vendredi 13 mars 2009

Dialogue et itinéraire spirituels



Pouvoir communiquer avec mes guides spirituels a sans doute été l’étape la plus marquante de ma quête initiatique. Je me souviens très bien de mon état d’esprit à ce moment-là : sur l’instant, la stupéfaction. Puis très rapidement : doute et interrogations. Enfin, quelque temps après : crainte et appréhension.

Stupéfaction, car je découvrais le contact avec l’au-delà, tout surpris d’avoir un correspondant en ligne, à l’autre bout du fil.
Doute et interrogations, car après l’effet de surprise, l’analyse rationnelle aussitôt mise en place me soufflait de me méfier ; n’étais-je pas en pleine illusion dépressive. Une amie psychologue, interrogée, me rassura tout de suite en me disant que je présentais tous les symptômes du syndrome des personnalités multiples (je n’ai pas fait psycho, mais je crois que c’est un genre de psychose, donc pas curable) ; d’ailleurs depuis, je ne l’ai plus revue…

Crainte et appréhension, après avoir jugé de l’intérêt et du poids de ces communications, qu’elles cessent ou s’interrompent et que je reste seul, perdu dans la jungle urbaine.

C’était le 12 janvier 1995. Je venais d’encaisser un cancer et un divorce. J’étais cassé, au bout du rouleau.

« Aujourd’hui, tu es seul, mais ta solitude ne sera pas longue.
Aujourd’hui, tu n’es plus malade, ton cancer est guéri;
tu n’as rien à craindre sur le plan de la santé. »

Ce furent les premiers mots de Kori, l’un de mes deux guides spirituels.

A partir de là, ma vie allait changer du tout au tout ; j’allais comprendre que le seul sens de notre vie est spirituel, que tout le reste est secondaire, voire accessoire. Tout ce qui me semblait primordial devenait relatif. La solitude s’imposait à moi avec sa puissance décapante et son pouvoir de révélation.

En ces temps-là, j’appris à me connaître et à découvrir que je n’étais pas celui que je pensais être ; j’appris à être.

Je dois dire que ce dialogue spirituel continue toujours aujourd’hui, mais à un rythme cyclique, avec des phases intenses et des périodes de calme, où on traite les affaires courantes, sans plus. C’est normal, il faut que nous ayons le temps de digérer et d’assimiler tout l’enseignement ainsi dispensé.

Il est vrai que la réalité quotidienne en prend un coup et que la vie routinière manque sérieusement d’attrait après une telle expérience, mais il ne faut pas oublier que nous sommes dans cette incarnation avec un contrat de vie que nous avons-nous même programmé. Bon, je le savais, mais la voix « off » me l’a rappelé à plusieurs reprises.

« Ce n’est pas parce qu’on t’aide que tu n’as plus rien à faire. Bien au contraire, si on est venus t’aider, c’est que tu as beaucoup de choses à faire. »

C’est vrai que ce genre d’expérience est déstabilisant et fatigant. Déstabilisant, parce que notre système de valeurs inculquées depuis la naissance s’effondre comme un château de cartes pour faire place à la seule valeur existentielle qui soit : Être vraiment et authentiquement soi-même, et non plus faire semblant d’être comme les autres. A partir de ce moment-là, il y a la séparation et la solitude du coureur de fond. Puis, le choix du silence quand on s’aperçoit qu’on plus rien à dire à l’autre, qu’on n’est plus sur la même longueur d’onde. Et plus le temps passe, plus l’écart se creuse…

Le risque, c’est alors la déconnexion ; on ne comprend plus ce qu’on fait là, on est étranger au monde, on se sent exilé en terrain hostile. Il faut entreprendre de se reconnecter pour ne pas se couper de tout et plonger dans la dépression ou l’abandon. Cette recherche constante du point d’équilibre est très fatigante mais nécessairement vitale.


« Aidez-moi à traverser le miroir, à voir au-delà des formes, apparences et illusions.
Laissez-moi accéder à la vraie vie, être libre, délivré, restitué à mon être originel.
Et s’il suffisait d’un mot ?

Maintenant.

La flamme s’allume maintenant.
Le feu intérieur consume les scories et fait place nette.
L’être apparaît quand le paraître se défait.
Je sais que c’est entrain.

Je voudrais tant savoir ce que je fais, connaître ce que je sais, être en phase avec moi-même et conscient de mes actes.

La volonté de puissance chasse le sentiment d’impuissance: savoir, vouloir, pouvoir vont de pair.

Au même moment, je suis ce que je sais et je sais qui je suis.
Alors le feu devient brasier et je suis né.
En moi l’être s’éveille. »


La démarche spirituelle est une quête longue, difficile et douloureuse où la brièveté des moments de sérénité le dispute constamment à l’âpreté de la lutte avec soi-même.

C’est un peu ce que je ressens tout au long de ma vie ; l’alternance entre la morsure du feu et le soulagement de l’eau qui vient apaiser la brulure ; la crainte toujours renouvelée du feu et l’appel toujours réitéré à l’eau.
Que de temps passé, d’énergie consommée et de scories consumées, que d’efforts consentis, de souffrances, de joies, d’espoir et de déception…

Pour aller où?

La vie est un long chemin pas toujours tranquille qui ne sait pas où il nous mène. Le nombre de pas effectués en vain est effrayant; heureusement nous oublions au fur et à mesure que d’autres effacent les précédents. Mais que de pas perdus tout au long d’une vie, qui finit elle-même par se perdre faute de savoir où elle va.
Et pourtant, je continue à marcher, à pas perdus, faute de savoir où je vais.

Entamer une démarche spirituelle, c’est se mettre en marche. Avancer pas à pas, à pas sûrs, à pas sages. C’est le mouvement qui déplace le paysage, c’est lui qui nous déplace aussi dans le paysage. C’est un voyage intérieur, immobile et libératoire qui permet de franchir les frontières invisibles de l’être.

S’arrêter, c’est interrompre le voyage. L’interrompre, c’est le compromettre. C’est se pénaliser au plus profond de soi. Au risque de ne plus pouvoir remarcher sur le chemin.

Qui dit sentier dit commencement et fin, départ et arrivée.
D’où suis-je parti et quand serai-je arrivé ?

Et si tout cela n’était que leurre, illusion; si rien de cela n’existait ?

Alors je m’en irai, disant: « Pourquoi suis-je venu? »



« Mais moi, détaché d'eux et de tout, que suis-je moi-même ?
Voilà ce qui me reste à chercher. »

Les Rêveries du promeneur solitaire
Jean-Jacques Rousseau




Visionnez avec attention cette vidéo et découvrez la réalité qui nous conditionne tous, ici-bas.


http://www.youtube.com/watch?v=tzPqQtdgu2w



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