multiples incarnations, pour avoir des réponses aux questions et connaître la règle du jeu. Mais se poser ainsi les questions prouve qu’on approche de la réponse; l’être primaire et ignorant ne formule même pas ces questions. Il vit, mais existe-t-il ?
Donc, tu peux déjà être sûr d’une chose, ton existence. Allons plus loin maintenant. Exister n’est pas toujours facile, c’est même souvent difficile. Mais personne ne t’a jamais dit que ce serait facile. Et pour cause, la facilité ne mène à rien si ce n’est à la passivité et à la décadence de l’individu; c’est dans l’action et la remise en cause qu’elle génère que chacun peut progresser. Paradoxalement, c’est la souffrance qui permet d’avancer et d’aller au-delà. Et c’est ce dépassement de soi qui permet à l’homme d’exister. Dans la nature, c’est l’adaptation au milieu qui conditionne les chances de survie, que ce soit pour le règne végétal, animal ou humain. L’évolution est à ce prix.
Pourquoi ? Tu le sauras un jour, mais aujourd’hui, c’est encore prématuré car tu n’es pas en mesure de te situer clairement dans les règles et dimensions du grand jeu; par contre, sois persuadé d’une chose, c’est que tu as accepté de jouer, sinon tu ne serais pas là.
Le mouvement, c’est la vie
« Je suis comme un galet roulé par la mer, battu par le flux et rebattu par le reflux, tantôt sur le dos, tantôt sur le ventre, jamais en équilibre, jamais en repos ; je rêve de me poser, d’être tranquille, immobile au repos. »
Tu n’as pas compris l’essentiel, c’est que le mouvement c’est la vie, que la vie c’est un déploiement de mouvements incessants et multiples qui justement te permet d’exister. Qui te dit que le rocher et la plante ne rêve pas de ce mouvement, de cette dynamique que tu réprouves ? Regarde l’animal qui reste vivant tant qu’il est le plus rapide, le plus agile, bref tant qu’il bouge le mieux possible. Tout ce qui bouge vit et tout ce qui vit souhaite bouger. Mais tout ça, tu le sais ; je n’ai pas la prétention de te l’apprendre ; alors pourquoi cette réaction au fond de toi, ce refus de bouger, cette soif d’immobilisme. Réfléchis bien et tu comprendras ce qui se passe.
C’est ton moi, l’ego qui te pousse dans cette direction, parce qu’il a besoin de se poser, de se reposer, de s’arrêter pour exister. Il a construit une personnalité dans le but de se prouver qu’il est maître à bord, qu’il a une assise qui lui permet de durer et résister. Seulement, il sait très bien que le socle de sa puissance est sans cesse érodé par les flots du Je, toujours renouvelés, sans cesse écumants ; il sait que s’il veut survivre, il doit ralentir le rythme, s’ancrer dans la routine, les habitudes qui cristallisent la personne en la plongeant dans une immobilité rassurante. Il sait que sa survie est à ce prix. Tout comme tu sais, au fond de toi, que ta libération de l’illusion correspond à la victoire du Je et la soumission du Moi. Seulement voilà, pour que le Moi se soumette il faut que la vitesse du Je crée un nouvel équilibre, tout comme la toupie, qui soit capable d’aspirer le Moi dans le Je. Tout est dans la vitesse de vibration ; plus elle s’accélère et plus tu évolues. Ralentis et tu perds l’équilibre, arrête-toi et tu meurs.
Le mouvement, c’est la vie ; l’immobilité, c’est la mort. Entre le Je et le Moi, c’est une perpétuelle lutte de vitesse, l’un pour décoller vers les sphères spirituelles et se libérer de l’armure qui l’oppresse, l’autre pour se densifier, s’ancrer dans la matière et se cristalliser, se minéraliser pour échapper à la menace du Je qui l’entraîne vers son anéantissement. La vie incarnée est ainsi ; ta libération de ton incarcération est à ce prix. Sinon, tu reviendras encore et encore, pour continuer la ronde des ego…

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