mercredi 4 mars 2009

Ainsi parlait F. Schuon



Frithjof Schuon est né à Bâle (Suisse) le 18 juin 1907 de parents d'origine allemande et alsacienne. Dans sa jeunesse il s'établira à Paris où il exerce son métier de dessinateur sur textile. De tempérament mystique et gnostique il s'imprègne du Védânta et s'intéresse en profondeur à toutes les religions dont le Christianisme et l'Islam. Lecteur et correspondant du métaphysicien français René Guénon, il se rend en 1938 et 1939 au Caire pour y faire sa connaissance. Il ira chercher en Algérie l'influence spirituelle de grands maîtres soufis, et fondera une des premières branches de l'ésotérisme islamique en Europe. Cette branche, axée sur la "sophia perennis", se répandra peu à peu dans de nombreux pays, tout en se ramifiant. Après la Seconde Guerre mondiale, Schuon, qui réside à Lausanne, entreprend plusieurs voyages en Amérique du Nord, pour y rencontrer les Indiens des Plaines restés traditionnels, au Maroc et dans plusieurs pays d'Europe. Frithjof Schuon est décédé le 5 mai 1998 à Bloomington, Indiana (USA), où il avait émigré en 1980.


"La poésie doit exprimer avec sincérité, une beauté de l'âme ; nous pourrions dire aussi : avec beauté, une sincérité. . . . Les poètes métaphysiciens ou mystiques, Dante par exemple et certains troubadours, ou encore les poètes soufis, exprimaient des réalités spirituelles moyennant la beauté de leur âme. C'est là une question d'envergure beaucoup plus que de procédé, car il n'est pas donné à tout homme de formuler sincèrement des vérités qui dépassent l'humain ordinaire; même s'il ne s'agissait que d'introduire une terminologie symbolique dans un poème, il faudrait en tout cas être vrai poète pour pouvoir y réussir sans trahison."

Perspectives spirituelles et faits humains, page 43-44.

« La vertu, c’est laisser libre passage, dans l’âme, à la Beauté de Dieu »

"Dans le Christianisme, l'âme est "morte de froid" dans son égoïsme congénitale, et le Christ est le Feu central qui le réchauffe et le ramène à la vie ; dans l'Islam, par contre, l'âme "suffoque" dans l'étroitesse du même égoïsme, et l'Islam apparaît comme l'immensité fraîche de l'espace qui lui permet de "respirer" et de "s'épanouir" dans l'illimité."

Sentiers de gnose

"La beauté, quand elle s'associe à une attitude contemplative, est agréable à Dieu au même titre que le sacrifice"

"Ce que je cherche à exprimer dans mes peintures - et je ne puis vraiment exprimer autre chose - c'est le Sacré associé à la Beauté, donc les attitudes spirituelles et les vertus de l'âme. Les vibrations qui émanent des peintures doivent être intériorisantes"

"La rencontre entre le Nom et le cœur est tout ; le Nom dans le cœur, le cœur dans le Nom "

Peinture de l'auteur


On ne peut créer l'intuition intellectuelle là où son absence est dans l'essence de l'individu, mais elle peut être actualisée là où son absence n'est qu'accidentelle, sans quoi il serait insensé d'en parler.


Le Soufi se nomme volontiers "fils du moment" (ibn al-waqt) ; c'est à dire qu'il se situe dans le Présent de Dieu sans s'occuper ni d'hier ni de demain, et ce présent n'est autre qu'un reflet de l'Unité.


S'il est possible que des intelligents acceptent l'erreur, il doit être possible également que des naïfs acceptent la vérité.


La voie exotérique c'est : moi et Toi. La voie ésotérique c'est : je suis Toi et Tu es moi. La Connaissance ésotérique, c'est : ni moi ni Toi, mais Lui.


La faute de l'Orient déchu, c'est qu'il ne pense plus ; celle de l'Occident déchu, c'est qu'il pense trop et mal. L'Orient dort sur des vérités, l'Occident vit sur des erreurs.

La voie vers Dieu comporte toujours une inversion : de l'extériorité il faut passer à l'intériorité, de la multiplicité à l'unité, de la dispersion à la concentration, de l'égoïsme au détachement, de la passion à la sérénité.


Les religions sont comme des lanternes au verre coloré ; or une lanterne illumine un lieu obscur parce qu'elle est lumineuse et non parce qu'elle est rouge ou bleue ou jaune ou verte. D'une part, la couleur transmet la lumière, mais d'autre part elle la falsifie ; s'il est vrai que sans telle lanterne colorée on ne verrait rien, il est tout aussi vrai que la visibilité ne s'identifie à aucune couleur. C'est ce dont tout ésotérisme, par définition, devrait avoir conscience, du moins en principe et dans la mesure où sa connaissance des faits le lui permet.

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